Pourquoi les jeux de société cartonnent ?

Considéré comme ringard, relégué aux oubliettes à l’arrivée du jeu vidéo et le plus souvent cantonné à l’armoire à jouets des enfants, le jeu de société en sort pour dynamiter nos loisirs. Gros plan sur une tendance forte.

Par Marie Honnay. Photos : unsplash. |

Gamer passionné, mais aussi visionnaire accro aux tendances, le Belge Thomas Provoost connait le sujet jusqu’au bout des doigts. Il y a quinze ans, après avoir découvert Time’s Up aux États-Unis, il décide d’en acheter les droits, puis d’éditer le jeu chez nous. Bingo. Aujourd’hui, il est consultant et développeur de produits, une double casquette qui fait de lui un expert du jeu de société. Le succès phénoménal de ce type de jeux, Thomas Provoost l’explique en avançant un certain nombre de facteurs : « Depuis un an, la crise sanitaire a privé les familles de sorties. En l’absence d’autres loisirs, elles se sont retrouvées autour d’activités communes. La force du jeu de société, c’est qu’il est rassembleur et porteur de bonnes valeurs. On oublie un moment les tablettes et les téléphones portables pour se concentrer sur une activité commune. Et contrairement à un film, le jeu permet de créer de vraies interactions. »

Plus de Risk

Avant, on connaissait Risk, Trivial Poursuit et Monopoly. Depuis une poignée d’années, les jeux « nouvelle génération » révolutionnent le marché. « Ces nouveaux concepts ont banni toute idée de frustration. Si vous perdez au Monopoly, vous êtes ruiné(e). La partie est terminée. Dans les jeux d’aujourd’hui, ce qui prime, c’est l’amusement, l’interactivité et le plaisir de l’échange. C’est ce qui a expliqué le succès de Time’s Up, un jeu collaboratif qui consiste à deviner l’identité de gens célèbres sur base d’indices. La professionnalisation du secteur a également entrainé une plus grande diversité de concepts.

Le jeu, c’est comme le cinéma ou le vin. Si vous êtes débutant, vous n’allez pas démarrer votre initiation en regardant un film d’auteur ou en dégustant un grand cru classé. » Pour les novices, les jeux d’apéros comme Time’s Up (faciles à comprendre, même après quelques verres de vin) sont parfaits pour briser la glace lors d’une soirée qui peine à démarrer ou après un diner arrosé. Autre carton dans ce créneau : Blanc Manger Coco décliné dans un nombre incalculable de versions. « Le succès de ce jeu s’explique en partie par son caractère politiquement incorrect. Dans notre société ultra formatée, les gens ont envie de se lâcher. Et quoi de mieux qu’une soirée intime pour le faire ? » 

La vidéo du jour :

 

 

Détox digitale

« Lorsqu’ils jouent, même les plus accros à leur écran ont tendance à lâcher leur téléphone », poursuit Thomas Provoost. Car même si les règles sont simples, Time’s Up demande tout de même, si on veut rester dans la partie, un minimum de concentration. Les jeux modernes sont d’ailleurs conçus pour offrir très peu de temps morts. Désormais, pour les 25/35 ans, les plus grands consommateurs de jeux, l’excitation est toutefois ailleurs, du côté des jeux qui ambitionnent de dynamiter le secteur. La preuve : l’AS d’Or, le Goncourt du jeu de société, a créé une catégorie « experts » qui récompense les propositions les plus pointues. En compétition cette année : Paleo, Tainted Grail, mais aussi Le Dilemme du Roi et The Crew, deux jeux édités par Iello, l’un des concepteurs les plus en vue du moment, également éditeur de CodesNames, bestseller sur le marché belge. 
 

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