
Slow-dating : redonner du temps à l’amour véritable
Le slow-dating, on s’en doute, serait l’exact opposé du dating rapide propres aux applications comme Tinder. Loin de la frénésie des swipes incessants, cette tendance prône des rencontres plus authentiques et approfondies. Pour Véronique Bouchat, coach en développement personnel, cette pratique permet de « prendre le temps de se rencontrer, d’écouter son cœur, de retrouver les papillons dans le ventre ». C’est une tentative de réhumaniser la rencontre amoureuse en privilégiant des échanges plus longs et moins superficiels. Une initiative qui a trouvé un écho notamment chez les célibataires âgés de 40 à 60 ans, lassés des rencontres éphémères des applications et des critères superficiels.
Comment faire ? Se redonner l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre : via le sport, les sorties et les groupes qui fleurissent sur les réseaux sociaux autour d’une même passion, d’une même discipline. Un exemple parmi d’autres ? L’événement « Plus si affinités », lancé en Belgique, propose aux célibataires de participer à des activités conviviales (balades, golf, paddle) pour créer des liens dans un cadre détendu, loin de l’urgence des matchs numériques.
Une matchmakeuse nous explique en vidéo pourquoi il est si difficile de trouver l’amour en 2025 :
La montée du « Values-core dating » et de l’intimité intuitive
Désormais, l’amour ne se résume plus à une simple compatibilité d’intérêts ou d’apparences. De plus en plus de personnes recherchent un partenaire qui partage leurs valeurs profondes, notamment autour de causes sociales et environnementales. Ce phénomène, baptisé le « values-core dating », témoigne d’une volonté de construire une relation fondée sur des engagements communs. Dans cette même veine, l’intimité intuitive s’impose comme une nouvelle forme de séduction, axée sur la connexion émotionnelle plutôt que physique. Loin des clichés de l’amour de façade, cette approche valorise l’expression des émotions, de la vulnérabilité, et l’empathie.
L’homme d’aujourd’hui, va vers un monde débarrassé des attentes de la masculinité classique. Pour séduire, il est invité à exprimer ses peurs et ses fragilités dans une relation fondée sur la transparence et le respect mutuel. Ici encore, le modèle des apps de rencontre est mis à mal, mais les critères s’affinent sur les moteurs de recherche : valeurs philosophiques, politiques ou religieuses, les candidats à l’amour prennent des mesures pour éviter les déconvenues
L’émergence du « trouple »
Si les couples traditionnels sont remis en question, le phénomène du « trouple » (trio amoureux) prend de l’ampleur. Bien qu’encore marginal, cette forme de relation amoureuse entre trois personnes pourrait devenir plus courante en 2025 et au sein de la gen Z, qui semble vouloir rebattre les codes et faire fi du modèle traditionnel.
Le troupalisme est perçu par certains comme une extension des relations polyamoureuses, mais dans un cadre plus formalisé. Bien qu’aucune étude précise n’évalue sa popularité, des enquêtes indiquent une augmentation des discussions et des recherches sur ce mode de vie alternatif, particulièrement chez les plus jeunes, et dans des communautés ouvertes, particulièrement sensibles aux questions de genre. Ces jeunes qui aujourd’hui refusent de se cantonner à l’amour hétérosexuel ou homosexuel, mais entendent pouvoir simplement tomber amoureux d’une personne, d’une personnalité…
Certains avancent que ce mode de vie est au final une nouvelle forme de colocation et qu’elle serait davantage motivée par une nécessité de partager les coûts de la vie, mais les adeptes y trouvent une relation plus libre et dans laquelle ils ne se sentent pas enfermés. Un couple traditionnel à deux semble de moins en moins être le seul modèle possible, dans une société où la redéfinition des liens affectifs est en mutation.
Le « mariage lavande » : un retour inattendu au pragmatisme
Un autre phénomène inattendu qui pourrait se répandre dans les années à venir est le « mariage lavande », qui fait référence aux unions que l’on voyait au début du siècle dernier à Hollywood, lorsque les actrices et acteurs étaient contraints de cacher leur homosexualité de peur de briser leur carrière. Certains acceptaient donc de contracter un faux mariage. Le concept est réapparu sous forme d’humour sur TikTok, et désigne donc un mariage purement pragmatique, souvent choisi pour des raisons économiques et sociales.
Concrètement, deux partenaires qui ne sont pas spécialement amoureux partagent leur quotidien sans toutes les contraintes liées au couple traditionnel, mais avec tous les avantages : répartition des factures, partage des avantages sociaux… On revient d’une certaine manière au but originel du mariage, celui de consolider son pouvoir et son statut, en profitant de toutes les protections légales. Du côté de la communauté LGBT+, il s’agit tout simplement de contourner un système qui n’a pas été imaginé pour eux. Mais comme pour les célibataires, il facilite l’accès au logement, à l’emploi, à la parentalité ou encore aux aides sociales.
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Célibataire, si je veux
Depuis quelques années, l’augmentation du nombre de célibataires est frappante. Selon les prévisions, un Belge sur deux sera célibataire d’ici 2060, et en 2024, 2,35 millions de Belges vivaient seuls. Sigrid Schelstraete, directrice de Jade & Jules en Belgique et matchmakeuse, commente : « De plus en plus de personnes souhaitent d’abord se concentrer sur leur développement personnel, leurs passions ou leurs voyages avant de s’engager dans une relation. Le mariage ou la vie en couple n’est plus considéré comme un passage obligé. La stigmatisation du célibat a diminué dans de nombreuses sociétés, permettant à celles et ceux qui le souhaitent de vivre seuls sans jugement. Les structures familiales traditionnelles coexistent désormais avec des choix alternatifs comme le célibat prolongé, les familles monoparentales ou les relations non conventionnelles ».
Certains même vivent en couple sans vivre sous le même toit, une manière de ne vivre ensemble que les moments que l’on choisit. Une vision du couple qui peut aussi s’expliquer par la lassitude et le stress émotionnel face aux injonctions de la vie en couple et à l’incapacité qu’ont les applications de rencontres à répondre à cette problématique. La quête de l’amour, reste une réalité intime, mais il n’est plus question de sombrer dans la caricature, et face à la réalité de la vie quotidienne et de la vacuité des rencontres rapides et superficielles, le défi est de trouver son âme sœur, et de parvenir à vivre sa relation sans rien concéder à notre sacro-sainte liberté et à notre développement personnel.
Une quête d’authenticité et de liberté
Cette évolution dans les manières de se rencontrer, de s’aborder et de s’abandonner sont autant de signes que les liens affectifs se réinventent, qu’une société plus inclusive et égalitaire sur le plan économique entre autres engendre des modèles de couple différents, de nouveaux équilibres.
En 2025, plus que jamais, le couple pourrait bien être moins une fin en soi qu’un parcours, une aventure de vie, ou mieux, un espace d’épanouissement commun. Une génération égoïste ? Probablement. Mais une génération qui prend soin d’elle, qui connaît ses limites, et cherche le juste équilibre, sans renoncer à l’amour pour autant.
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