Scroller sur notre téléphone nous prive-t-il de notre joie de vivre ?

Scroller sur notre téléphone nous prive-t-il de notre joie de vivre ? - Quel est l’impact du scrolling sur notre cerveau ? - Camille Vernin

Votre téléphone est-il la première chose que vous attrapez le matin et la dernière que vous consultez avant de dormir ? Cela n’est pas sans conséquence sur votre bien-être, mais aussi votre cerveau. Explications.

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Unplash

Doomscrolling : une spirale négative sans fin

Le « doomscrolling », ou défilement compulsif, désigne cette habitude de consommer sans relâche des informations anxiogènes, même lorsqu’elles alimentent l’angoisse. Popularisé durant la pandémie de COVID-19, ce comportement surgit fréquemment en période d’incertitude ou de crise, lorsque l’envie de s’informer devient irrépressible.

Ce mécanisme s’apparente à un cercle vicieux : plus on absorbe de nouvelles alarmantes, plus le stress et l’anxiété s’intensifient. En quête d’un répit, on se met à chercher désespérément du contenu rassurant… mais on se heurte bien souvent à un flot continu de négativité. Le résultat ? Une spirale d’angoisse qui peut, à terme, mener jusqu’à la dépression.

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Comment ce défilement constant affecte notre santé mentale ?

Le scrolling incessant, devenu un réflexe presque automatique, modifie en profondeur notre cerveau. Chaque glissement d’écran nous inonde d’un flot continu d’informations, surchargant notre esprit et perturbant notre capacité de concentration. Plus on scrolle, plus chaque tâche quotidienne devient un défi, et nos ressources cognitives s’épuisent peu à peu. Chaque notification libère une petite dose de dopamine, l’hormone du plaisir immédiat, qui nous pousse à revenir sans cesse, nous piégeant dans une boucle de gratification instantanée qui rend l’attention soutenue de plus en plus difficile.

Mais l’impact ne s’arrête pas là. Ce comportement compulsif affecte notre mémoire à court terme et réduit notre capacité à nous concentrer, ce qui nous rend moins efficaces au quotidien. Ajoutez à cela le défilement continu de nouvelles alarmantes ou déprimantes, et vous obtenez un cocktail d’anxiété et de stress qui bouleverse nos émotions, nous rendant plus réactifs et vulnérables.

Le phénomène devient encore plus insidieux le soir, lorsque la lumière bleue des écrans perturbe notre sommeil. En interférant avec la production de mélatonine, l’hormone qui régule notre cycle de sommeil, elle nous empêche de nous endormir paisiblement. Résultat : une qualité de sommeil médiocre, un cerveau constamment en alerte et un repos loin d’être réparateur.

Au final, ce qui est peut-être le plus inquiétant, c’est que le scrolling nous déconnecte peu à peu de l’instant présent. En nous absorbant dans un monde numérique, il nous éloigne des véritables interactions humaines et des moments authentiques de détente. Cette surstimulation finit par nous vider mentalement, tout en altérant notre perception du monde qui nous entoure.

Doomscrolling et le fonctionnement de notre cerveau

L’impact du scrolling dépasse largement le domaine de notre santé mentale. Il transforme physiquement notre cerveau. D’abord, l’exposition répétée à des stimuli négatifs renforce les réseaux neuronaux associés à la peur, favorisant une réaction plus rapide et plus intense face au stress et à l’anxiété. Ces circuits de la peur, constamment sollicités, deviennent plus solides, nous rendant ainsi plus vulnérables aux émotions négatives.

L’amygdale, cette petite région du cerveau responsable de nos réactions émotionnelles, en souffre particulièrement. Sursollicitée par cette avalanche d’informations anxiogènes, elle devient hyperactive, exacerbant nos réponses au stress et à la peur. Parallèlement, le cortex préfrontal, chargé de la prise de décisions et de la gestion de nos impulsions, se retrouve affaibli par ce stress chronique. Cette altération de notre capacité à contrôler nos émotions complique la gestion de notre comportement, rendant encore plus difficile de résister à la tentation de scroller sans fin.

Le scrolling constant perturbe également les substances chimiques qui régulent notre humeur et notre concentration. Chaque interaction avec notre téléphone libère de la dopamine, l’hormone du plaisir, créant une soif de récompenses instantanées. Ce flux continu de notifications nous rend de plus en plus attirés par des gratifications rapides, au détriment de notre capacité à nous concentrer sur des tâches plus longues et complexes, comme la lecture ou la réflexion, qui demandent plus de patience.

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Le rôle des réseaux sociaux dans cette addiction

Les réseaux sociaux affectent également la production d’ocytocine, cette hormone si précieuse pour l’attachement et le bien-être émotionnel. À mesure que les interactions virtuelles prennent une place de plus en plus grande dans nos vies, les échanges physiques se raréfient, privant notre cerveau de cette connexion fondamentale qui nourrit notre équilibre. Faire défiler les images de vies soi-disant parfaites peut, au contraire, semer l’anxiété, nourrir le sentiment de solitude et raviver le doute sur soi-même. Plus on se perd dans cette comparaison incessante, plus le bien-être s’effrite.

Enfin, l’utilisation excessive des écrans épuise nos ressources mentales. Le flux constant de dopamine généré par ces appareils rend les moments réels, comme les échanges entre amis, moins riches, moins intenses. Ce trop-plein de stimulation nous laisse agités, émotionnellement vidés, incapables de savourer pleinement les moments simples et authentiques de la vie.

Comment briser ce cercle vicieux ?

Reprendre le contrôle sur nos habitudes numériques, c’est avant tout faire un petit pas vers plus de sérénité. Voici quelques astuces simples pour y arriver sans pression :

Fixez des limites : Donnez-vous des créneaux précis pour consulter les infos, et évitez de le faire dès le matin ou avant de vous coucher. Laissez les premiers et derniers instants de la journée à la tranquillité, loin des écrans.

Choisissez vos sources avec soin : Privilégiez des médias fiables et évitez les sites qui font monter l’adrénaline avec des titres chocs. Offrez à votre esprit des informations qui nourrissent plutôt qu’elles ne stressent.

Soyez dans l’instant : Quelques minutes de méditation ou de respiration profonde peuvent vraiment vous aider à retrouver votre calme et à prendre du recul face à la tentation de scroller sans fin.

Faites des pauses déconnectées : Offrez-vous des moments sans écran : plongez dans un bon livre, profitez d’une balade, ou passez du temps avec vos proches. Ces pauses sont essentielles pour garder l’équilibre.

Reconnectez-vous à la vie réelle : Prenez le temps de sortir, de faire une activité qui vous plaît ou de profiter d’un moment avec des amis. Le monde en dehors des écrans est plein de trésors à savourer.

Demandez de l’aide si nécessaire : Si vous sentez que le scrolling vous échappe et impacte votre bien-être, n’hésitez pas à en parler à un professionnel. Rien de plus simple que de demander un coup de main pour se libérer de la spirale.

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