
Cette année encore, la Fête de la Musique déroule une programmation tentaculaire. Plus de 500 concerts, des dizaines de villes participantes et une seule difficulté : choisir où poser sa chaise pliante, son verre ou ses oreilles. Voici les coups de cœur de la rédaction.
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1. Pour vivre Bruxelles comme un mini-festival : le Cinquantenaire
Si la Fête de la Musique avait un quartier général, ce serait probablement celui-ci. Pendant deux jours, le Parc du Cinquantenaire se transforme en mini-festival avec différentes scènes, des foodtrucks, des musées ouverts aux performances et même un improbable tournoi international de chaises musicales.
Vendredi, les amateurs de guitares pourront se perdre dans les déflagrations kraut de La Jungle, les envolées psychédéliques de Gros Cœur ou le noise abrasif de Dame Area. Samedi, changement de décor : Swing, Caballero & JeanJass, Lovelace ou encore l’Italienne Ele A prennent le relais.
2. Pour les amoureux des lieux improbables : les récitals d’orgue d’Arlon
Loin des scènes géantes et des basses, Arlon propose quelque chose de plus insolite : un voyage entre les orgues de trois églises de la ville. Le temps d’une soirée, les églises du Sacré-Cœur, Saint-Donat et Saint-Martin se transforment en salles de concert.
3. Pour celles et ceux qui aiment les friches, les bières et les amplis : Charleroi
Impossible de parler de musique en Wallonie sans évoquer Charleroi. Entre le Rockerill, l’Eden, le Vecteur ou encore la MJ La Broc, la ville déploie l’une des programmations les plus généreuses du pays. Rock, rap, électro, métal, classique, punk flamand : l’affiche ressemble à une playlist Spotify après trois cafés.
Mention spéciale aux Apéros Industriels du Rockerill. Peu d’endroits réussissent aussi bien à faire cohabiter patrimoine industriel, musique électronique et ambiance de début de week-end.
4. Pour une parenthèse verte : l’Arboretum de Braine-le-Comte
À l’Arboretum, dans le Bois de la Houssière, la musique se vit sous les arbres. On y croise le blues habité de Thomas Frank Hopper, le rock hypnotique de La Jungle ou encore les Bernadette Maries et leur shoegaze aérien. Entre deux concerts, on pique-nique, on s’allonge dans l’herbe, on regarde les enfants courir entre les ateliers. Une version particulièrement douce de la fête.
5. Pour découvrir la ville autrement : Namur
Pendant quatre jours, Namur devient un terrain de jeu musical géant. Des concerts gratuits apparaissent dans le centre-ville, à la Citadelle, à Bomel ou à Jambes. Une trentaine de rendez-vous où se croisent artistes confirmés et jeunes talents, DJ sets et concerts live. Le meilleur plan ? Ne pas trop regarder le programme et se laisser porter.
6. Pour se rappeler ce que la musique peut encore faire : les concerts en prison
C’est sans doute l’initiative la plus forte du week-end. Depuis deux ans, l’association CAAP Culture fait entrer la Fête de la Musique dans plusieurs établissements pénitentiaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette année, des groupes comme Kumbelé, Zinne Kabar, Achille & Tmoin ou encore un trio flamenco se produiront derrière les murs des prisons de Saint-Gilles, Mons, Huy ou Haren. Une manière de rappeler que la musique n’est pas seulement un divertissement, c’est aussi un lien.
Le plus beau programme ? Celui qu’on n’avait pas prévu. La Fête de la Musique est l’un des rares événements qui résiste encore à la logique du rendement. Pas besoin de billet hors de prix, de bracelet VIP ou de line-up international pour vivre un bon moment. Et si c’était ça, finalement, le vrai luxe de juin ? Se laisser surprendre.
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