Vous pouvez découvrir les plus belles collections du Palais Galliera en ligne

Le Musée de la Mode de la Ville de Paris a mis à disposition les 257.750 pièces de ses collections. Fragiles et exceptionnelles, les 9 collections du Palais Galliera s’exposent chez vous. Voici à quoi vous attendre !

Par Mathilde Trocellier. Photos : D.R. |

Fermé depuis 2018 pour cause de rénovations et alors qu’il devait rouvrir avec une exposition dédiée à Gabrielle Chanel, le musée de la Mode de la Ville de Paris situé au Palais Galliera a dû rester fermé, confinement oblige.  En attendant sa réouverture prochaine, le musée a mis à disposition ses collections au travers de 9 expositions en ligne sur son site officiel. Voici ce que les visiteurs virtuels peuvent découvrir au détour de ces expositions insolites !

Les collections du Palais Galliera, ce sont avant tout 30 000 costumes, 35 000 accessoires, 30 000 images et 55 000 documents d’arts graphiques. On peut également y retrouver 250 poupées, 2 500 vêtements et accessoires de poupées et 5 000 pièces de sous-vêtements. La collection de photographies démarre dans les années 1870 et s’étend jusqu’à notre époque. Les pièces de haute couture et autres objets illustrent l’étendue du patrimoine du musée : corsage ayant appartenu à Marie-Antoinette, pièces de chez Balenciaga ou de chez Yves Saint Laurent … Chaque pièce des collections bénéficiant d’une explication détaillée de ce qu’elle représente, aussi bien visuellement que symboliquement. Le visiteur n’est pas au bout de ses surprises. Retrouvez toutes les collections ici.

Les costumes du XVIIIème siècle

Cette collection est l’une des principales du musée, regroupant près de 1600 pièces du Siècle des Lumières. Vêtements masculins et féminins, costumes d’enfants ou de théâtre, la collection met en scène la mode et l’industrie textile de cette époque. Ces costumes, tels des témoignages de la mode du Rococo et du passage de la mode au naturel qui succède à l’artifice, mettent en lumière la mode au temps de la monarchie. Cette collection, portée par des habits royaux ayant appartenu à la reine Marie-Antoine et au dauphin Louis XVII, illustre comment la mode évolue et s’implante à cette époque comme une nécessité à la cour, avec la « ministre de la mode » de la Reine mademoiselle Rose Bertin.  

Robe à la Française, vers 1750-1760. 

Les costumes du XIXème siècle 

Véritable leçon d’Histoire, les 5 300 pièces conservées dans ce département retracent l’histoire de la mode alors que la France est en perpétuelle évolution. Tiraillée entre la monarchie, la république et l’Empire, l’évolution de la mode témoigne des changements que connait la France. Le corps de la femme et ses habits deviennent symboles des changements politiques du pays. Le corps masculin n’est pas en reste, montrant l’influence grandissante de la mode anglaise et de la sobriété.  Finies les exubérances du siècle dernier, la mode est à l’élégance et à la tenue. 

Robe du soir, dite "robe aux Lys", Worth, vers 1896.

Première moitié du XXème siècle

Du début du XXe siècle à l’apparition du New-Look de Christian Dior en 1947, le département Mode de la première moitié du XXe siècle regroupe plus de 4 000 pièces. 
Cette collection accueille autant de griffes reconnues qu’il y a de créateurs : Chanel, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Chéruit, Doeuillet, Doucet, Nicole Groult , Jacques Heim, Lucien Lelong, Jeanne Lanvin, Molyneux, Paquin, Jean Patou, Paul Poiret, Redfern, Nina Ricci, Rochas, Schiaparelli, Suzanne Talbot, Madeleine Vionnet, Worth, Callo Sœurs… 
Les pièces de cette collection démontrent l’évolution qu’a connu le style féminin à cette époque : la coupe féminine devient garçonne, les robes sont raccourcies, c’est l’heure des Années Folles. Pour autant, l’élégance reste au travers des nombreuses robes du soir et du travail du détail que connait la mode à cette époque : la joaillerie se fait part entière de la mode, l’éloge du cœur étant appuyée par la perle alors très présente. 

Robe du Soir, Agnès, vers 1925.

