D’un côté, il y a Elvis Pompilio. Liégeois d’origine, créateur d’accessoires à la carrière internationale, il s’est imposé comme le roi de l’artisanat, de l’audace et de la fantaisie. Ses créations ont coiffé les personnalités les plus iconiques, de Madonna à Axelle Red, imposant au fil des années une vision du chapeau comme objet de désir. De l’autre, Virginie Morobé. La créatrice anversoise a construit une marque de souliers reconnaissable à son nœud, aussi iconique que copié, et à la justesse de ses modèles devenus, pour certains, des classiques.
À l’origine de leur rencontre, un ami commun et une envie partagée : réunir deux univers belges qui célèbrent l’allure, le savoir-faire et les accessoires capables de transformer immédiatement une silhouette. Alors que le duo planchait encore sur les derniers prototypes de cette capsule lancée à quelques jours du début de l’été, nous nous sommes invités dans l’atelier/boutique d’Elvis Pompilio à Ixelles. L’occasion d’évoquer avec eux leur vision de l’accessoire estival, les lieux de vacances qui les inspirent, mais aussi les valeurs qui les rassemblent.
Vous ne vous connaissiez pas avant d’entamer ce projet. Comment cette collaboration est-elle née ?Virginie Morobé : Tout est parti d’une matière : une toile de denim sur laquelle nos ateliers avaient embossé notre logo. Je souhaitais l’utiliser pour créer un sac d’été dans la droite ligne des accessoires de plage que nous avions lancés les années précédentes. Bernard Tournemmenne, consultant pour Morobe et ami d’Elvis, m’a dit que ça ferait des chapeaux incroyables. Je lui ai répondu… qu’il était fou. Moi, je conçois des souliers, pas des chapeaux. Pourquoi je me serais lancée dans une entreprise aussi périlleuse ? C’est là que Bernard m’a parlé d’Elvis que je considérais, sans le connaître, comme le plus grand créateur de chapeaux en Belgique. Elvis Pompilio : Je n’accepte que très peu de collaborations, mais en rencontrant Virginie, j’ai tout de suite su qu’on allait s’entendre (il sourit). V.M. : La grande inconnue de cette collaboration, c’était cette matière denim. Elle n’est pas simple à travailler. Nous avons combiné des panneaux rigides et d’autres souples ; ce qui a permis à Elvis de réaliser, une nouvelle fois, de vraies prouesses en termes de formes et de volumes.Qu’est-ce qui vous a donné envie de réunir vos univers ?V.M : Une collaboration réussie entre deux créateurs implique que chacun puisse s’exprimer comme il l’entend. Nous avons donné carte blanche à Elvis dans le sens où il a travaillé sur cinq modèles emblématiques de son univers, dont le modèle cow-boy, probablement le plus iconique de tous – car popularisé par Madonna. C’est aussi le plus difficile à fabriquer. E.P. : Il faut en moyenne huit heures pour en façonner un seul. La particularité de cette capsule c’est qu’elle est totalement artisanale. Pas juste les prototypes ; l’ensemble des cinq modèles proposés dans les boutiques Morobe passera entre mes mains. Contrairement à la majorité des chapeaux, y compris de luxe, qu’on trouve sur le marché, ceux-ci présentent de légères imperfections propres à une fabrication manuelle.Aviez-vous une envie commune pour cette capsule ?E.P. : Nous souhaitions créer une série de pièces intemporelles dans le sens le plus noble du terme. Pour nous, le luxe doit être synonyme de qualité, de confort et d’accessibilité. V.M. : Aujourd’hui, les jeunes générations ne sont plus dupes. Elles ne veulent plus d’un luxe hors de prix qui ne dure qu’une saison. Elles souhaitent qu’on leur raconte de vraies histoires. De toute façon, je ne peux pas faire autrement que de rester fidèle à mes codes. Je sais que c’est pareil pour Elvis.Retrouvez l’interview dans son intégralité sur www.lesoir.be et dans votre So Soir samedi prochain en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.