
L’adresse dédouble le plaisir : côté avenue Lepoutre, Bottega Largo, le spot traiteur-épicerie pour choper sa focaccia et son flacon transalpin sur le pouce. Côté place, Cantina Largo, trattoria qui vit 7 jour sur 7, de 8h à 23h, de l’espresso matinal à l’espresso Martini. Entre les deux, un pastificio vitré où l’on façonne la pasta à vue. Côté fourneaux, le chef sarde Giovanni Murgia (passé par le Variétés) balance des assiettes lisibles, généreuses et droit au but.
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Un Negroni, et tout va bien
Signé par le bureau d’architecture Inside Mood, le décor claque sans faire le malin. C’est enveloppant, feutré, piqué de banquettes en velours cognac, d’arches en pierre patinée, de boiseries sombres et d’un grand comptoir en zinc. Avec, détail décalé, un lustre formé par une cascade de verres à pied. On se trouve quelque part entre le bistrot milanais et le resto bourgeois bruxellois. Rafraîchissant, deux semaines seulement après l’ouverture, le lieu fait salle comble et aligne tous les âges : grandes tables familiales, couples en rencard, bandes de potes et retraités habitués du quartier. Faire sauter les barrières de générations dès le rodage, à Bruxelles, ce n’est pas si fréquent.
Côté comptoir, on attaque l’apéro avec le Negroni Largo (14 €), twisté à la liqueur de pignon de pain et flanqué d’une olive. Réussite. À côté, comptez 11 € le Spritz et 12 € pour les sour et mule. On est dans les jauges du quartier. La carte des vins, elle, fait la part belle à la Botte forcément (du Pinot Grigio sicilien au Barolo piémontais) sans bouder les classiques français (Bourgogne, Rhône, Loire). Une sélection efficace et rassurante (bouteilles dès 29 €, verre entre 6,50 € et 12 €).
L’Italie, sans le folklore
Côté assiette, Cantina Largo déroule une partition italienne plutôt classique, avec quelques libertés bien senties. On ouvre le bal avec une burrata réveillée par une marmelade pepsy de citron et basilic (comptez entre 14 à 22 € le registre des antipasti). Quant à la sauce beurre-‘nduja de l’assiette de vongole, elle est d’une gourmandise telle qu’on en vient à fare la scarpetta jusqu’à voir son reflet dans l’assiette
Les pâtes tiennent évidemment le haut de l’affiche : spaghetti alla Nerano, pappardelle au ragù de canard, paccheri aux trois tomates ou lasagnes à la bolognaise (18 à 27 €). Les portions de primi,annoncées à 100 g, invitent à jouer le jeu du repas à l’italienne, en plusieurs actes. Pourtant, on aurait juré recevoir bien plus dans l’assiette tant les quantités étaient généreuses.
Les secondi restent courts et classiques, mais la tagliata de bœuf (27 à 29 €) arrive cuite au millimètre, nappée d’une réduction au Barolo et d’une émulsion de parmesan. On clôt le bal avec un tiramisu, généreux au point d’y entrechoquer deux cuillères sans se marcher sur les pieds. Seul petit regret ? La focaccia au beurre fumé et parmesan, facturée en supplément alors qu’on l’aurait rêvée offerte de bon cœur en guise de pain de bienvenue.
Brugmann oblige
En salle, la jeune équipe déborde d’une belle énergie communicative. Ça tâtonne encore un chouïa par moments (rodage oblige), mais leur gentillesse fait passer les petites hésitations comme une lettre à la poste. Ah oui, impossible de rater l’atout charme du lieu : un grand cocon de terrasse bien abrité, taillé sur mesure pour squatter la place Brugmann toute l’année.
Bilan des courses ? En comptant la totale (cocktail, antipasti, primi secondi, dessert et un verre de vin chacun), l’addition tourne autour des 130 € à deux. C’est le prix d’une belle maison sur la place Brugmann, mais la promesse est tenue. Est-ce qu’on y retournera ? Sans doute un vendredi soir avant une sortie au Châtelain.
Infos :
Où ? Place Georges Brugmann 3, 1050 Ixelles
Quand ? Tous les jours de 8h à 23h
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