Retour de vacances : comment ne pas succomber au blues de l’été - Charlotte Vanbever

Retour de vacances : comment ne pas succomber au blues de l’été

Il fait chaud, le soleil brille et les oiseaux chantent. C’est un mois d’août qui devrait vous mettre en joie, propice à vous sentir encore (un peu) en vacances. Pourtant, votre moral est plus hivernal qu’estival. Mais pourquoi donc ? Et, surtout, comment y remédier ?
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Le bronzage s’atténue ; l’énergie retrouvée pendant ces jours de « repos » a disparu au moment où vous avez passé la porte de votre bureau ; vos collègues ont, eux, abandonné leur ordi et se la coulent douce, à leur tour ; et, en plus, vous avez « trop chaud en Belgique, il n’y a pas d’air ici ! ». Bref, c’est pas la joie. C’est plutôt le spleen, en plein été. Et alors qu’on rêvait de profiter pleinement de la saison jusqu’à son dernier rayon de soleil d’août, on se retrouve à la considérer comme un vulgaire hiver qui n’en finit pas : sans entrain ni envie d’en explorer toutes ses promesses.

« Le blues du retour au travail après les vacances dit quelque chose de l’évolution de notre rapport au temps libre, à l’identité et à la réussite sociale », analyse la docteure en sociologie Audrey Van Ouytsel. Les vacances sont aujourd’hui valorisées à un point tel qu’on en attend peut-être un peu trop. Mais pourquoi le retour au réel est-il pour autant plus difficile de nos jours ? Une étude réalisée l’année dernière par le cabinet Robert Walters révélait que 47 % des travailleurs belges se disaient stressés à l’idée de reprendre le travail après les vacances d’été. « Les congés représentent souvent le fait d’avoir plus de liberté et moins de contraintes horaires et permettent de profiter davantage des proches et de se reconnecter à son corps, à la nature, au plaisir. Alors que le retour des vacances signifie, lui, parfois, le retour des mails ; une pression de performance ; un rythme accéléré et le sentiment de manquer de temps. Plus l’écart entre ‘la vie idéale en vacances’ et ‘la vie ordinaire’ est grand, plus la reprise peut être vécue comme une chute ».

La société moderne, ultraconnectée, a transformé l’idée même de vacances et le regard qu’on doit porter sur cette période de l’année. « C’est l’un des paradoxes modernes », continue la sociologue : « on attend des vacances qu’elles réparent ce que le travail abîme. Mais les vacances sont-elles devenues un espace de récupération nécessaire face à une intensification du travail ? Dans beaucoup de secteurs, les rythmes professionnels se sont accélérés. Et les vacances sont devenues une « soupape ». Mais si le quotidien reste inchangé, le retour peut être brutal », prévient Audrey Van Ouytsel. Que le soleil brille au-dessus de notre tête ou pas. Le spleen n’est pas qu’affaire d’hiver. Encore moins depuis que les réseaux s’en mêlent. « Avant, les vacances étaient davantage une expérience privée. Aujourd’hui, elles sont aussi une mise en scène sociale sur les réseaux sociaux au travers de photos parfaites, de lieux instagrammables. La comparaison avec les autres est omniprésente ». Et parfois dévalorisante. « Cela peut accentuer le sentiment de vide au retour : on ne revient pas seulement de vacances, on revient d’une période où l’on avait l’impression d’être dans une version améliorée de soi-même ».

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Face à la mer, c’était hier - Pexels

« Pas une parenthèse isolée »

Alors, pour ne pas pourrir tout ce mois d’août entamé du mauvais pied, et ne pas regretter – ce serait la double peine – d’avoir laissé passer l’été sans en profiter et décompter déjà les jours jusqu’au prochain, on peut tenter de retrouver cet état d’esprit qui nous animait à l’arrivée des premiers beaux jours. « Déjà, en ne considérant pas les vacances comme une parenthèse isolée, mais comme un révélateur. Et répondre à ces questions : ‘qu’est-ce qui m’a fait du bien ? Plus de nature ? Plus de temps relationnel ? Plus de lenteur ?’. Ensuite, réintroduire progressivement le rythme habituel : éviter de reprendre immédiatement avec une surcharge et se garder des micro-vacances dans le quotidien : moments sans écran, promenades, repas partagés, activités plaisantes. Enfin, quelque chose de très important à mon sens est de créer des rituels de transition : quelques jours entre retour et reprise professionnelle peuvent aider », conclut la sociologue.

Elle pointe en outre du doigt un sentiment plus profond, qui ne se mesure pas à la quantité de crème solaire dont on ne tartine plus son corps, ni au nombre d’ampoules que comptent nos pieds. « Parfois, le blues du retour de vacances peut être lié au fait que l’on retrouve une vie quotidienne qui ne correspond plus à nos besoins ». À méditer lors de prochaines vacances… ou bien avant.

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