Girard-Perregaux : vers une nouvelle étape

C’est l’une des Manufactures horlogères qui, par sa création en 1791, peut revendiquer l’un des héritages les plus prestigieux, dans l’histoire de la mesure du temps. L’aventure de cette marque est jalonnée de montres légendaires, de mouvements mécaniques prestigieux, comme le “ Tourbillon sous Trois Ponts d’Or ”, ou plus récemment Echappement Constant.
Par Jean Perini |

C’est l’une des rares maisons à regrouper sous le même toit, tous les métiers de l’horlogerie, avec un département recherches et développement à qui l’on doit le dépôt de plus de 80 brevets. Intégrée dans le groupe Kering, avec les autres signatures horlogères Gucci, Boucheron et Ulysse Nardin, la Manufacture Girard-Perregaux voit aujourd’hui à sa tête, Antonio Calce qui a fait toute sa carrière dans l’univers de la montre de luxe : en 2001 chez Panerai, en 2005 chez Corum. Un savoir-faire qu’il a mis immédiatement, dès son arrivée en 2015, au service de cette “ belle endormie ” !

Quand on se trouve à la tête d’une Maison qui peut revendiquer un tel passé, on est condamné à agir d’abord avec prudence et sagesse. J’ai opéré un premier constat en analysant nos collections actuelles : nos produits sont splendides... mais ne nous permettent pas d’être présents dans tous les segments de prix où nous devrions l’être. C’est cela notre première nécessité.

PM. En termes de prix, n’avez-vous pas été trop ambitieux ?  

BM. Il est évident que certaines de nos références ne correspondent plus aux attentes du marché et que nous devons redéfinir plusieurs de nos collections pour nous intégrer dans des segments plus compétitifs. Ce travail ne peut pas se faire en un jour, mais nous avons déjà franchi une étape importante cette année, en apportant des offres intéressantes dans le segment de prix entre 7.000 et 10.000 francs suisses.

PM. L’évolution difficile du contexte économique ne vous facilite pas la tâche !  

BM. Nous avons la chance de faire partie d’un groupe qui veut construire durablement les choses. Nous voulons mettre en œuvre une stratégie à moyen et long terme... en évitant de pratiquer le management réactif et impulsif !
Notre volonté n’est pas de bouleverser les choses, mais plutôt de redonner de la consistance à nos produits et de le replacer à la disposition d’une clientèle     qui ne les connait pas encore.

PM. Pensez-vous privilégier l’une ou l’autre collection ?  

BM. Nous disposons de quelques produits qui, d’après nous, ont un potentiel de développement encore magnifique ! Je pense à notre collection “ Classique ” avec la 1966 et la Vintage 1945... Je pense à nos fameux “ Ponts ” auxquels nous allons apporter de nouvelles déclinaisons... Je pense à notre collection féminine “ Cat’s Eye ” qui va faire des merveilles sur l’un des segments les plus porteurs actuellement en horlogerie de luxe !

PM. Vous allez agir avec la même rigueur en termes de distribution ? 

BM. Exactement, car nous devons pouvoir nous reposer sur des points de vente vraiment sélectifs et dont le type de clientèle correspond à celle de nos produits. Là aussi, nous devons rationaliser les choses en restructurant en termes qualitatifs, mais aussi quantitatifs. Nous avons construit notre renommée sur l’art de concilier en permanence la tradition et l’innovation. C’est ce savoir-faire que nous voulons faire mieux connaître et percevoir. 

L’Exposition consacrée à nos 225 ans d’histoire va largement y contribuer et nous l’espérons nous permettre d’atteindre une nouvelle clientèle d’amoureux de belles montres.