Trois estaminets qui ont su garder leur âme d’époque à Bruxelles

Tartines au fromage blanc et radis, tartes, bières spéciales… notre capitale regorge de lieux à boire et à manger que les Bruxellois connaissent mieux sous le nom d’estaminets. Devenus des incontournables de la ville, ils sont des lieux de rendez-vous par excellence. Découvrez nos adresses préférées, qui s’éloignent des lieux trendy dont nous avons l’habitude de vous parler, mais qui ont le mérite de refléter le pur esprit bruxellois. 

Par Anissa Hezzaz. Photos : D.R. |

Dès la seconde moitié du 19e siècle, des restaurants et cafés-laiteries se développent aux abords de Bruxelles : d’Evere à Boitsfort, en passant par Auderghem ou Forest, ils investissent les entrées de ville et les abords des gares ou l’orée des bois. Ces adresses, que l’on nomme communément « estaminet » deviennent vite des lieux de rendez-vous incontournables. Venant du wallon, l’estaminet trouverait son origine dans le mot "estaminé", ou "estaminea", qui désigne une salle munie de poteaux de soutènement, caractéristique des salles de cafés, de bars de Wallonie et se différencie des « caberdouches », des cafés réputés pour être moins bien fréquentés. Certains disent que l’origine de l’estaminet viendrait de « Stamm » en néerlandais, qui désigne l’endroit où se trouver ou encore de l’espagnol « Esta un minuto », un lieu où on passe rapidement boire un verre. Qu’importe son origine, aujourd’hui, l’estaminet fait partie du vocabulaire bruxellois.

De l’estaminet populaire au café bourgeois, tout le monde s’y presse pour déguster sa pils ou sa lambic, accompagné bien sûr d’une fameuse tartine au fromage blanc et au radis.Vers la fin du siècle, on compte à Bruxelles un estaminet pour treize ménages. Aujourd’hui, certains subsistent encore et ont réussi à garder leur âme de bistrot d’époque. Zoom sur quelques-uns d’entre eux à l’authenticité bruxelloise. 

La Laiterie à Linkebeek

Loin des lieux tendance du centre-ville, la Laiterie est un estaminet situé aux abords du Bois de la Cambre. Ici, le vieux comptoir, les poutres apparentes et les banquettes en bois reflètent l’histoire de ce bistrot-bar d’époque. Et si dernièrement l’établissement s’est offert un petit lifting rendant l’espace plus lumineux, ils ont su préserver le cachet de cette bâtisse, notamment en conservant les murs d’époque et le carrelage désuet à l’entrée. Le patron, Julien Goldé, chaleureux et accueillant, et la cuisine, gourmande et créative, sont les principales raisons pour lesquelles les clients sont si fidèles à ce lieu. Dans l’assiette, on retrouve les grands classiques de la cuisine belge, comme les carbonnades à la flamande, les frites fraîches cuites à la graisse de bœuf ou encore les croquettes de crevettes et l’os à moelle. Mais ce qui fait surtout la renommée de ce restaurant, c’est la cuisson sur braise végétale si particulière qui confère à la viande un goût si particulier. 

La Laiterie, Chaussée d’Alsemberg, 3 à 1630 Linkebeek.

La Bécasse au centre-ville

Ouvert à la fin du 19e siècle, en 1877, la Bécasse est l’un des plus vieux estaminets de Bruxelles, mais il n’est pas pour autant le plus facile à trouver. Planqué au fond d’une petite ruelle à quelques pas de la Grand-Place et de la Bourse, il est à la fois rustique et jovial. Cet estaminet était à l’époque l'une des haltes favorites des diligences en provenance des quatre coins de la Belgique et conserve aujourd’hui son ambiance si typique du siècle précédent. On aime s’y rendre pour déguster une bière au fût comme les incontournables Lambic doux (Jeune gueuze douce et ambrée) , Lambic blanc, servirent au 1/2 ou au litre dans des brocs en terre cuite émaillée. Dans l’assiette, les fameuses Platte Kaas, les tartines bruxelloises, les Potkaas (une déclinaison de la tartine bruxelloise à base de fromage banc et fromage de Bruxelles) ou encore de tête pressée et des cervelas. 

La Bécasse, 11, rue de Tabora, 1000 Bruxelles. 

Le Poechenellekelder au centre-ville

À deux pas de la Bécasse, et juste en face du Manneken-Pis, le Poechenellekelder est un haut-lieu de la vie bruxelloise. Si désormais de nombreux touristes s’y rendent, il n’en reste pas moins un lieu chargé de souvenirs et d’histoire. Il suffit d’y entrer pour avoir le regard attiré par les murs recouverts d'anciennes photos et de gravures donnant à l'endroit un charme authentique. Les amateurs de boissons maltées y trouvent leur bonheur grâce à la carte des bières fournie, et le choix en matière de trappistes, de bières blondes et brunes. Et quoi de mieux pour se mettre dans l’ambiance que d’accompagner sa mousse d’une tartine de fromage belge, au bleu des moines, au fromage d’Orval ou au Maredsous ? 

Le Poechenellekelder, 5 rue du Chêne, 1000 Bruxelles. 

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