
Dans l’appartement parisien - « mais pas le mien, malheureusement », précise-t-elle - où elle nous reçoit, belle et avenante, l’ambiance est détendue, à mille lieues d’un cérémonial pompeux et distanciant que les stars des réseaux aiment mettre en scène, comme pour mieux asseoir leur pouvoir d’influenceur. Influente, très influente même, Gaëlle Garcia Diaz l’est, sans fioritures. Et ne cherche plus à le prouver. « J’ai eu tous les styles, toutes les tenues vestimentaires, toutes les façons de me maquiller. Jusqu’au jour où je me suis dit je m’en fous ». En quête permanente d’indépendance, elle s’est libérée du regard d’autrui, de celui des réseaux. Celui qui compte aujourd’hui, véritablement, c’est celui de ses enfants.
A 20 ans, elle était championne de poker, présentait des émissions à la télé. « Mais je rêvais d’être actrice de cinéma, comme beaucoup de jeunes filles. Bon, finalement, ça ne s’est pas transformé en une caméra de cinéma mais en une vieille G7X Canon dans ma salle de bain ». Ainsi allait naître Martine, le personnage qui a propulsé Gaëlle Garcia Diaz sur le toit de Youtube. Onze ans (et deux millions d’abonnés) plus tard, Martine est toujours drôle mais un peu plus subtile, sa provocation un tantinet vulgaire s’est adoucie et, désormais, elle prend un peu moins de place dans la vie de sa belge créatrice.
Ces derniers temps, c’est la casquette d’entrepreneuse, de patronne de Martine Cosmetics, que Gaëlle coiffe plus souvent. « Parce que c’est sérieux. Ce projet Totally Spice !, ce n’est pas juste un délire qu’on a en tête ; il y a une responsabilité financière (avec un investissement à hauteur de 1,4 million d’euros nous dira-t-il plus tard), on joue la carrière des gens, une entreprise », nous dit aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes de l’industrie belge des cosmétiques. « Mais Martine va revenir en force en 2027, accrochez -vous, ça va swinguer la galaxie ! », lâche-t- elle en reprenant l’intonation de son double déluré. Alors que la collection Totally Spies! qu’elle a imaginée, fidèle à la série animée, attise la convoitise du marché international, le personnage de Martine suscite la curiosité des internautes hilares au Brésil, aux Etats-Unis. « Et là, je me dis : pourquoi pas commencer à faire quelques contenus en anglais ? Même si ce n’était pas la démarche à la base ». Mais comme rien ne semble arrêter Gaëlle Garcia Diaz, ce coup de poker-là, elle pourrait aussi le réussir.
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