
Quand on se prend au jeu de faire le tour d’horizon des stratégies mises en place par les plus grands hôtels pour séduire une clientèle toujours plus exigeante, on trouve une myriade d’histoires à raconter. Parce qu’un bel hôtel ne suffit pas. L’histoire nous apprend que le palace est avant tout une quête d’excellence, mais qu’il naît aussi de la créativité de certains entrepreneurs. Un exemple ? Dès son inauguration en 1898, le Ritz, émanation de l’hôtelier suisse César Ritz, ancien directeur du Savoy à Londres, en collaboration avec le chef Auguste Escoffier, est aménagé de mobilier de style d’époque avec tout le confort moderne pour son temps : ascenseur, électricité et eau à chaque étage, les 159 chambres ont chacune leur salle de bains et, luxe suprême, un poste de téléphone… Aujourd’hui encore, les ventes aux enchères des services emblématiques de la vaisselle de l’hôtel, les verres du mythique Bar Hemingway, l’orfèvrerie ou encore le linge de l’hôtel sont à chaque fois un succès sans précédent et signent des records de vente. Aujourd’hui encore, le majestueux établissement s’impose comme le plus instagrammable des hôtels au monde, selon une étude récente.
Découvrez en vidéo notre visite guidée de l’hôtel Astoria, le premier palace 5 étoiles de Bruxelles :
Oui, le luxe feutré évolue sans cesse et tous les espaces d’un établissement aspirant à la dénomination de palace sont propices à une montée en puissance pour justifier l’appellation. Dans les années 80, c’était la course à la plus belle suite présidentielle, au confort le plus pointu dans les chambres et les salles de bains des clients, mais vient ensuite l’idée que l’hôtel est une expérience à part entière, qui se vit comme un cocon pour soi. Dans les années 90, c’est la folie du spa et des instituts, qui font débouler les plus grandes marques de cosmétiques dans les cabines de soin.
En 2024, l’hôtel 5 étoiles se cherche plus que jamais une raison d’être et, surtout, il décide de prendre sa place dans la ville qui l’héberge, comme acteur culturel à part entière. Ainsi, les bars, les restaurants et les boutiques des hôtels sont désormais au moins aussi importants que le confort des chambres. Le restaurant joue la carte des grands noms de la gastronomie pour amener dans ses salons une clientèle de touristes avides de découvertes, mais aussi une clientèle huppée, locale, qui s’approprie le lieu et le fait vivre au-delà de sa mission d’hébergement. Entre retraites de yoga, expositions d’art et chefs stars, les grands hôtels veillent à avoir toujours de nouvelles histoires à raconter. La preuve en trois exemples récents.
Retraite holistique à Saint-Tropez
Quoi de plus ressourçant que de revenir d’un séjour avec dix ans de moins dans le visage ? La cure de beauté dans un centre thermal a désormais son pendant ultra-luxe en mode glamour. C’est le cas de la Ponche à Saint-Tropez, sur la Côte d’Azur qui propose, du 15 au 18 novembre prochain, sa toute première retraite beauté pour s’offrir quatre jours cocooning, avec en prime une remise à zéro des compteurs : transformer ses émotions, adoucir ses traits, rajeunir son visage… Des soins, des séances de sport pour délier son corps, des ateliers pour mieux comprendre comment l’alimentation influe sur notre beauté. Au programme ? Harmonisation sonore, yoga nidra, massage facial liftant sur-mesure, Qi gong du visage, méditation olfactive, marches guidées, échanges philosophiques et pédagogiques sur la beauté, l’alimentation, les huiles essentielles… Quatre expertes, dont une facialiste, une experte culinaire, une philosophe et une thérapeute par le son, ont été invitées à prendre en charge le corps et le cœur de chaque cliente pour s’initier et déceler les bienfaits de la beauté holistique… On connaît le succès de ces retraites, plus souvent prisées par une clientèle féminine en quête de zenitude. Celle-ci propose d’aller au-delà de la retraite yoga ou de la cure thermale, mais se soucie de nos émotions et nos habitudes, saupoudrées de balades face à la mer et de soins rajeunissants ; de quoi ajouter un supplément beauté à votre long week-end au calme.
Yoga dans les suites à Paris
La Réserve, le célèbre palace parisien, tente d’attirer entre ses murs et dans ses plus belles suites un public en quête de nouvelles sensations, en proposant une série de séances sportives inédites données au sein de ses plus belles chambres, combinées à un accès privilégié au Spa Nescens situé au sous-sol. Ainsi, on trouve des stars de la remise en forme comme Laure Dary, fondatrice de la plateforme en ligne Maison Of(f) Wellness, qui vient initier les clientes à sa méthode librement inspirée des postures de yoga, mais mixées à des techniques de danse, idéal pour réveiller la tonicité et la fluidité du mouvement. Ambre Litwinsky viendra donner des sessions de Pilates et Justine Rojat prend en charge les plus motivées pour un bootcamp autour de la boxe dans l’espace fitness à côté du spa de l’hôtel. Que vous veniez vous délier le corps avec une vue imprenable sur les toits de la capitale ou évacuer votre stress dans un cadre cinq étoiles, chaque séance donne droit également à l’accès à la piscine et au hammam pour la demi-journée. Un moment privilégié pour 95 € par personne, à vivre en legging, voilà une manière originale de laisser les Parisiennes s’approprier les palaces de la capitale.
Cuisine à quatre mains à Bruxelles
Depuis quelques années et avec l’arrivée fracassante de Jean Imbert aux fourneaux du Plaza Athénée, les grands groupes hôteliers nous ont appris qu’un grand chef est l’élément le plus efficace pour faire parler de soi avant même d’avoir vu la moindre chambre.
Et chez nous? Le chantier pharaonique de la réfection de l’ancien hôtel Astoria touche à sa fin. Rebaptisé Corinthia Grand Hotel Astoria Brussels, l’hôtel a mis les petits plats dans les grands pour se rendre incontournable et s’est attaché à respecter tous les codes des palaces pour une ouverture en grande pompe. Avec un spa exclusif offrant les soins les plus précieux de la maison Sisley, et d’autres espaces choyés comme le bar à cocktails Under The Stairs orchestré par la mixologue Hannah Van Ongevalle, lauréate du titre de meilleure barmaid belge et figure bien connue des foodies flamands…
Mais le point d’orgue de cette ouverture reste bel et bien le duo de chefs étoilés impliqué dans l’aventure. Deux grands chefs bruxellois ont en effet été invités à imaginer les deux restaurants de l’hôtel. Le chef David Martin, doublement étoilé pour son restaurant La Paix à Anderlecht, et Christophe Hardiquest, le chef visionnaire qui avait aussi déjà obtenu deux étoiles Michelin avec Bon Bon et récemment un astre avec Menssa, se partagent le job. David Martin orchestrera Palais Royal, le volet gastronomique aux larges ambitions qui nous promet un menu aux inspirations japonaises ; tandis que Christophe Hardiquest, lui, se lancera dans les cuisines du Petit bon bon, la brasserie du rez-de-chaussée, où ses interprétations créatives de la cuisine belge devraient largement contribuer à transformer le lieu en véritable place-to-be, et pas seulement pour les touristes.
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