
Une présence importante des Belges dans les grandes maisons
De Chanel à Saint Laurent en passant par Courrèges et Rabanne, depuis quelques années les designers belges sont partout. 40 ans après le sacre des « Six d’Anvers », une nouvelle génération de créateurs formés à Bruxelles s’impose en hauts lieux. « On ne peut pas vraiment parler de tendance. L’arrivée massive de designers belges à la tête des grandes maisons de mode n’est pas juste un courant éphémère », lance Franck Jacquard, fondateur du cabinet de recrutement parisien Bakeneko ; l’un de ceux qui repèrent et placent les talents du secteur du luxe à des postes clés, donc très convoités.
Force est pourtant de constater qu’ils sont partout, ces Belges. Parmi les nominations les plus médiatiques de ces derniers mois, on peut citer celle de Matthieu Blazy chez Chanel, un surdoué de 41 ans, formé à la Cambre Mode(s). Sorti diplômé en 2007, il a fait ses armes auprès du Belge Raf Simons, puis de Maison Margiela. Il a aussi réalisé des masques pour la tournée de Kanye West en 2013 avant de diriger des équipes design chez Calvin Klein Femmes, puis chez Bottega Veneta en 2020. Et là, c’est le sacre. Il obtient le poste ultra-convoité de directeur artistique de la maison Chanel… Il n’est pas Belge, mais bien parisien. Disons juste que son bagage scolaire bruxellois lui a permis de se faire une place dans la tribu des néo-Belges les plus en vue du moment.
En vidéo, l’interview mode de Lucky Love
Au même titre qu’Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent, Nicolas Di Felice, à la tête de la maison Courrèges ou encore Julien Dossena, directeur créatif de Rabanne. « Si l’on observe ces noms, on constate qu’ils sont tous sortis de la Cambre entre 2005 et 2008. Qu’ils soient ou non Belges de naissance, ils appartiennent à cette même génération de quarantenaires qui a grandi en observant les fameux Six d’Anvers. Les différents postes qu’ils ont occupés au sein de grandes maisons leur ont permis d’acquérir la maturité nécessaire pour pouvoir accéder en toute légitimité à la plus haute marche du podium », poursuit-il.
La Cambre et l’Académie d’Anvers, les usines à talents
Moins starisés, mais tout aussi incontournables, les designers des lignes de prêt-à-porter ou des collections couture engagés par les maisons parisiennes sont aussi nombreux : Anaïs Lalu, en charge de la très avant-gardiste collection couture de Balenciaga ou encore Lea Peckre, directrice de studio chez Celine. Ces créateurs belges qui officient désormais au firmament de la planète mode ont ce qu’on pourrait appeler « le bon profil ». D’une certaine façon, ils sont moins flamboyants que les Italiens et plus centrés sur le vêtement que les Américains, particulièrement forts en stylisme.

Directeur de la Cambre Mode(s) depuis 1999, Tony Delcampe, commente : « Parmi nos alumni, peu se lancent dans l’aventure de l’entrepreneuriat. Ces dernières années, il y a eu Marie Adam-Leenaerdt, mais aussi Esther Manas ou encore Marine Serre ». Ces deux créatrices très en vue dans la fashion-sphère se sont imposées lors de concours internationaux. Ils sont évidemment un tremplin vers une consécration internationale mais on peut surtout affirmer que la nouvelle génération de Belges est en phase avec l’air du temps.
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