
Dans une ancienne imprimerie familiale de Wavre, ses recherches en archéologie industrielle se prolongent par des expérimentations contemporaines. Parurier floral, Bernard Depoorter fait revivre l’un des cinq derniers lieux qui perpétuent ce « vieux métier atypique, une tradition remontant à 1727 ».
Depuis cinq ans, l’atelier de Bernard Depoorter se développe et se consacre pleinement à cet art d’exception. Bien plus qu’un simple atelier, il est aujourd’hui un véritable lieu de mémoire. On y découvre des outils anciens et des archives datant de plus de deux siècles. « J’ai racheté plus de 10 000 outils. Certains, d’époque Napoléon III, ont appartenu à une maison d’origine française, délocalisée en Tunisie. Seulement 5 % du travail est mécanisé. Les outils, les matières, l’art du pistil et de la tige, les gestes composent la quintessence de notre métier « .
Grâce à ces méthodes traditionnelles, que Bernard Depoorter maîtrise depuis plus de quinze ans, chaque fleur est réalisée selon un savoir-faire historique. « La fabrication d’une rose nécessite pas moins de douze gestes. Je travaille la soie, le coton, la toile de lin enduite avec de l’huile, des matières insolites comme le rhodoïd, le silicone, la canette de boisson, la nacre… collabore avec la Maison Dior ou le Plaza Athénée. Mes décors s’appliquent sur des paravents, des papiers peints, s’accrochent à un lustre. Ils peuvent devenir des formes organiques dignes d’un décor signé Iris van Herpen. »
Bien que ce métier fasse partie du patrimoine de la haute couture, il n’est pas encore reconnu en Belgique. « Aujourd’hui, notre ambition est claire : faire connaître et valoriser cet artisanat unique au plus grand nombre », affirme l’artisan passionné.
39 rue du Béguinage, 1300 Wavre, manufacturebernarddepoorter.com
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