Jusqu’à il y a peu, les spécialistes du bien-être nous incitaient à bien manger, à faire du sport et à réduire notre niveau de stress, mais personne n’abordait vraiment la question du sommeil. Aujourd’hui, elle est sur toutes les lèvres. Même les montres connectées se penchent dessus. À l’instar de Samsung qui, via ses dernières montres connectées, propose un coaching personnalisé qui prend en compte la qualité du sommeil, l’activité physique ou encore le niveau de stress, et qui prodigue des conseils sportifs et de bien-être. C’est dans le cadre du lancement de la Galaxy Watch 8, que le Dr Sophie Bostock, spécialiste du sommeil, nous a accordé cet entretien…
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Qu’est-ce qui explique le nouveau « buzz » autour du sommeil ?Quand j’ai commencé à donner des conférences, j’avais l’impression que le sujet n’intéressait personne. Aujourd’hui, le sommeil est au cœur de nombreuses recherches scientifiques. Nous nous intéressons aux facteurs qui peuvent influencer positivement notre bien-être cognitif, physique et émotionnel. Et le sommeil en est un. Aujourd’hui, les gens acceptent de parler de leur mal-être ; un mal-être qui peut être causé par un manque de sommeil. L’inverse est vrai aussi : trop de stress nous empêche de bien dormir. On parle beaucoup du cortisol. Est-ce lui le fautif ?Le manque de sommeil augmente le cortisol (l’hormone du stress), mais un taux de cortisol élevé perturbe le sommeil. Normalement, le cortisol est élevé le matin pour nous réveiller et diminue le soir pour faciliter l’endormissement. Le stress chronique, qui maintient le taux de cortisol élevé, peut donc entraîner des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes et un sommeil moins réparateur. Beaucoup de mes patients – des chefs d’entreprise, notamment – prétendent ne pas souffrir de stress. Ils aiment leur travail et se disent satisfaits de leur rythme de vie. Mais lorsqu’on creuse un peu, on comprend qu’ils sont surstimulés en permanence. Leur sommeil ne peut donc pas être réparateur.L’arrivée massive d’appareils permettant de mesurer nos performances sportives, mais aussi notre sommeil, a-t-elle contribué à braquer les projecteurs sur le sommeil ?Certaines études ont montré qu’une personne sur cinq utilise ce type de dispositifs. La grande nouveauté, c’est que ces appareils ne se contentent plus de collecter des données chiffrées et de délivrer des statistiques. Ils jouent aussi un rôle de coach.En parlant de coaching, la gestion du sommeil semble moins dogmatique qu’avant…On remarque en effet que les appareils connectés, mais aussi les coachs bien-être délivrent une nouvelle forme de messages. Avant, on disait aux gens qui dormaient mal qu’une carence en heures de sommeil leur faisait courir un risque accru de souffrir de diabète. Comment voulez-vous bien dormir après ça ? (Sourire)Aujourd’hui, le mot magique, c’est longévité…L’objectif n’est plus de viser la performance à tout prix. Pour ma part, je conseille aux personnes que j’accompagne, d’utiliser les données dont elles disposent comme un indicateur, plutôt que comme une menace. Le matin, quand vous vous réveillez, demandez-vous d’abord comment vous vous sentez. Puis, seulement, consultez votre montre. En cas de déséquilibre, testez de nouvelles habitudes, mais n’oubliez pas que chaque changement de mode de vie n’est perceptible qu’après environ 6 semaines minimum.Aujourd’hui, dans notre quête du sommeil parfait, l’alcool est considéré comme un facteur perturbant. Qu’en pensez-vous ?D’abord, il faut oublier l’idée de perfection. Cela étant, il est vrai que l’alcool n’est pas un allié du sommeil. Mon conseil : testez les effets de quelques verres sur votre sommeil. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans ce registre, une montre connectée permet de mieux réguler votre consommation d’alcool. Après une fête, votre coach virtuel vous rappelle, chiffres à l’appui, qu’il serait bon de freiner les jours suivants. Le modèle parfait, c’est 80/20. Un petit craquage de temps en temps ne réduit pas tous vos efforts à néant. Longtemps considérée comme « suspecte », la sieste est désormais classée dans la catégorie des « bonus bien-être ». Qu’est-ce qui explique ce changement ?Il reste encore du chemin à faire jusqu’à ce que la sieste ne soit plus vue comme une faiblesse. On a longtemps déconseillé aux insomniaques de dormir pendant la journée. Je pense au contraire que les interdictions renforcent le stress et perturbent encore davantage le cycle du sommeil. Encore une fois : faites-vous confiance.Les personnes qui se considèrent « du matin » sont-elles de meilleures élèves dans leur rapport au sommeil ?Non, pas vraiment. L’important quand on cherche à améliorer son sommeil, c’est de trouver sa propre cadence. Certaines personnes – dont je faisais partie avant de m’intéresser au sujet – négligent leur sommeil au point de risquer le burn-out. D’autres en font une obsession. La bonne attitude se situe entre ces deux extrêmes.Aujourd’hui, la plupart d’entre nous courent, marchent, nagent… Lorsqu’on fait du sport, le sommeil est primordial. Vous qui entraînez des athlètes de haut niveau, qu’en pensez-vous ?La clé du progrès, c’est la « supercompensation », c’est-à-dire l’art de trouver le juste équilibre entre entraînement et récupération. Prendre de bonnes résolutions ne suffit pas. Le plus souvent, il nous faut une vraie source de motivation. En ce sens, les appareils connectés peuvent nous aider à identifier notre schéma personnel et à réguler notre sommeil. On sous-estime souvent la puissance d’un mode de vie consistant.Quel remède conseillez-vous ?Un bon bain chaud, par exemple. Lorsqu’on sort de la baignoire, le corps se refroidit et vous prépare naturellement à une bonne nuit de sommeil. Finalement, c’est simple, non ?