
Si vous suivez de près ou de loin l’actualité mode, vous n’avez pas pu y échapper. Entre deux vagues de Fashion Weeks traditionnelles, les grandes maisons de luxe plient bagage pour aller faire défiler leurs mannequins aux quatre coins du monde. Le nom de ces shows un peu particuliers ? Les défilés croisière.
À l’abordage !
Pour comprendre le concept, il faut remonter au début du 20ᵉ siècle. À l’époque, les clientes fortunées des maisons de haute couture s’offraient le luxe d’échapper au mauvais temps durant l’hiver en partant en croisière vers des destinations ensoleillées comme la Riviera, l’Égypte ou les Caraïbes. Le problème ? Les matières utilisées pour les collections d’hiver, comme la laine ou la fourrure, n’étaient pas franchement adaptées pour siroter un cocktail sur le pont d’un bateau. Les couturiers ont donc eu l’idée de créer une collection intermédiaire : des vêtements légers, simples et pratiques, pensés spécifiquement pour les climats chauds. C’est à ce moment que les collections « croisière » ou « resort » sont nées, ciblant alors un marché de niche très privilégié.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’avion se démocratise, les voyages vers le soleil deviennent accessibles à une nouvelle vague sociale, et les maisons de couture sentent la bonne affaire arriver. C’est l’explosion du glamour et de l’insouciance. Au fil des décennies, cette collection de mi-saison devient le miroir des tendances de l’époque.
L’influence bohème des années 70 impose les robes longues fluides et les caftans, avant que les années 80 ne cèdent à l’extravagance avec des bikinis taille haute, des lunettes surdimensionnées et des touches sportswear nées de la culture fitness. Les années 90 opèrent un virage radical vers un minimalisme, mené par des designers comme Calvin Klein, proposant des pièces fluides capables de passer de la plage, la journée, aux soirées mondaines. Enfin, les années 2000 marquent le retour du bling-bling et de l’opulence, largement propulsés par les célébrités photographiées en vacances dans des tenues de créateurs.
Aujourd’hui, les pièces présentées dans les défilés croisières sont créées pour une clientèle plus large, tout en proposant des pièces produites pour ce genre de défilé.

Préparez vos passeports
Ces shows d’un autre genre s’installent dans le calendrier entre avril et juin, juste avant la Fashion Week homme, en juin. Et comme ils sont totalement déconnectés des dates officielles, les créateurs en profitent pour s’offrir une liberté totale. L’objectif ? Faire voyager les invités, marquer les esprits et occuper l’espace médiatique au moment où on s’y attend le moins.
Pour ça, les maisons de luxe ne font pas les choses à moitié et investissent des spots spectaculaires. Cette année, Demna a loué Times Square pour Gucci (rien que ça ) ; Chanel s’est posé au Casino de Biarritz ; Dior, dans sa version hollywoodienne, a investi Los Angeles ; et Louis Vuitton s’est installé au musée The Frick Collection à New York. Des lieux uniques qui ne seraient pas utilisés pour la Fashion Week habituellement car ils présentent les collections automne/hiver et printemps/été à Paris.
Cependant, toutes les maisons ne peuvent pas s’aligner. Imaginez le fait de déplacer des centaines d’invités VIP à l’autre bout de la planète : cela doit demander un budget colossal. Ce club se compte donc sur les doigts d’une main : Chanel, Louis Vuitton, Dior et Gucci en sont les habitués absolus. D’autres maisons s’offrent le voyage en classe business de façon plus ponctuelle.

Ces collections présentées au printemps débarquent en boutique dès les mois de novembre et décembre. Pile à temps pour ceux qui ont la chance de s’envoler vers le soleil en plein hiver… La boucle est bouclée !
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