À chaque mois son défi : en septembre, c’est celui de ne plus acheter. En tout cas, pas du neuf. De mieux consommer donc. Ce 1er septembre démarrera le Second Hand September. Un mouvement porté par les acteurs de l’économie sociale et circulaire, qui pousse chacun à réfléchir à sa façon de consommer dans une société qui produit énormément et pousse à consommer toujours plus, toujours plus vite. Parmi les secteurs les plus visés par cette action : la mode, en particulier la fast fashion. L’industrie texte reste l’une des plus polluantes du monde. Selon les chiffres de Ressources, les Européens achètent en moyenne 19 kilos de vêtements neufs par an, ce qui représente une empreinte carbone de 355 kilos de CO2 et 523 kilos de matières premières utilisées par personne. Le textile, on l’aura compris, est donc au centre de cette mobilisation, mais elle s’étend à bien d’autres secteurs : la déco, le mobilier, les livres, les jeux, les équipements électroniques, les vélos, les matériaux de construction…
Envie de relever le challenge, sur un mois, voire au-delà ? Voici comment procéder...
On trie
La meilleure façon de ne pas consommer du neuf, cela semble évident, mais c’est tout simplement de ne pas en acheter. On vide donc sa garde-robe et on trie. Tout d’abord, on remet dans l’armoire tout ce que l’on porte régulièrement (ce qui, objectivement, doit représenter chez beaucoup entre 25 et 40 % du contenu du dressing). Et pour le reste, on divise en trois catégories : les pièces en bon état mais qui ne correspondent plus à notre style ou notre morphologie, qui filent dans une caisse « à donner/à vendre » ; celles qui sont abîmées, usées, trouées, etc. qui filent non pas dans une caisse « à jeter », mais bien « à recycler ».

Enfin, il y a la caisse « Je ne sais pas », où on laisse notamment ces belles pièces que l’on sait encore porter, mais on ne sait jamais quand ou comment, et dont on n’est pas encore prêt à se défaire. Celle-là, on la met de côté et si d’ici quelques mois, on n’y a pas touché, on fera un nouveau tri. En attendant, on peut essayer de les associer à d’autres pièces pour créer de nouveaux looks. Prenons l’exemple d’un ensemble deux pièces chics : la veste va par exemple s’associer parfaitement avec un jean, tandis que le pantalon pourra se porter avec un T-shirt.
On fait également le tri de ses appareils électroménagers, des pièces de déco, des livres, CD, DVD, jouets, etc. On voit alors ce que l’on peut faire de tout cela : recycler, transformer, donner, échanger ou revendre. Mais, une fois encore, on ne jette pas ! Ensuite seulement, on peut recommencer à acheter, en se tournant évidemment vers du durable, de l’éthique, du local…
On achète en seconde main
C’est l’option la plus simple quand on a besoin/envie de nouvelles pièces. La bonne nouvelle, c’est que les adresses pour acheter en seconde main sont légion, et de plus en plus spécialisées. Franck Kerckhof, porte-parole de la Fédération Ressources : « Prolonger la durée de vie des produits n’est plus un geste accessoire. La seconde main devient un levier concret de la transition vers une économie plus sobre en ressources, mais aussi plus locale et plus solidaire. »
Il y a bien sûr les boutiques de fripes, des plus économiques comme celles des Petits Riens, d’Oxfam ou de la Croix-Rouge, aux plus branchées et ultra spécialisées. Mais il y a aussi les brocantes (qui ont lieu jusqu’à l’automne), les vide-dressing privés… Et bien sûr, – mais là, avec les envois, l’empreinte carbone est plus élevée –, les plateformes et sites de revente comme Vinted.
On répare, on recycle, on upcycle
Si on a quelques bases de couture, cela vaut souvent la peine de réparer des pièces un peu abîmées. On peut également les pimper, les upcycler ou les recycler. Un jean troué ou élimé peut être transformé en short d’été, en sac ou en housse de coussin par exemple. Un T-shirt peut être teinté ou transformé, en coupant les manches et en les remplaçant par des manches de chemise.

Si on ne sait pas quoi ou comment faire, on peut également, soit prendre des cours de couture, soit participer à des ateliers spécialisés comme ceux, à Bruxelles, de R-Use, de Cyclup ou de The Upcycling Lab. Soit, en dernier recours : on les dépose dans des lieux destinés à cet effet où ils seront collectés et recyclés. Pour rappel, depuis janvier 2025, une directive européenne impose la collecte sélective des textiles. Les vêtements collectés seront ensuite triés, lavés si nécessaire et reconditionnés afin d’avoir une nouvelle vie dans des boutiques de seconde main ou comme chiffons de réemploi.
Pour l’électro, on peut se diriger vers des Repair Cafés ou les porter dans un centre de tri ; les livres peuvent être déposés dans des boîtes à livres, ou revendus sur des sites spécialisés ; les jouets, donnés à des associations qui accueillent des familles dans le besoin…
Franck Kerckhof : « Le premier geste circulaire est souvent le plus simple : utiliser plus longtemps ce qui existe déjà. Chaque objet réemployé, chaque pépite chinée, évite de mobiliser de nouvelles ressources. »
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














