Hiba Tawaji et Ibrahim Maalouf : « Il y a un truc un peu inné de vouloir donner du sens à l’existence » - Charlotte Vanbever

Hiba Tawaji et Ibrahim Maalouf : « Il y a un truc un peu inné de vouloir donner du sens à l’existence »

Qu’est-ce qui fait l’élégance d’un couple ? Mieux, celle d’un couple d’artistes ? En rencontrant Hiba Tawaji et Ibrahim Maalouf, on partait en quête d’une réponse. On est reparti avec plusieurs, et la certitude d’avoir un peu partagé de l’histoire d’un duo où professionnel et personnel s’entremêlent sur fond d’une musique douce à l’oreille.
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Arno Lam

« On est une entité », nous disent-ils, au diapason. Ils sont beaux et le manque d’heures de sommeil (ils atterrissaient quelques heures plus tôt d’un vol en partance de Montréal) n’influe pas sur leur douceur et leur courtoisie. C’est ce qu’on perçoit, mais est-ce cela qui les a séduits l’un, l’autre ? Ibrahim plaisante : « On n’a pas le droit de dire des trucs physiques ? ». Hiba ne tergiverse pas : « Son éloquence, son charisme ». Il enchaîne : « Moi, c’est sa sensibilité. Je suis très touché par la sensibilité des gens. Et elle est très sensible ». Sur la pochette de leur album commun, c’est elle, la chanteuse, qui porte la trompette. « C’était instinctif, même si, esthétiquement, je trouvais que ça apportait quelque chose ». Hiba ne sait « pas du tout » jouer de la trompette. Son époux, lui, est un virtuose de cet instrument, capable de transcender les foules, avide de collaborations diverses (« c’est toujours ce qui me passionne et m’anime le plus »).

Elle, c’est sa voix qui résonne sans frontière (certains l’ont découverte il y a quelques années à The Voice – « un exercice d’humilité »- nous dira-t-elle, ou entendue, ébahis, lors de l’inauguration de la cérémonie de réouverture de Notre-Dame de Paris), star au Moyen Orient dont la sensibilité vient aujourd’hui charmer nos oreilles dans la langue de Molière, sur un album (À la française), reflétant une vision commune – « on voulait que ce soit musicalement cinématographique » – et leur amour de la chanson française, qui est né différemment chez chacun. « Le français fait partie de ma vie depuis mon plus jeune âge, en tant que Libanaise c’est ma deuxième langue. J’ai eu la chance de mener une carrière dans le monde arabe en chantant en arabe, mais je n’avais pas encore fait d’album en français. Je l’appréhendais parce que c’est très important pour moi, j’avais peur de ne pas aller aussi loin que les rêves que j’avais. Mais quand j’ai eu mes enfants, ça m’a libérée. Je me suis dit que si ça me plaisait, je devais le faire. Plus le temps passe, plus j’ai peur de ne pas avoir le temps de faire ce dont j’ai envie », confie Hiba, portée depuis toujours par les mots et la voix d’Aznavour (dont La bohème est d’ailleurs réinterprétée sur cet album). « Quand j’étais encore au Liban, la voix d’Aznavour me transportait en France. Là, j’habite en France depuis quelques années, et j’ai cette nostalgie de moi, dans ma chambre, voyageant au son d’Aznavour ».

Ibrahim, lui a été en contact très tôt avec les grands de la chanson française. Des rencontres comme des petits cailloux que la vie semait pour lui. « À l’âge de 11 ans, je jouais pour un mariage et j’ai rencontré Serge Gainsbourg. Tout le monde me disait que c’était un grand. Quelques années plus tard, je devais remplacer Michel Legrand – je me la raconte un peu (sourire) – au piano dans un club à Paris et Michel Jonasz était dans la salle et est venu me dire de continuer comme ça. Plus tard, alors que je jouais pour la chanteuse Lhasa de Sela (au début des années 2000, NDLR), Vincent Delerme est venu voir l’un des concerts et m’a demandé de partir jouer avec lui. Et tout s’est ouvert. Petit, j’adorais Goldman et Johnny, mais j’ai découvert avec Vincent - et en parallèle avec Matthieu Chedid - ce que voulait dire ‘chanson française’ ».

Professionnellement, Hiba et Ibrahim ne voient que des points communs entre eux... (...)

Album À la française. En concert le vendredi 18 décembre 2026 au Théâtre Royal de Mons.

Retrouvez ici l’interview d’Hiba Tawaji et Ibrahim Maalouf dans son intégralité en cliquant ici (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.

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