L’histoire du Thermae Palace débute en 1856, lorsqu’est découverte, lors du forage d’un puits artésien, une source d’eau minérale dans le parc Léopold Ier. C’est là qu’émerge l’idée de faire d’Ostende une station thermale, qui pourrait rivaliser avec les autres destinations du genre en Europe. Désireux de faire de la ville « la reine des stations balnéaires », le roi Léopold II encourage alors vivement l’initiative. Un institut thermal venait en effet compléter son plus vaste projet de modernisation de la ville, qui incluait, entre autres, la construction de nombreux bâtiments comme le Casino, l’hippodrome Wellington ou encore les Galeries Royales. En 1905, tout était d’ailleurs sorti de terre… sauf la station thermale.
Première pierre
Malgré plusieurs propositions ambitieuses, il faudra en effet attendre le début des années 1920 pour que cela bouge vraiment. En 1929, les plans des architectes français Flegenheimer, Bard et Garella, en collaboration avec l’architecte ostendais André Daniels, sont approuvés pour la construction du Palais des Thermes. L’entrepreneur Van Coillie réalise l’ensemble en 18 mois. La piscine ouvre en avril 1933 et, le 28 juin suivant, le roi Albert Ier et la reine Élisabeth inaugurent le complexe, qui regroupe un hammam, des bains, des salles de massage, et bien sûr, une piscine et un hôtel de luxe.

De style Art déco, le bâtiment s’intègre directement aux Galeries Royales (celles-ci ont été édifiées en 1905 pour relier le Chalet Royal à l’hippodrome Wellington tout en protégeant les promeneurs du vent et de la pluie). Long de quelque 400 mètres, l’ensemble s’impose d’emblée comme l’un des symboles d’Ostende. Le Thermae Palace occupant sa partie centrale.
Déclin et renaissance
Malgré son prestige, le Palais des Thermes connaît rapidement des difficultés. Son exploitation se révèle coûteuse et le modèle économique peine à trouver son équilibre. Comme d’autres grands établissements de luxe de la côte belge, il souffre des mutations du tourisme et des conséquences des crises économiques. L’arrivée de la Second Guerre mondiale vient sonner le glas : le complexe ferme ses portes !
Il faudra attendre les années 1970 et 1980 pour que le site retrouve une nouvelle vocation. D’importants aménagements et transformations le métamorphosent en un hôtel moderne pouvant accueillir notamment des congrès. L’ancienne piscine est par exemple réaménagée en salle de conférences. Vestiges du passé : des garde-corps métalliques ornés d’un motif losangé, portant les initiales « E » et « A »… en référence à la reine Élisabeth et au roi Albert 1er.
De nos jours
Depuis plusieurs années, les autorités flamandes, la Ville d’Ostende, la société publique PMV et l’exploitant Restotel travaillent à un vaste plan de sauvegarde de tout le complexe. Comprenez : les Galeries et l’hôtel. L’objectif est à la fois de préserver un patrimoine exceptionnel tout en garantissant un avenir économique viable à l’hôtel. Le gouvernement flamand a renforcé son soutien financier au projet, avec plusieurs dizaines de millions d’euros destinés à la rénovation du Thermae Palace et des Galeries Royales. Selon les informations communiquées par la Ville d’Ostende en juin 2026, les travaux des Galeries Royales devraient être largement achevés d’ici la fin de cette année. La rénovation complète du Thermae Palace, quant à elle, devrait démarrer dans la foulée. Affaire à suivre donc…

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