Brussels Pride : les adresses queer qui ont permis à la chanteuse Orlane de s’accepter - Charlotte Vanbever

Brussels Pride : les adresses queer qui ont permis à la chanteuse Orlane de s’accepter

Son univers musical est résolument queer et assumé. Parce qu’Orlane, de retour avec le titre « Amour Pluriel », se trouve et s’assume de plus en plus comme faisant partie de la communauté LGBTI+. Grâce à son entourage, une « safe place » qu’elle s’est construite, grâce aussi à ces lieux bruxellois qui lui ont permis de se « sentir bien ».
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Emma Birski

Quand on a entendu parler d’Orlane pour la première fois, c’était lors de la 9e saison de The Voice Belgique. C’était presque dans une autre vie pour cette jeune auteure-compositrice et interprète, diplômée de médecine. Elle s’est cherchée et, depuis, a réalisé un premier album, pour, aujourd’hui pouvoir dire, avec une nouvelle chanson très queer Amour Pluriel, se « trouver de plus en plus en tant qu’artiste et personne. Ces derniers temps, je me suis affirmée dans plein de choses, dans mon militantisme aussi. J’ai vécu beaucoup plus de choses et j’avais beaucoup de colère en moi. J’avais besoin de retranscrire ça de cette façon-là à travers mes chansons. Et ça me fait du bien, je me sens vraiment alignée quand j’écris des textes plus bruts, plus cash, sans me dire ‘Qu’est-ce que les gens vont penser si je dis ça ?’ Je m’affirme plus, en fait, tout simplement », nous confie-t-elle.

Son parcours, en cette journée de Brussels Pride, fait certainement écho chez beaucoup. L’acceptation de soi, en tant que personne queer, et l’affirmation de soi ensuite, comme faisant partie de la communauté LGBTI+, n’a été possible qu’une fois bien entourée. « Les gens desquels je m’entoure affirment hyper fort leur position, ils se battent pour la démocratie, pour l’égalité… Je voyais mes potes artistes aussi prendre la parole. Et, très connu ou pas, j’ai compris que notre voix à tous a de la valeur. Désormais, je m’affiche pas mal sur les réseaux aussi pour prendre la parole. Et là, pour Amour Pluriel, je me suis pris des commentaires de masculinistes, de fachos… Je vois encore tout le taf qu’il y a à faire, et ça me donne la niaque pour continuer à militer à travers ma musique et à travers mon groupe », continue Orlane.

Orlane prend désormais la parole, sans se cacher derrière des métaphores pour dire qui elle est, et sa fierté de faire partie de la communauté LGBTI+, et de combattre les clichés. « Queer, pour moi, est synonyme de liberté et de prendre sa place. Une place qui n’est pas dans les cases qu’on a l’habitude d’accepter. Ça peut être tellement de choses, comme l’amour pluriel. Ce n’est pas le polyamour, ce n’est pas que ça. Ce sont toutes les alternatives de soi, c’est être différent et hors normes et s’accepter comme ça. C’est ça pour moi être queer. Et évidemment, ça s’inscrit dans le fait de ne pas être hétéro mais, quand même, j’ai plein de potes hétéros que je considère quand même comme queer parce que leur relation hétérosexuelle est déconstruite. C’est beau parce que ça veut dire qu’on accepte toute une panoplie de personnes comme elles sont ».

La danse et le Cabaret Mademoiselle

Avant d’avoir ce discours assumé, cette détermination, il a fallu à la jeune artiste originaire de Philippeville (en province de Namur) et « montée à la capitale » pour tenter sa chance, se découvrir davantage, se sentir elle-même acceptée, ou, comme elle le dit, dans une « safe place ». C’est passé par plein d’endroits, parfois méconnus à Bruxelles, mais très fréquentés par la communauté LGBTI+, raconte-t-elle. « Le Cabaret Mademoiselle (à 1000 Bruxelles, NDLR) est très important pour moi, parce que c’est un des endroits qui m’a fait le plus de bien. J’y ai d’ailleurs fait la release party de mon premier album avec une des effeuilleuses du lieu. Il y a là plein d’artistes incroyables qui créent leurs tenues de A à Z, qui font des performances drôles, décalées. Puis, il y a des spectacles de drag queens. Et, aussi, du drag king ! Plein de trucs que les gens ne connaissent pas. Moi, avant d’arriver à Bruxelles, je ne connaissais pas ça. Il y a un autre endroit qui m’a aidée à me connaître, à m’affirmer, c’est mon école de danse, plus alternative, la Brussels Art Pole (à 1000 Bruxelles aussi, NDLR), où il y a des cours de strip, des cours de danse sensuelle au sol, de pole dance, des cours de heels… C’est tout ce qu’on incarne dans notre corps, et cela permet de retrouver confiance en soi à travers la corporalité, le mouvement ».

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