L’effet Milan-Cortina : pourquoi veut-on tous ressembler à un héritier italien cet hiver ? - L’esthétique parfaite de la jet-set italienne à St. Moritz pendant les seventies.

L’effet Milan-Cortina : pourquoi veut-on tous ressembler à un héritier italien cet hiver ?

C’est la fin du règne du Gore-Tex orange et des masques miroirs. À deux semaines du coup d’envoi des JO d’Hiver de Milan-Cortina, les sommets n’ont jamais été aussi snobs. Le mot d’ordre sur les pistes ? Ressembler à un héritier de l’empire Fiat en vacances en 1974.

Vous avez remarqué ? Sur les terrasses d’altitude, l’ambiance a changé. Fini le look « performance ». En 2026, l’allure se veut nonchalante, héritière, terriblement Old Money. On ne s’habille plus pour affronter le blizzard, mais pour siroter un Bombardino au soleil. Et ce virage stylistique porte un nom, ou plutôt une destination : Milan-Cortina.

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L’effet « Cortina » : le retour du fantasme transalpin

Avec les J.O. qui débarquent dans la « Perle des Dolomites », l’Italie redevient le centre de gravité du cool hivernal. Et avouons-le, nos voisins ont toujours eu une longueur d’avance sur le concept de sprezzatura (cette élégance faussement négligée) en altitude.

Le fantasme qui nous obsède ? Celui d’une élite italienne bronzée, née skis aux pieds, qui fréquente les spots les plus exclusifs de la botte. Il y a Cortina d’Ampezzo, bien sûr, sorte de salon mondain à ciel ouvert, mais aussi Courmayeur, au pied du Mont Blanc, qui allie luxe discret et sportivité, ou encore Madonna di Campiglio, l’épicentre de la fête sophistiquée où l’on danse en chaussures de ski.

Sans oublier les perles gastronomiques comme Alta Badia ou le charme tyrolien de Val Gardena. Ces noms, autrefois réservés aux initiés ou aux habitués de la Gazzetta dello Sport, sont devenus les nouveaux standards du chic alpin. On ne veut plus juste « aller au ski », on veut vivre une scène de film italien.

70’s Fever : c’était mieux avant (surtout l’après-ski)

Cette tendance Old Money, c’est aussi un énorme shoot de nostalgie. On rembobine jusqu’aux années 70, cette décennie bénie des dieux de la glisse. Pourquoi ? Parce que c’est l’anti-anxiété par excellence.

Dans le contexte anxiogène actuel, on fantasme une époque de liberté absolue, de révolution sexuelle et de glamour décomplexé. On rêve de Gunter Sachs et de Brigitte Bardot, de ces photos jaunies où les skieurs arboraient des pulls en maille torsadée, des pantalons fuseaux ultra-moulants et des lunettes de soleil oversize qui mangeaient le visage.

L’après-ski n’était pas « juste » un moment pour se réchauffer, c’était un événement social, un catwalk. L’époque où l’on retirait sa combinaison pour révéler un col roulé impeccable, prêt à refaire le monde (et la nuit) dans des discothèques enfumées. Cette esthétique rétro-futuriste, façon House of Gucci, nous rassure. Elle nous vend une opulence joyeuse, loin de la rigueur technique et froide des années 2000-2010.

Quand le luxe devient technique

Pendant longtemps, un mur de glace séparait les ingénieurs de la performance (Rossignol, Salomon) des couturiers de l’Avenue Montaigne. Mais ça c’était avant. En 2026, le luxe ne se contente plus de l’après-ski, mais s’invite sur les pistes.

Il faut dire que le terrain avait été balisé dès les années 50 par les pionniers du «ski-chic» : Bogner, dont la créatrice inventa le fuseau pour rendre la glisse sexy, et Fusalp, uniforme historique de la jet-set française. Mais le véritable Big Bang a eu lieu au début des années 2000 avec la résurrection de Moncler. En transformant la doudoune en objet de luxe global, portable de Gstaad à Milan, la marque a prouvé que le vêtement technique pouvait être un marqueur social.

Flairant le filon, la Haute Couture a depuis lancé une OPA hostile sur les pistes. C’est Prada qui a ouvert la voie avec sa ligne Linea Rossa et sa collab’ ultra-élitiste avec le club AspenX. Dans son sillage, Dior s’est associé au japonais Descente pour des skis d’exception, Louis Vuitton a imposé son monogramme sur les casques et Giorgio Armani Neve a transposé le velours et les coupes tailleur en altitude. Résultat ? L’ère de la combinaison unique gardée 15 ans est morte et enterrée. Le skieur de 2026 mixe son fuseau Fusalp avec une maille Loro Piana et une pièce Miu Miu Mountain Club.

Le manuel du skieur « Old Money »

Alors, comment on adopte le look sans avoir l’air déguisé ?

  • Matières nobles : On troque le synthétique contre de la laine, du cachemire, du velours côtelé technique.
  • Couleurs statutaires : Exit le fluo. On mise sur le bleu marine, le bordeaux, le crème, le vert sapin ou le marron glacé.
  • L’accessoire qui tue : La paire de lunettes « masque » vintage (pas le masque de ski, la vraie lunette solaire) et, pour les plus audacieux, le foulard en soie noué au cou pour éviter les courants d’air avec panache.
  • L’attitude : On ne court pas après la première benne de 8h30. On prend son temps. Après tout, la neige sera encore là à 11h, et votre espresso ne va pas se boire tout seul.

Bref, à Milan-Cortina, le podium sera aussi celui de l’allure. Une discipline où, soyons honnêtes, l’Italie a déjà raflé l’or. Baci.

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