Quand la mode devient virale

Micro-accessoires, volumes XXL, robes à message... De plus en plus de pièces présentent un potentiel viral sur les réseaux sociaux. Explications.

PAR CORA DELACROIX. PHOTOS D.R./ CATWALK PICTURES |

Sur le podium, malgré sa taille minuscule, on ne voyait que lui. Présenté lors de la Paris Fashion Week automne-hiver 2019, le sac Petit Chiquito de Jacquemus est si riquiqui qu’il ne se porte pas à l’épaule, mais au doigt ou autour du cou, tel un pendentif. Ce qu’il peut contenir ? Une clé USB ou un bonbon à la menthe, ont raillé des utilisateurs sur Twitter.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Can they be any cuter?!?🧡💕🧡 #minichiquito #jacquemus #personalshopping #microbag

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Sur Instagram, le modèle – au prix de 215 euros – a déjà atteint le statut de it-bag. Un succès qui ne surprend pas Alexandra Jubé, fondatrice du bureau de style qui porte son nom : "Tout ce qui peut provoquer de la viralité est ultra-recherché par les marques. Une pièce emblématique comme celle-ci va faire irradier la marque de manière plus générale." Il faut dire que le créateur français de 29 ans maîtrise à la perfection l’art de la mise en scène sur Instagram.

Mèmes et désacralisation

Depuis quelques saisons, de plus en plus de designers proposent des pièces présentant un fort potentiel de viralité sur la toile. Ainsi, chez Y / Project, le Belge Glenn Martens proposait cet été une drôle de culotte échancrée en jean.

Chez Balenciaga, Demna Gvasalia commercialisait des chaussures en caoutchouc à plateforme en collaboration avec Crocs, marque jusqu’alors considérée comme le comble du mauvais goût. Lors de la semaine couture pour le printemps-été 2019, la collection Viktor & Rolf était composée de robes en tulle XXL ornées de messages pop tels que “Pas de photos s’il vous plaît” ou “Je ne suis pas timide, je ne vous aime pas”. Résultat : les images du show sont immédiatement devenues des “mèmes”, soit des phénomènes massivement repris sur la Toile. Une manière pour les designers d’émerger parmi un océan de contenus sur les réseaux sociaux, et de toucher un public très hétéroclite et connecté.

"On assiste également à une désacralisation des produits de luxe", poursuit Alexandra Jubé. "On consomme des symboles : il y a une forte culture de l’initié dans la mode, qui va de pair avec la culture du mème. L’élitisme émane de là, davantage que d’un design exceptionnel." Sur Instagram, certains comptes parodient d’ailleurs des silhouettes fashion à coups de collages hilarants. Parmi eux : les très suivis @Siduations ou @HeyReilly, dont chaque post récolte des milliers de likes. Ou quand la mode devient “mème-compatible”.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A Piece of Fruit 🍊 More Halloween costume ideas in highlights 🎃 #halloweencostumeideas #dionlee #siduations

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