ll est à Knokke en ce moment, Axel Chay est le nouveau phénomène du design
Fort de ses collaborations très buzz avec Heineken et Monoprix, Axel Chay est l’un des designers français les plus en vue de sa génération. Derrière ses objets déjà cultes se cache pourtant une philosophie simple : créer des pièces pointues, mais pas élitistes. Alors qu’il amorce une collaboration avec la Passé Simple Vintage Gallery à Knokke, nous l’avons rencontré dans son atelier.
ParMarie Honnay,
PhotoRobin Elkoubi
À deux pas de L’Estaque, dans un quartier outsider de Marseille, Axel Chay nous reçoit chez lui. Enfin, presque. Car ce QG est un atelier qu’il partage avec son frère Aimeric, l’artiste du duo, mais aussi un bureau où le rejoint parfois son épouse Melissa qui l’épaule sur le volet Direction Artistique du Projet, ainsi qu’un showroom. C’est dans cette salle de jeux pour adultes que prennent forme les objets de la jeune marque en plein essor. Le designer nous installe derrière son bureau en palissandre, l’une de ses pièces en édition limitée. Sur la table, une mouette empaillée. À gauche, un bar secret caché derrière une porte miroir. Le décor est planté.
En quoi Marseille a-t-elle façonné votre regard de designer ?
Je ne suis pas né à Marseille mais à Nîmes. Je me suis réinstallé ici il y a une quinzaine d’années, après mes études de commerce. C’est une ville bouillonnante, mais elle ne l’a pas toujours été. Quand on était adolescents, on préférait sortir à Aix-en-Provence. Aujourd’hui, l’énergie est complètement différente. Il y a plein de galeries, de lieux atypiques… Je pense notamment à Curios (curios-store.com), un cabinet de curiosités tenu par un ami de mon frère. Je ne me vois pas vivre ailleurs qu’ici, au bord de la mer. La Méditerranée, c’est ma maison.
Votre travail s’inspire de l’énergie de Marseille ?
Peut-être, mais de manière très instinctive. Est-ce que notre vert signature vient des conteneurs du port ? C’est possible. On n’invente jamais rien.
Designer, c’est un métier branché. Vous, quel est votre moteur ?
Je n’ai jamais eu envie de me cantonner à un style ou à un domaine en particulier. Ce qui m’anime, ce sont les rencontres, avec des gens comme avec des savoir-faire. À Knokke, nous présentons une nouvelle série de pièces très exclusives réalisées dans notre fonderie, au sein de l’atelier. Mais je suis tout aussi fier de nos appliques Coquillage. Nous les fabriquons en staff avec des artisans toulonnais qui perpétuent un métier presque disparu. Elles restent suffisamment abordables pour que les gens puissent se les offrir. J’aime justement ce mélange entre des pièces très artisanales et d’autres plus accessibles.
Dévo, le premier lieu décoré par le designer et son épouse Melissa dans le très branché 7ème arrondissement de Marseille. - Mathilde Hiley