Pourra-t-on bientôt gagner des années de vie en vacances ? - Quand le tourisme bien-être mise sur la longévité… et les zones bleues. - Camille Vernin

Pourra-t-on bientôt gagner des années de vie en vacances ?

Vieillir ne fait plus peur. Mieux, c’est devenu désirable. En Sicile, un resort de luxe surfe sur la science des zones bleues pour proposer un programme de longévité. Au menu ? Bilans de santé sur-mesure, menus méditerranéens, yoga sur falaises et une promesse à peine voilée… celle de grappiller quelques précieuses années de vie.
sosoir
Photo
Unsplash

Sur le papier, tout semble absolument parfait. Des collines d’un vert éclatant qui plongent dans la Méditerranée, des assiettes gorgées de macro et d’huile d’olive, des corps tannés qui s’étirent au lever du soleil, et la promesse (alléchante) de vieillir en paix, et si possible le plus lentement possible.

Envie d’apaisement ? Découvrez en vidéo notre immersion dans un nouveau temple du bien-être à découvrir à Bruxelles :

Bienvenue au Verdura Resort, dans le sud-ouest de la Sicile. Ici, on ne vient plus seulement pour se dorer la pilule ou recharger ses chakras, mais désormais pour, soyons directs : vivre plus longtemps. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le resort a lancé un tout nouveau Programme de Longévité inspiré des recherches sur les zones bleues – ces régions du monde où l’on compte un nombre inhabituellement élevé de centenaires. Une des dernières identifiées ? Caltabellotta, petit village accroché aux montagnes Sicani, à vingt minutes de voiture du spa. Ce n’est ni Okinawa, ni la Sardaigne, ni la péninsule de Nicoya. C’est la Sicile, mais pas celle des clichés touristiques. Ici, on parle dialecte, on boit du vin maison, on grimpe les rues en pente sans se plaindre et, apparemment, on vit sacrément vieux.

Du spa à la zone bleue : un glissement (très) bien orchestré

Le programme – six ou dix jours à plus de 4 000 € la cure – ne fait pas semblant. Tests de sensibilité alimentaire, bilans sanguins, analyse 3D de la peau, randos méditatives dans la garrigue, menus « Nourish » supervisés par un nutritionniste, soins Irene Forte Skincare (la marque maison), tout y est. C’est clean, c’est léché, et surtout c’est balisé. L’idée ? Repartir chez soi avec des habitudes meilleures que les précédentes. Et peut-être quelques années de vie en plus.

Difficile de ne pas lever un sourcil sceptique. Le tourisme de longévité, vraiment ? Un concept pour le moins oxymorique, tant on a l’habitude d’associer voyage aux excès et au farniente. Mais ce glissement vers une forme de tourisme réparateur – ou préventif – n’est pas anodin. Il dit quelque chose de notre époque, de nos angoisses, et de notre obsession contemporaine pour le corps comme temple à entretenir, scanner, optimiser.

Une pincée de science

Pour ne pas sombrer dans le simple greenwashing version spa de luxe, le Verdura Resort s’appuie sur des travaux scientifiques. Le professeur Gianni Pes – l’un des chercheurs qui a défini le concept même de zone bleue – a mené une enquête rigoureuse sur le secret des zones bleues siciliennes. Ils y ont trouvé une population à la santé remarquable, pas tant pour ses gènes que pour son mode de vie : alimentation frugale mais équilibrée, activité physique modérée mais constante, lien social fort. Rien de spectaculaire, donc. Juste une bonne hygiène de vie sur le long cours.

C’est ce que résument assez bien Gianni Pes et son homologue belge, Michel Poulain : « La génétique ne fait pas tout. Ce qui compte, c’est l’environnement, la qualité des relations, le stress (ou son absence), et la façon dont on se nourrit. » Dit autrement : la longévité ne s’achète pas, elle se cultive avec patience.

Le début d’une tendance ?

Alors, cette immersion sicilienne marque-t-elle le début d’une nouvelle ère ? Va-t-on bientôt choisir ses vacances comme on choisit un complément alimentaire ? En scrutant l’espérance de vie des habitants, la densité en polyphénols de la cuisine locale, ou le taux d’inflammation réduit induit par l’air marin ?

Peut-être bien. Tous les signes sont là en tout cas : multiplication des retraites bien-être, boom des centres de médecine préventive haut de gamme, popularité croissante des destinations dites « slow »… Les zones bleues deviennent des fantasmes touristiques : des endroits où la vieillesse n’est plus une fatalité mais une qualité.

Rester lucide

Soyons clairs : on ne deviendra pas centenaire en dormant trois nuits dans un resort, aussi luxueux soit-il. Le marketing du mieux vivre flirte souvent avec les limites du vraisemblable. Mais derrière cette offre calibrée, il y a peut-être une intuition juste : celle que voyager ne devrait pas toujours nous épuiser. Que se déconnecter, manger mieux, marcher plus, respirer un autre air et écouter autre chose que les notifications de son téléphone pourrait, en soi, déjà être un geste de longévité. Et si l’on revient avec une peau plus douce et un intestin plus heureux, on ne va pas s’en plaindre.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre