Les montres de luxe en six questions

C’est quoi une complication, un mouvement, ... ? Des éléments complexes, dont on ne saisit pas trop l’utilité si ce n’est faire grimper le prix d’une montre ? Pas tout à fait. Pour percer le mystère du monde de l’horlogerie, nous avons passé deux experts au grill. 

Par Marie Honnay. Photos : DR. |

Pourquoi les Suisses sont-ils si forts en montres ?

Parce qu’ils n’ont pas attendu la phrase culte de Jacques Séguéla – Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie – pour s’imposer en maîtres
de l’horlogerie. À la fin des années 1800, les fermiers qui, l’hiver, privés de leurs pâturages, s’ennuyaient ferme dans les vallons suisses, ont été débauchés par
les premières manufactures implantées à Genève. La richesse banquière du pays a fait le reste.

Pourquoi une montre de luxe coûte-t-elle si cher ?

Parce que qui dit “montre de luxe”, dit “mouvement mécanique”, la fierté de toutes les manufactures. Et qui dit “mouvement mécanique” dit une moyenne de 200 à 600 composantes qu’il faut concevoir, puis fabriquer. Les ingénieurs très intelligents qu’on paie pour faire ça coûtent cher. D’autant que, même s’ils sont très malins, il leur faut entre six mois et deux ans pour arriver à leurs fins. Et lorsque certaines finitions sont réalisées à la main (polissage, satinage ou décorations particulières), l’addition monte encore. Et là, on ne parle même pas de l’or, des pierres et des diamants qui entrent dans la composition de certains modèles.

Qui dit montre de luxe, dit manufacture ?

Oui, et non. Car s’il faut évidemment des artisans chevronnés pour créer des complications de dingue, certaines marques de luxe ne possèdent pas leur propre manufacture. Elles font donc réaliser une partie ou la totalité des composantes dans des manufactures qui maîtrisent ces techniques comme Jaeger-LeCoultre ou Vacheron Constantin, deux marques horlogères historiques.

Un saphir brille-t-il forcément ?

Un saphir de montre n’a rien à voir avec la pierre précieuse de couleur bleue. Il s’agit plutôt d’un verre ultrarésistant et transparent, qu’on utilise pour fabriquer la vitre avant d’une montre. Juste de quoi garantir à 007 de ne pas griffer la sienne quand il neutralise un méchant sur le toit d’un train par exemple. Ce saphir est fabriqué de manière industrielle sur base d’oxyde de zirconium. Ça, c’est pour les modèles de luxe. Les vitres des montres moins chères sont en verre ou en matières composites type plastique. En résumé : le verre équivaut à moins de zéro sur l’étiquette, mais mieux vaudra éviter le toit des trains.

Qu’est-ce qu’un mouvement ?

C’est le moteur. Ce qui fait tourner les rouages de la montre (donc les aiguilles) à la bonne vitesse. En général, c’est la mécanique et le mouvement qui fascinent la clientèle masculine. Les femmes, au risque de tomber dans le cliché, sont avant tout obnubilées par l’idée de porter une montre façonnée dans des matières nobles. L’enrobage de la boîte peut lui aussi faire grimper le prix d’un modèle.

Est-ce vraiment si compliqué que ça, une complication ?

Non, c’est juste une petite coquetterie qui permet aux marques de luxe de faire les malignes à la foire de Bâle. Genre ”Qui aura conçu la complication la plus dingue ?” Une complication, c’est donc une information donnée par la montre qui n’est ni l’heure, ni la minute. Par exemple, le modèle Astronomo de Panerai indique l’heure du lever et du coucher du soleil dans la région où le porteur de la montre habite. Notez que l’info “J’ai bien réussi dans les affaires, ma montre en atteste” n’est pas considérée comme une complication.

 

 

 

 

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