Haute couture

Marquée par la nouvelle silhouette New-Look dessinée par Christian Dior en 1947, la mode devient Haute couture. Inaugurée dans les années 1950, la haute couture désigne un système de production vestimentaire de luxe, typiquement parisien, adressé aux femmes. Il s’agit alors de créer entièrement un vêtement aux proportions de la cliente dans les plus belles matières et les savoir-faire les plus exigeants. Cette collection regorge de plus de 7000 pièces, de près d’une trentaine de griffes différentes. Entre robes du soir, tailleurs et pantalons, la Haute couture touche à tout et transforme le corps des femmes. Entre admiration et discrétion, la mode est partout, mais reste unique. 

Tailleur, CHANEL, collection Printemps-Ete 1964.

Création contemporaine

Les pièces de cette collection illustrent le début du prêt-à-porter, que ce soit celui des couturiers ou celui des stylistes. Au travers de 7000 pièces des plus variées en termes de styles, formes, fonctions, cette collection fait revivre la mode de tous les jours des 60 dernières années.
Désormais, la mode n’est plus seulement une question de vêtement, elle devient un contexte : à quelle occasion a été porté ce vêtement et par qui, sont des questions qui rythment la mode, lui donnent son sens et aident à sa compréhension. 

Ensemble, JACQUEMUS, Collection Printemps-Ete 2018 "La Bomba".

Sous-vêtements

Le département « sous-vêtements » regroupe un ensemble de lingerie, linge de corps et corsetterie d’environ 5.000 pièces. Cette collection mixte, où la part d’objets issus des garde-robes féminines domine, réunit des dessous qui datent du début du XIXe siècle à nos jours, avec une dominance pour la période 1890-1910, âge d’or de la lingerie.
Ce qui rend cette collection unique, c’est l’impression qu’elle donne : par l’exposition des dessous de la mode, c’est l’intime qui apparait. La mode et ses évolutions semblent être montrées à l’infrarouge, comme un secret.  Qu’elles soient griffées ou non, modernes ou non, ces pièces restent les témoins de ce qu’est avant tout la mode : une silhouette. 

Corselet, vers 1820. 

Accessoires

Riche de 35000 œuvres, la collection des accessoires du Palais Galliera est la plus riche du monde de par sa diversité et sa qualité. Si le terme peut sous-entendre qu’il tient une place de second ordre, l’accessoire n’en est pas moins un élément incontournable de la silhouette tant féminine que masculine et joue un rôle primordial dans l’histoire de la mode. Sac à main, chaussure, bijoux… Autant de pièces qui façonnent une silhouette et qui lui donnent parfois tout son charme. Artisans et artistes s’emploient à innover et à sublimer ces objets utilitaires qui deviennent alors de véritables œuvres d’art. La collection du musée Galliera témoigne de la diversité de production de ces accessoires de mode, de l’inventivité qui s’exprime dans ce domaine.  Ainsi, les Maisons mais aussi celles et ceux qui ont porté ces accessoires se mélangent pour aboutir à une collection de renom à ne pas rater.

Gants du soir, dits "Gants Griffes", SCHIAPARELLI, 1936. 

Arts graphiques

Le Cabinet d’Arts Graphiques rassemble plus de 55.000 œuvres datées du XVIIIe siècle à nos jours, réparties entre dessins, estampes, factures et publicités.
À la croisée de l’art et du document, le dessin de mode est une source fondamentale dans la compréhension de la mode et de son évolution. Que l’auteur en soit le couturier, le styliste, le modéliste, un membre du studio ou encore l’illustrateur de presse, qu’il s’agisse de la première esquisse ou du dessin d’atelier, le dessin de mode révèle le modèle en le fixant sur le papier. Témoin de la création à travers les figurines de maison, les croquis de célèbres noms de la couture, il se fait également support de reproduction pour la diffusion à travers les gravures et la presse spécialisée.

Dessin de collection, MAISON GRÈS, Été 1951.

Collection photographique

Le Palais Galliera est riche d’une collection de 30.000 images des années 1870 à nos jours. 
Par leur diversité, les collections photographiques du musée de la Mode de la Ville de Paris retracent l’histoire de la photographie de mode mais aussi du vêtement et des maisons de couture, témoignent de la diffusion de la mode, et, au-delà, questionnent la représentation du corps.

La photographie peut être utilisée pour deux raisons : la documentation des modèles (et donc leur protection) et la diffusion des modèles par les maisons pour assurer leur promotion.  Parce qu’elle protège et fait connaître, la photographie est essentielle à la mode, et se réinvente à tous instants, comme l’ont montré les récents shooting photo réalisés en période de confinement. 

Ensemble Hermès, sur le Normandie, PAR JEAN MORAL, 1935.

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