Laponie, Canada, Japon : Pourquoi les Belges partent désormais au bout du monde pour skier ? - Anissa Hezzaz

Laponie, Canada, Japon : Pourquoi les Belges partent désormais au bout du monde pour skier ?

Parmi les grandes tendances voyage qui s’annoncent pour 2026, la neige semble être l’une des grandes gagnantes. Mais pas la neige des Alpes ou des stations suisses bien rodées. Non : en 2026, on veut le Grand Nord, les Rocheuses et la poudreuse japonaise. Pas seulement pour skier. Pour vivre la neige – la grande, la vraie, celle dans laquelle on s’enfonce jusqu’aux genoux.
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Les voyages au départ de la Belgique battent record sur record. Les aéroports se remplissent à nouveau, les agences parlent désormais d’“expériences bucket-list” et les longs-courriers reprennent clairement le dessus. L’ère Covid appartient au passé : on a rêvé longtemps, maintenant on réserve. Quitte à payer plus cher, quitte à partir moins souvent – mais pour vivre quelque chose d’intense.

2025 marque la fin de ce que l’on appelle l’année 9 :

Il y a aussi un facteur beaucoup moins glamour, mais impossible à ignorer : la neige près de chez nous n’est plus une évidence. Dans les Vosges, en Forêt-Noire, dans certaines stations moyennes des Alpes, l’hiver ressemble désormais à une loterie météo. On réserve sans savoir si l’on skiera sur de la poudreuse, de la neige artificielle… ou de l’herbe. Avec le réchauffement climatique, les altitudes intermédiaires souffrent et l’enneigement devient imprévisible. Résultat : ceux qui veulent être sûrs de “vraie” neige — épaisse, froide, abondante — se tournent vers des régions plus au nord ou plus élevées, où l’hiver reste encore synonyme de blanc. Ce n’est plus seulement une question d’exotisme, mais d’assurance neige.

En 2024, les Belges ont effectué 23,7 millions de voyages, un record absolu, en hausse de 2,1 % par rapport à 2023, déjà exceptionnelle, selon Statbel. Dans le même temps, le trafic dans les aéroports belges a atteint 34,8 millions de passagers, soit +7 % par rapport à 2023. Le chiffre d’affaires du voyage organisé a progressé d’environ 5 %, alors que le nombre de voyageurs restait quasi stable : on part moins, mais on dépense plus par séjour. Et parmi ces envies, une nouvelle obsession apparaît : skier ailleurs pour vivre autre chose.

Pour ceux qui ont grandi dans les Alpes en famille, l’envie d’ailleurs est évidente. Pour les autres, les réseaux sociaux ont façonné des envies très précises. Après les années de restrictions, on veut désormais concrétiser les rêves : pas seulement trouver de la neige, mais des expériences extraordinaires, et la sensation d’être ailleurs pour de vrai.

La Laponie : le silence blanc qui fait battre le cœur

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La Laponie, le pays du Père Noël, est ce mot qui fait briller les yeux comme un chocolat chaud trop sucré. Tout y est : le silence qui crisse sous les pas, la neige qui engloutit les sapins comme du sucre glace, l’air qui pique la peau et bien sûr, les aurores boréales qui transforment le ciel en spectacle irréel. On y skie, oui, mais autrement. Lentement, doucement, comme si l’on avait peur de casser la magie. On ajoute des balades en chiens de traîneaux, de la motoneige, des saunas brûlants, des dîners à base de renne et de poisson fumé. On dort dans des igloos de verre, et on attend que le ciel s’allume.

Rien à voir avec la course au nombre de kilomètres de pistes : ici, le ski est une ambiance. Levi, la plus grande station de ski de Laponie, séduit ceux qui veulent une station animée, avec restaurants et activités typiques. Pour un côté plus sauvage et authentique, on file vers Inari, au nord de la Finlande : après une journée de ski ou de pêche sur le lac gelé, on peut y observer les aurores boréales presque seuls au monde.

Canada : la démesure qui fait respirer

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Au Canada, tout est trop grand — et c’est là tout le plaisir. Dans les Rocheuses, on a l’impression d’avoir poussé les murs du monde : montagnes XXL, routes infinies, forêts profondes, lacs gelés comme des miroirs. Whistler, Banff, Lake Louise : des noms qui sonnent comme des promesses d’aventure. Le Canada coche le fantasme ultime du citadin belge : le grand air comme antidote à l’agenda saturé, la nature comme cure de déconnexion et le froid comme sensation vivante. Et puisqu’une semaine de ski coûte déjà cher en Europe, la logique est simple : autant vivre quelque chose de vraiment exceptionnel.

L’avantage supplémentaire ? Le Canada n’est qu’à quelques heures d’avion (comptez environ 6 à 7 heures vers l’Est canadien) pour un dépaysement total. Et là-bas, la neige transforme les paysages en téléfilm de Noël grandeur nature. Pas le temps d’aller dans les Rocheuses ? On peut très bien skier près des villes : Mont-Saint-Sauveur, à 45 minutes de Montréal ou encore Mont-Tremblant, à environ 1h30. Et si l’agenda est serré, on peut encore pratiquer le ski de fond dans les parcs de Montréal, notamment au Mont Royal et terminer la journée en patin à glace sous les guirlandes lumineuses du Lac aux Castors. Enfin, pour une expérience totale, on file au coucher du soleil au Bota Bota, un spa flottant sur le Vieux-Port de Montréal.

Japon et la “japow”

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Le Japon est peut-être le voyage le plus désiré du moment. Après l’engouement pour ses couleurs d’automne, c’est désormais l’hiver qui attire. La Japow – pour «Japan powder» – désigne cette poudreuse japonaise ultra-légère, réputée comme l’une des meilleures au monde. Presque irréelle, presque secrète. Pour la trouver, cap sur le nord du pays, notamment dans la région de Tohoku ou sur l’île d’Hokkaidō. On glisse entre des bouleaux fantomatiques, puis on termine la journée dans un onsen brûlant, un bain thermal typique japonais. Et le ski n’est qu’une partie de l’histoire. L’autre moitié, c’est des ramen brûlants à minuit, des sushis ultrafrais derrière un petit comptoir et surtout, la découverte d’un art de vivre millimétré et apaisant.

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