
En 1950, Colette Pierret a 19 ans et un rêve : celui de devenir Miss Paris. Ses parents ne partagent pas son enthousiasme. Qu’à cela ne tienne, elle prend un pseudo - Maria Galland - et devient la plus belle femme de la capitale. Avec ses cheveux courts, son allure typiquement parisienne, son corps de danseuse et son teint parfait, elle a tout pour réussir. La belle aurait évidemment pu se contenter de briller en société. Mais comme Coco Chanel, autre figure mythique de cette période préféministe, Colette choisit de bousculer l’ordre établi. En 1962, sous son nom d’emprunt, cette passionnée de beauté imagine une crème qui, très vite, devient iconique. En 2026, on utiliserait le terme « viral » pour qualifier ce soin de nuit ultra-riche dont la composition est restée inchangée jusqu’en 2025.

Une peau saine, aussi de l’intérieur
Dans les années 60, la femme se libère peu à peu. Gabrielle Chanel l’a depuis longtemps convertie au port du pantalon et d’autres vêtements conçus pour bouger librement. Pour accompagner ses routines de soin, Maria Galland, danseuse passionnée, propose quant à elle une approche globale qui comprend aussi des conseils nutritionnels et sportifs. Au cœur de son institut parisien, toujours en activité, elle avait installé une salle de danse. Entre deux soins, cette pionnière dans l’anti-âge raisonné s’y rendait pour inciter ses clientes à bouger. La danse : un leitmotiv qui a d’ailleurs inspiré toutes les gestuelles de soin du label. Un soin Maria Galland, c’est un soin durant lequel vous avez l’impression que deux paires de mains dansent sur votre visage selon une chorégraphie parfaitement rodée.
Haut le masque
Parmi les valeurs chères à l’entrepreneuse figurait aussi la gestuelle des esthéticiennes qui mettent en œuvre ses différents rituels signature. Le célèbre masque autochauffant qu’elle imagine dès le lancement de la marque rivalise, aujourd’hui encore, avec les techniques dites « novatrices » qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Comme nous avons pu le découvrir lors de ce reportage au QG belge de la marque, là où les esthéticiennes se forment aux rituels signatures Maria Galland, les techniques 100 % manuelles demeurent au cœur du concept. Chez Maria Galland, on sculpte le visage des femmes à coups de massages et de techniques non invasives ; celles qui ont fait leur preuve depuis six décennies et qui, après des années de dérives cosmétiques, rassurent les consommatrices en perte de repères.

L’heure du changement
Mais qui dit perdurer dans le temps, dit aussi renouvellement. Sans tourner le dos à l’univers imaginé et créé par cette ex-Miss Paris aux grandes ambitions, la marque a récemment opéré un petit lifting de l’iconique « numéro 5 », sa crème signature. Pour répondre aux désirs des beautista 3.0, exit les parfums trop présents et certaines composantes désormais « peau-non-grata ». Si la nouvelle crème numéro 5 a conservé son côté réconfortant, elle est désormais enrichie d’une cire d’abeille garantie éthique et fairtade. Alors qu’une nouvelle génération de clientes surinformées court après les dernières innovations qui inondent les réseaux, la marque française met un point d’honneur à conserver sa ligne directrice : l’élégance parisienne, le diagnostic de peau personnalisé et l’absence de fausses promesses.

Skin Reset
Si les nouveaux rituels Maria Galland se veulent simples et directs (comprenez : moins compliqués à mettre en œuvre au quotidien par les femmes actives), la marque répond aussi, l’air de rien, aux problématiques rencontrées par des consommatrices surexposées qui redécouvrent que la peau n’est pas un terrain de jeu, mais bien un capital à préserver.
Pour elles, Maria Galland poursuit ses recherches autour des rituels de nettoyage. La preuve avec un autre soin phare : le masque numéro 2 qui nettoie la peau chaque matin sans la décaper comme peuvent le faire certains produits tendance. Et si c’était ça, finalement, le secret de Maria Galland ? Le fait de s’adresser à une femme qui, comme les clientes de Coco Chanel à l’époque, a compris que certains chiffres ont de l’importance, mais certainement pas ceux qui s’affichent sur notre carte d’identité.
On passe de la beauté à la mode avec en vidéo notre interview avec Loïc Prigent :
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