
Ce mercredi 4 mars 2026, Antonin Tron a dévoilé sa première collection pour Balmain, marquant le virage le plus attendu de la saison après quatorze ans de règne d’Olivier Rousteing. Le défi ? Faire oublier le maximalisme baroque du « Wonder Boy », le tout sans perdre l’âme de la maison.
Décryptage : le discount peut-il vraiment devenir chic ?
L’après Rousteing : l’heure de la détox
Là où son prédécesseur cultivait volontiers l’excès et les « épaules pagode », Antonin Tron a choisi une alternative audacieuse : un retour aux fondamentaux. Dans un espace brut du 14e arrondissement, décor culte du film À bout de souffle de Godard, le créateur de 42 ans a orchestré une transition toute en retenue.
Exit les carrures d’acier à base de perles et de broderies qui astreignaient les mannequins à une certaine rigidité. Antonin Tron libère le corps avec des coupes fluides et des tissus légers qui laissent respirer la silhouette.
Les 3 piliers du nouveau Balmain
Le créateur, formé à l’Académie Royale d’Anvers et passé par Louis Vuitton et Balenciaga, a fouillé les archives de 1946 et 1953 pour en extraire une modernité oubliée.
1. Le luxe sans tralala
Le créateur définit son style comme une « opulence minimale ». Il réinterprète le luxe de Pierre Balmain, autrefois destiné aux reines et intellectuelles, avec une sobriété nouvelle. Les robes cocktail sont fendues haut, mais le drapé, spécialité de Tron, vient sculpter le corps avec sensualité plutôt qu’avec provocation
2. Sauvage, pas tapageur
L’imprimé animalier, code historique de la griffe, ne cherche plus à se faire remarquer. Tigres, léopards et crocodiles sont brodés à la main sur des organzas translucides ou des manteaux riches en textures. Allure sauvage, mais surtout maîtrisée.
3. La veste pilote, nouvelle armure
Ancien leitmotiv de liberté chez le fondateur, la veste devient la pièce maîtresse du vestiaire d’Antonin Tron. En cuir impeccable ou en drap de laine structuré, elle accompagne la femme active qui cherche un vêtement portable, capable de passer du bureau à l’afterwork sans effort.
Alors, verdict ?
Les experts mode sont d’accord pour le dire : cette collection automne-hiver 2026-2027 ressemble davantage à un avant-propos qu’à une révolution brutale. Si l’influence de son passage chez Saint Laurent se fait parfois sentir dans les lignes acérées des tailleurs, Tron réussit à réaccorder la puissance de Balmain.
Comme Pierre Balmain qui avait le « courage de refuser » les révolutions trop bruyantes, Antonin Tron fait donc le pari de la longévité. En ne cherchant pas à briser les codes à tout prix, mais en les dépoussiérant plutôt avec une élégance pensée pour durer.
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