Choupette, la chatte de Karl Lagerfeld, serait sur la paille - Choupette attend toujours le pactole que Karl Lagerfeld lui aurait réservé. - Camille Vernin

Choupette, la chatte de Karl Lagerfeld, serait sur la paille

Présentée comme la chatte la plus riche du monde, Choupette, digne héritière de Karl Lagerfeld, n’aurait pourtant jamais touché l’héritage que son maître lui aurait destiné. Retour sur ce feuilleton improbable.
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Instagram @choupetteofficiel

Elle a mangé dans de la porcelaine, voyagé en jet privé, posé pour les plus grands et inspiré plus de fantasmes d’héritage que les quatre saisons de Succession réunies. Choupette, la chatte adorée de Karl Lagerfeld, a longtemps été présentée comme l’animal le plus riche du monde. Celle qui disposait de deux femmes de chambre et dont chaque fait et geste étaient consignés dans des carnets manuscrits n’aurait pourtant pas touché un centime de son supposé héritage.

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La chatte qui valait des millions

Du vivant de Karl Lagerfeld, Choupette était moins un animal de compagnie qu’une muse à moustaches, une Greta Garbo féline installée au centre d’un empire estimé à près de 200 millions d’euros. L’histoire elle-même relève presque du conte. Choupette appartenait à l’origine au mannequin Baptiste Giabiconi, qui l’avait confiée au couturier pour quelques jours pendant les fêtes de fin d’année 2011. Le problème ? Karl Lagerfeld en tombe immédiatement amoureux et refuse pratiquement de la rendre. « Je ne pensais pas pouvoir tomber amoureux d’un animal comme ça », dira-t-il plus tard.

Le créateur ne cachait rien de son adoration. Il disait d’elle qu’elle était son « seul grand amour », qu’elle avait deux femmes de chambre, mangeait à table dans sa propre vaisselle et menait une vie plus confortable que 99 % de l’humanité. Très vite, Choupette s’impose comme un personnage public. Elle pose pour des magazines, inspire plusieurs livres, apparaît dans des campagnes de publicité et devient un objet de fascination mondiale. En 2014, Lagerfeld affirmait même qu’elle avait généré près de trois millions de dollars grâce à diverses collaborations. À l’époque, peu d’influenceurs humains pouvaient en dire autant.

L’héritière qui n’a rien hérité

À la mort de Karl Lagerfeld en 2019, la rumeur enfle : une partie de sa fortune aurait été prévue pour Choupette. Certains médias évoquent 1,5 million de dollars, d’autres davantage. Le genre de somme qui donne soudain envie de s’intéresser de plus près au droit successoral chez les animaux. Sauf qu’en France, un chat ne peut pas hériter directement. Peu importe qu’il soit ultra-photogénique ou qu’il ait rencontré Naomi Campbell.

L’argent destiné à Choupette devait donc passer par un humain. En l’occurrence, Françoise Caçote, ancienne gouvernante de Lagerfeld, aujourd’hui gardienne officielle de la chatte. Mais selon les déclarations qu’elle a faites à The Atlantic, ni elle ni Choupette n’auraient reçu quoi que ce soit à ce jour.

C’est d’ailleurs elle qui faisait partie des deux employées chargées de s’occuper de Choupette du vivant du couturier. Chaque jour, elles tenaient un véritable journal intime de la chatte, notant ses repas, ses humeurs, ses siestes ou ses caprices afin que Lagerfeld sache exactement ce qu’il avait manqué pendant ses absences. La chatte la plus riche du monde vivrait donc, pour l’instant, grâce aux soins de sa gouvernante, qui dit travailler à temps partiel pour subvenir à ses besoins.

Un imbroglio juridique

L’affaire est complexe. En réalité, la succession Lagerfeld serait prise dans un nœud de litiges fiscaux, de contestations juridiques et de zones d’ombre. Le testament du créateur n’étant pas public, personne ne sait précisément qui devait recevoir quoi. Plusieurs proches auraient été cités comme bénéficiaires potentiels : assistants, mannequins, collaborateurs, filleuls. Et, au milieu de ce casting très mode, Choupette.

Selon plusieurs médias, un mystérieux plaignant contesterait même aujourd’hui la validité du testament. Si celui-ci venait à être annulé, l’héritage pourrait être redistribué autrement, notamment vers des membres de la famille Lagerfeld.

Une diva, mais pas un distributeur de billets

Depuis la mort de son maître, Choupette continue pourtant d’exister médiatiquement. Elle apparaît dans des campagnes, collabore avec des marques triées sur le volet et conserve une aura unique dans l’imaginaire mode. Mais son agent, Lucas Bérullier, l’a rappelé à The Atlantic : les montants d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux de l’époque Lagerfeld. Quand Choupette rapportait des millions, les marques achetaient aussi le nom Karl, sa direction artistique et tout le mythe qui allait avec. Sans lui, la chatte reste célèbre, mais elle ne vaut plus exactement la même chose.

Ses apparitions sont d’ailleurs strictement encadrées. Temps limité sur les shootings et bien-être prioritaire. Selon son agent, certaines séances photo prévoient même un chat remplaçant au cas où la star du jour déciderait de bouder.

La fin d’un mythe

Pendant des années, Choupette a été plus qu’un animal de compagnie, le dernier caprice sublime de Karl Lagerfeld. Elle voyageait mieux que la plupart des humains et flottait au-dessus du monde réel, entre sacs de griffe, jets privés et coussins siglés impeccables. Puis Karl est mort. Et à la place des campagnes glamour et des déclarations d’amour extravagantes, il y a eu les avocats, les impôts, un héritage bloqué et une gouvernante qui essaie simplement de tenir la promesse faite au couturier : que Choupette ne manque de rien.

L’an dernier encore, la chatte a rappelé qu’elle restait une diva. Kim Kardashian avait pour ambition de l’emmener au Met Gala consacré à Karl Lagerfeld. Après une rencontre organisée à Paris, le projet a finalement été abandonné. Selon plusieurs témoignages, Choupette aurait accueilli Kim K à coups de sifflements et de grognements, refusant de se laisser approcher. Une réaction parfaitement cohérente avec une chatte qui a toujours considéré les humains comme du personnel finalement.

Alors non, elle n’est sans doute pas à plaindre. Elle serait aimée, protégée, choyée. Mais son histoire prouve que même quand on s’appelle Choupette Lagerfeld, on finit toujours par être rattrapé par les détails moins glamour du quotidien : le fisc, les délais et les notaires. Karl aurait probablement trouvé ça d’une vulgarité absolue. Choupette, elle, s’en fout très probablement.

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