
Il y a deux semaines, nous vous parlions de Pierre Lewy, ce Bruxellois de 23 ans qui avait entrepris un parcours pour le moins insolite : réaliser Bruxelles-Tokyo à vélo. Peu de temps avant de partir, il lance son compte Instagram Pierrotcyclo où il raconte ses aventures. À l’heure où nous rédigeons ses lignes, il est suivi par 21.000 abonnés sur Instagram et près de 24.000 abonnés sur TikTok. Pierre s’était élancé le 27 mars dernier depuis Woluwe-Saint-Pierre où réside sa maman. Il revient ce samedi 3 octobre à Bruxelles.
Les paysages comme compagnons de route
Pierre a réussi son pari. Le Japon s’était imposé comme une évidence. « J’apprécie la culture nippone, notamment à travers les mangas et les animés ». Le jour de son départ, il confiait qu’il faisait ni trop chaud, ni trop froid. Pour son retour, il retrouvera une Belgique sous les nuages avec quelques éclaircies prévues. En six mois de voyage, il a parcouru environ 11.500 kilomètres. Son périple l’a emmené à la découverte de nombreux paysages qui sont devenus ces plus fidèles compagnons de route. Pierre a traversé l’Allemagne, la Slovénie, la Turquie, la Chine pour ne citer que ces pays. Il nous racontait avoir été touché par l’hospitalité des Turcs qu’il décrivait comme étant « complètement folle » et où on lui « cuisinait des repas de rois ».
Un tel parcours est fait de hauts et de bas. Il y a les rencontres enrichissantes et uniques comme ce ballet de montgolfières en Turquie, mais aussi des moments plus compliqués et délicats comme lorsque Pierre a entrepris une traversée du désert en Ouzbékistan. « Les températures étaient horriblement élevées ». Les seuls endroits où il pouvait s’abreuver en eau étaient les stations essence… séparées des unes des autres par une quinzaine de kilomètres, mais « pas un seul jour ne s’est écoulé sans qu’une voiture s’arrête pour me proposer une bouteille d’eau ». Vers le Tadjikistan, l’aventurier a dû se confronter à l’altitude.

Retrouvailles et souvenirs
Ironie du sort, Pierre nous confessait ne pas être un féru de vélo, ni même avoir déjà planté une tente ! Il s’était donc concocté un programme spécial pour partir dans les meilleures conditions. Sa préparation a débuté 80 jours avant le grand départ avec l’objectif de rouler 100 kilomètres par jour. Une fois sur les routes, le Bruxellois pouvait rouler jusqu’à huit heures chaque journée.
Ce samedi, Pierre retrouvera ses proches, dont ses parents qui l’ont soutenu dans ce projet dingue. Il se souvient du jour de son départ où plusieurs émotions se mélangeaient, entre soif d’aventure, adrénaline et tristesse. « J’ai essayé de garder la face, mais après quelques mètres à vélo, deux petites larmes ont coulé ». Des larmes couleront sans doute pour ce grand retour. « Quand je roule, j’ai le temps de penser à tout et à rien à la fois. Il m’arrive aussi de me poser des questions existentielles. Ces derniers temps, je pense à l’arrivée et je regarde en arrière » nous glissait le jeune homme au sujet de la solitude à vélo. Il a désormais franchi sa ligne d’arrivée et peut continuer de regarder en arrière, des souvenirs pleins la tête.

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