
Près de 60 % des Belges souffriraient d’un manque de sommeil. Selon un sondage réalisé par Partenamut, 57,7 % de la population interrogée dort moins de 7 heures, soit le minimum recommandé (idéalement entre 7 et 9 heures pour les adultes). 77,5 % des Belges affirment en outre ne se sentir reposés qu’après 7 heures de sommeil. Le sommeil est plus que jamais une question de santé publique. Sur Internet, les méthodes pour tomber dans les bras de Morphée se comptent par milliers, preuve de l’intérêt du public pour cette problématique.
Il y a par exemple la technique du nerf vague ou encore la méthode 4-7-8, en passant par la « respiration lunaire » inspirée du yoga. Chacun est libre de trouver la méthode qui lui correspond le mieux. Et si on changeait un peu des méthodes traditionnelles, en adoptant cette fois une stratégie originale puisqu’elle consiste à faire diversion à son propre cerveau. Son nom ? Le « shuffle cognitif ». Cette méthode d’endormissement part d’un postulat simple. Lorsque nous tentons de nous endormir, beaucoup d’entre nous pensent de manière analytique, en souhaitant résoudre un problème, ce qui retarde grandement l’endormissement.
Découvrez en vidéo l’habitude à adopter pour mieux dormir et rester en bonne santé :
Dévier l’attention de son cerveau
Un réflexe finalement normal du cerveau, qui se contente d’agir en continuité des stimulus réceptionnés toute la journée. Notre cerveau est en effet placé constamment en état d’alerte, ce qui rend très compliqué le fait d’appuyer simplement sur le bouton « pause » à la nuit tombée. Pour y arriver, il faut donc user d’une petite parade. C’est là que le « shuffle cognitif » fait son apparition. Il va concrètement aider le cerveau à atteindre un état de calme et de bien-être en déviant son attention, c’est-à-dire en l’incitant à se concentrer sur une représentation de séquences d’objets auxquels il ne pourra pas donner de sens.
De cette façon, les pensées aléatoires dénuées de sens vont tromper les régulateurs du sommeil en leur faisant croire qu’il est temps de s’endormir. Luc Beaudoin, initiateur de cette méthode, affirme ainsi que ces pensées vont permettre de détourner le cerveau des préoccupations du moment. Vu que celui-ci a toujours été entraîné à réagir aux dangers potentiels, lorsqu’il comprend qu’il peut s’endormir en toute sécurité et que le cortex ne perçoit aucun danger, le corps se détend et l’on s’endort. Le brassage cognitif « donne à votre cerveau assez de stimuli pour jouer avec, mais pas assez d’informations cohérentes pour stimuler les fonctions exécutives du cerveau », explique-t-il. La prochaine fois, au lieu de programmer sa journée du lendemain ou de réfléchir à ce que l’on a oublié de faire dans sa journée, on tente donc cette méthode.
Comment procéder ?
Mais comment adopter cette technique concrètement ? Voici ci-dessous les cinq étapes de l’exercice :
1. Choisissez une lettre de l’alphabet au hasard.
2. Visualisez ensuite un mot qui commence par la lettre en question. Il faut un mot composé d’au moins cinq lettres. On l’écrit lentement dans son esprit.
3. Pour chaque lettre du mot, on pense alors à un nouveau mot qui commence par cette lettre. On veille à choisir des textes le plus émotionnellement neutres possible. Si vous avez par exemple choisi le mot « chien », vous pensez à « cheval », « champion », « charme ». Prenez le temps d’imaginer chacun des mots au lieu de les visualiser rapidement.
4. Une fois que vous avez visualisé chacun des mots de la lettre, passez à la lettre suivante qui, ici, est « H » et faites de même : « herbe », « habit », « harmonie ».
5. Passez ainsi d’une lettre à une autre jusqu’à vous endormir. En principe, une quinzaine de minutes suffira. Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














