
Une équipe internationale de chercheurs et chercheuses a tenté de répondre à cette question mille fois posée, mais rarement décortiquée sérieusement. Le résultat : une étude publiée dans le Journal of Experimental Psychology qui identifie les six traits de personnalité qui définissent une personne « cool ». Et surprise : ces traits seraient les mêmes partout dans le monde, de Séoul à Santiago en passant par Stuttgart.
Le matcha est sans aucun doute la boisson la plus cool du moment, mais pourquoi tout le monde en raffole ? Notre décryptage en vidéo :
Être cool, ça ne s’apprend pas (vraiment)
Pendant quatre ans, près de 6 000 participants dans 13 pays – de l’Allemagne au Nigeria en passant par la Chine, l’Inde et le Mexique – ont été invités à penser à quelqu’un qu’ils ou elles considèrent comme cool, ou au contraire pas cool, puis à décrire cette personne à travers différentes grilles de lecture psychologique. Et ce qu’ils ont dégagé est plutôt limpide.
Les gens perçus comme « cool » partagent six traits de personnalité dominants :
- Extravertis
- Hédonistes
- Puissants
- Aventureux
- Autonomes
- Ouverts
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Autrement dit : ils ou elles vivent intensément, aiment les plaisirs de la vie, suivent leurs propres règles, prennent des risques, imposent leur voix et accueillent la nouveauté à bras ouverts. Pas forcément de quoi rendre quelqu’un « bon » au sens moral du terme, mais justement. C’est tout l’enjeu de l’étude : être cool n’est pas synonyme d’être gentil, charitable ou même aimable.
Les « gentils », eux, se distinguent plutôt par leur conformité, leur chaleur, leur calme, leur sens du devoir, leur respect des traditions. Des traits tout à fait admirables, mais souvent à l’opposé du « cool », qui, lui, bouscule, déplace, irrite parfois.
Vers un cool mondialisé ?
Ce n’est pas un hasard si les scientifiques rappellent que le concept même de « cool » a émergé dans des sous-cultures marginales – jazzmen noirs des années 40, beatniks des années 50 – avant d’être repris, digéré puis recyclé par la machine à tendance. Car aujourd’hui, la coolitude semble s’être standardisée. L’étude note même que les industries de la mode, de la musique et du cinéma ont participé à lisser le concept autour d’un même terreau de valeurs.
Résultat : être cool, en 2025, c’est paradoxalement suivre un modèle universel, alors même que le « cool » se définit, à l’origine, comme ce qui échappe au moule. Les sociologues parleraient de « contre-culture institutionnalisée ». En gros, c’est ce pote qui revendique son individualité tout en s’habillant exactement comme les autres.
Elon Musk, exemple embarrassant
Pour illustrer ces six traits, Todd Pezzuti, l’un des chercheurs à l’origine de l’étude, cite un exemple qui fait lever un sourcil : Elon Musk. « Controversé, certes, mais il coche toutes les cases », explique-t-il. Puissant, extraverti (ou du moins omniprésent), hédoniste (cf. son pétard sur le podcast de Joe Rogan), ouvert à l’inconnu (coloniser Mars, rien que ça), autonome et prêt à prendre des risques. Un exemple qui montre à quel point le cool peut déranger autant qu’il fascine.
Un outil social plus qu’un idéal
Au-delà de la curiosité, cette recherche interroge surtout la fonction sociale de la coolitude. Être cool, aujourd’hui, ce n’est pas juste avoir du swag ou des lunettes teintées. C’est jouer un rôle dans l’écosystème social. Les « cool » deviennent des leaders culturels, des influenceurs de mœurs, des figures qui déplacent les normes. « Ils remettent en question les conventions, innovent et persuadent les autres de changer », peut-on lire dans l’étude. Autrement dit, ils ne sont pas simplement admirés, ils réorganisent l’ordre social.
Reste une question ouverte : peut-on être quelqu’un de cool et bien à la fois ? Peut-être. Mais l’étude montre que les deux concepts ne se recouvrent que partiellement. Et que la coolitude, loin d’être une qualité morale, est avant tout un signal social. Une sorte de « code de reconnaissance rapide » dans une époque saturée d’images, où l’on classe les gens à une vitesse grand V.
Cool, donc, mais pas forcément gentil. Admiré, mais pas automatiquement recommandable. À l’heure où le charisme devient capital social et où l’influence l’emporte sur l’éthique, la coolitude se révélerait-elle être une arme douce pour imposer sa loi ?
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