
Céline Dion a achevé sa série de concerts à La Plenitude Arena le samedi 17 octobre. Pendant un mois, la star a été au centre de l’attention avec des spectacles particulièrement attendus. Le show s’est joué dans ses performances vocales bien évidemment, mais aussi dans le choix de ses tenues. Si elle n’était pas observée pour ses looks au début de sa carrière, la chanteuse québécoise a acquis depuis ses dix dernières années le statut d’icône de la mode. Ses concerts parisiens l’ont confirmé avec des silhouettes toutes plus élégantes les unes que les autres. Chanel, Dior, Givenchy, Alaïa… Céline Dion s’est entourée des plus grands noms de la mode pour son come-back sur scène après six ans d’absence.
Un défi technique
Mais désormais, ses tenues peuvent être… mangées. Dans l’un de leurs articles, le magazine Vogue France a interviewé le chef pâtissier Bastien Blanc-Tailleur. Ce dernier a imaginé deux gourmandises inspirées des looks de Céline Dion lors de sa résidence à Paris. Il a plus précisément reproduit en pièces montées – l’une de ses spécialités – la tenue bleu nuit et or signée Schiaparelli et dessinée par Elsa Schiaparelli en 1937. On y retrouve les deux couleurs et les détails scintillants. Sa seconde création est une autre pièce montée inspirée cette fois-ci de la « robe cygne » noire Dior, qui fait écho à la robe Francis Poulenc, issue de la collection haute couture printemps-été 1950 de Christian Dior.
Dans les colonnes de Vogue France, Bastien Blanc-Tailleur est revenu sur la genèse de ce projet à la fois gourmand et musical. Il indique qu’il s’agissait au départ d’un exercice de style. « Dans mon travail, je réalise essentiellement des gâteaux de mariage, pour lesquels nous reproduisons régulièrement des détails de robes ou des silhouettes de haute couture, notamment de Dior ou de Schiaparelli. Les concerts de Céline Dion offraient un sujet particulièrement intéressant autour de la mode. J’ai trouvé que ces deux tenues qu’elles présentaient un véritable intérêt graphique. Le projet est donc né d’un défi technique et d’une envie de travailler autour de ces silhouettes ». C’est son adjointe Julie Lumeau, grande fan de Céline Dion, qui a motivé l’ensemble des équipes. « Nous avons intégré ces créations à notre gamme Collection, qui propose des gâteaux aux dimensions et aux proportions prédéfinies. L’objectif n’était pas nécessairement d’en vendre beaucoup, mais surtout de développer un projet créatif, graphique et intéressant. »
Des créations avec une force graphique
Pourquoi ces tenues plutôt que d’autres ? Le chef pâtissier explique qu’elles présentent une force graphique. « J’avais le sentiment que ces vêtements étaient presque aussi importants que la personne qui les portait et qu’ils conserveraient leur beauté quelle que soit celle qui les revêtirait ».
La conception des pièces montées a été soumise à quelques obstacles. « Pour la robe Dior, la difficulté résidait surtout dans la réalisation des plissés. Nous avions développé, il y a quelques années, une technique de plissage en sucre pour un événement au Moyen-Orient. C’est un savoir-faire que je trouve particulièrement intéressant, notamment parce qu’il s’inscrit dans une tradition technique française. Nous utilisons de la pâte à sucre, une matière relativement souple, mais qui peut aussi se déchirer. Il faut donc trouver la bonne épaisseur et la laisser sécher suffisamment longtemps pour que les plis ne se déforment pas lorsqu’on les manipule. C’est une étape particulièrement délicate. »
Quant à Schiaparelli, « le défi consistait à restituer les broderies et les lignes arquées de la tenue dans des proportions contraintes. Nous ne pouvions évidemment pas utiliser une aiguille et du fil comme pour une véritable broderie : nous avons travaillé avec nos propres outils, notamment un cornet, de la glace royale et de petites perles dorées. C’est une technique sœur de la broderie, qui s’applique directement au support. Deux jours ont été nécessaires à la réalisation de chaque gâteau ».
Reste une question : pourra-t-on se procurer ces pièces montées haute couture ? Bastien Blanc-Tailleur confie en avoir réalisé une pour un fan de Céline Dion. Mais certains seront déçus, « le projet est avant tout une démarche créative. L’idée n’était pas de produire ces gâteaux à grande échelle : ils ne s’y prêteraient d’ailleurs pas techniquement. Ce qui m’intéresse, c’est de créer des pièces qui possèdent une beauté propre, au-delà de l’événement ou du concert auquel elles font référence ». Pari réussi.
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