
Pour comprendre comment ne pas sombrer avec le mercure, on a rencontré Jessica Nikiema Garel, psychopraticienne. Elle nous explique pourquoi il est temps de lâcher prise sur notre productivité printanière pour embrasser notre métabolisme hivernal.
La méthode « F-GOALS » pour améliorer sa santé au quotidien :
« Batterie faible, veuillez la recharger »
Pourquoi la grisaille nous assomme-t-elle à ce point ? Ce n’est pas qu’une question de décor, mais de chimie. « On est toutes et tous touchés par le fait qu’il y a moins de luminosité, qu’on a moins de sérotonine, qu’on tombe un petit peu en carence », explique Jessica Nikiema Garel. Ce manque de lumière déclenche un cocktail de léthargie, de troubles du sommeil et d’humeur en berne.
Si nous sommes tous « météodépendants », certains sont plus vulnérables que d’autres. Les profils déjà fragilisés psychologiquement ou souffrant de pathologies physiques et mentales ressentent ces variations de plein fouet. Pour eux, il devient « beaucoup plus compliqué de réguler leur système nerveux ».
Le piège de la performance constante
Le vrai problème ne serait pas la pluie, mais notre refus de ralentir. Notre société nous pousse à produire la même énergie toute l’année, ce qui est biologiquement absurde. Jessica souligne : « Le soleil nous invite à aller vers l’extérieur… La pluie, le mauvais temps, l’hiver nous invitent à revenir vers notre intériorité ».
Un retour à soi parfois inconfortable. Être coincé chez soi, c’est devoir « faire face à ses ruminations, à soi-même, à des choses que l’on n’a pas forcément envie de voir ». D’où cette envie frénétique de s’occuper pour ne pas sombrer. Pourtant, la clé réside dans l’acceptation : « L’hiver, ce n’est pas possible d’aller aussi vite que quand il fait beau… C’est d’apprendre à ralentir aussi, sans pour autant perdre les pédales sur son planning ».
Kit de survie sous la drache
Puisqu’on ne peut pas commander un anticyclone sur Deliveroo, comment on gère ?
1. La lumière comme médicament
La luminothérapie reste l’arme fatale contre le Syndrome Affectif Saisonnier. Pour ceux qui se sentent en état de léthargie, Jessica conseille d’investir dans ces petites lampes spécifiques : « C’est quelques minutes par jour et ça fait vraiment sa différence parce qu’on vient augmenter son niveau de sérotonine ». Un conseil toutefois : demandez l’avis de votre médecin traitant pour choisir le bon modèle plutôt que d’acheter n’importe quoi dans le commerce.
2. « Less is more »
Au lieu de cumuler dix nouvelles résidences sportives à la mode, tenez-vous à ce que vous aimez vraiment. « Si j’adore aller courir, je vais continuer… mais ne pas tomber dans les injonctions de prendre soin de soi en faisant dix mille choses… On n’est pas des robots ». Réduisez vos activités et concentrez-vous sur une ou deux habitudes qui vous font du bien.
3. L’assiette stratégique
L’alimentation joue un rôle de bouclier. On mise sur la vitamine D et B. Vos alliés ? Les œufs, le poisson ou encore la patate douce pour ceux qui préfèrent les racines. Mais attention à ne pas culpabiliser si vous craquez pour de la comfort food : l’idée est de rester juste avec soi-même, sans forcer.
Pourquoi la pluie a (finalement) du bon
Et si on changeait de perspective ? Plutôt que de voir la pluie comme un incitateur à tourner en rond, Jessica nous invite à y voir une opportunité créative. « Il y a plein de choses qu’on peut faire durant cette période… cultiver son jardin intérieur, refaire son chez-soi, prévoir ses prochains projets pour le printemps-été ou concrétiser nos plants mis de côté. « C’est l’excuse en or pour se consacrer à soi sans ressentir cette pointe de culpabilité que l’on s’inflige dès que le soleil brille ».concrétiser vos projets mis de côté.
En fin de compte, la météo-sensibilité nous impose une discipline de fer : celle de la patience. En acceptant que notre jauge d’énergie n’est pas la même au mois de février qu’au mois de juillet, on s’autorise enfin le luxe de la lenteur, qu’il s’agisse de dévorer ce bouquin qui prend la poussière, de bricoler ou de s’octroyer une heure de sommeil supplémentaire.
L’ordonnance finale de Jessica ? « « L’hiver, ce n’est pas possible d’aller aussi vite… l’important est de s’en tenir à ce qu’on aime vraiment, et voir ce que ça nous fait. Si on sent que ça produit du bon, allez, on y va. ».
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