
Apprendre que ses propres parents viennent de finir la saison 2 des Carnets de l’Apothicaire ou de Frieren, est pour le moins étonnant. Pourtant de plus en plus de jeunes âgés entre 15 et 30 dressent ce constat. Cette tendance ne devrait pas autant surprendre quand on sait que les cinquantenaires d’aujourd’hui ont été biberonnés aux aventures d’Actarus (Goldorak), Albator et Capitaine Flamme dans les années 1980.

Le marché du manga, terreau du succès de la japanimation
Après une année de ventes sans précédent en 2021, le marché du manga est actuellement en chute libre en Belgique comme chez nos voisins français. Mais ce recul des ventes papier n’a aucunement entravé l’essor de la consommation d’animation japonaise. Au contraire, cette hausse spectaculaire des ventes de mangas en 2021 a pavé le chemin pour celle de la japanimation.
Si le fait de lire un ouvrage de droite à gauche et publié exclusivement en noir et blanc a longtemps découragé de nombreux lecteurs bien prompts à traiter le genre de trop « enfantin » ou « immature », l’animation japonaise est venue résoudre ce problème inhérent au format papier du manga. Avec la montée en puissance des séries, longtemps considérées comme un sous-genre du cinéma, l’idée de reproduire le schéma sériel pour la japanimation a fait son bout de chemin. Entre-temps, les films du studio Ghibli ont grandement pavé la voie en proposant des films d’une poésie et d’une profondeur spirituelles qui ont achevé de convaincre les spectateurs de la qualité que pouvait atteindre l’animation japonaise.

Les géants du streaming : acteurs prééminents d’une diffusion à grande échelle
Créée en 2006 par des étudiants de l’université de Californie à Berkeley, la plateforme de vidéo à la demande Crunchyroll, spécialisée dans l’animation japonaise, devient rapidement l’un des leaders dans ce secteur. De quatre millions d’abonnés payants en 2021 selon Statista, la plateforme est passée à 15 millions en 2024. Une explosion d’abonnements payants qui coïncide d’ailleurs avec le rachat de la plateforme par le géant japonais Sony.

À l’affût de la poule aux œufs d’or, d’autres titans du streaming comme Netflix se sont également lancés dans l’aventure de l’animation japonaise. Producteurs de l’adaptation en live action de la saga One Piece, Netflix s’est également arrogé la diffusion de l’animé à partir de sa saison la plus récente : l’arc d’Egghead. D’autres gros succès manga adaptés en animés ont rejoint le large catalogue de Netflix France, comme Frieren, Les Carnets de l’Apothicaire, Dan Da Dan, Jujutsu Kaisen…
Non content de se contenter de la diffusion, Netflix a également commencé à produire à partir de 2017 ses propres séries originales d’animation japonaise ou des séries d’animation inspirées de la japanimation. Les séries Castlevania et Castlevania Nocturne, pourtant sorties de studio américains en sont l’exemple parfait. Adaptées des jeux vidéo japonais du même nom, ces deux sagas reprennent visuellement tous les codes de l’animation japonaise : traits fin des personnages, nez pointus, character designs idéalisés… Toute la recette à succès de la japanimation y est incorporée. Reste à savoir jusqu’où ira ce phénomène.
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