Le « syndrome Carrie Bradshaw » : la tendance qui nous pousse à devenir le personnage principal de notre vie - Sarah Jessica Parker, inoubliable interprète de Carrie Bradshaw dans Sex In The City. - Clarisse Dejardin

Le « syndrome Carrie Bradshaw » : la tendance qui nous pousse à devenir le personnage principal de notre vie

Et si nous décidions, nous aussi, de vivre notre quotidien comme Carrie Bradshaw ? Plus de 25 ans après les débuts de Sex and the City, l’héroïne continue d’inspirer une nouvelle génération avec son goût pour la mode, les cafés en terrasse et les petits plaisirs du quotidien. Une façon de voir la vie comme un film, désormais résumée par une expression : le « syndrome Carrie Bradshaw ».
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Pour ceux qui se demandent qui est Carrie Bradshaw, la réponse est simple. C’est un personnage de fiction créé par Darren Star, le producteur de la série télévisée américaine Sex and the City. Elle fut incarnée par l’actrice Sarah Jessica Parker et, pendant 10 ans, on a pu découvrir sa vie de journaliste (et de ses copines) qui écrit ses chroniques sur les relations amoureuses – et qui plus est fan de chaussures de luxe.

Le style de Carrie Bradshaw est l’un des éléments qui a contribué à faire d’elle une véritable icône. Grâce au travail de la costumière Patricia Field, le personnage ose mélanger les pièces de créateurs avec des vêtements vintage et des looks plus originaux. Tutu, imprimés colorés et chaussures de créateurs, notamment les célèbres Manolo Blahnik, deviennent ainsi indissociables de son personnage. Carrie représente une nouvelle image de la femme indépendante. Elle assume son célibat, accorde une grande place à ses amitiés et explore librement sa vie amoureuse et sexuelle, des sujets encore peu abordés à l’époque.

Enfin, son métier de journaliste chroniqueuse lui permet de porter un regard amusé et parfois critique sur les relations amoureuses. À travers ses réflexions, son autodérision et son humour, elle partage les questionnements de nombreuses femmes et rend son personnage particulièrement attachant.

C’est quoi ce syndrome ?

« I couldn’t help but wonder… ». Les fans de Sex and the City connaissent cette phrase par cœur. Pour Carrie Bradshaw, chaque rupture se transformait en sujet de chronique, un café en terrasse devenait une scène digne d’un film et une promenade dans les rues de Manhattan prenait des allures de défilé de mode improvisé. Quant aux célèbres escarpins Manolo Blahnik, Carrie leur vouait parfois davantage d’attention qu’à certains de ses petits amis.

Alors non, le « syndrome Carrie Bradshaw » n’est pas une maladie, rassurez-vous. Il n’apparaît pas non plus dans les manuels de psychologie, car il s’agit plutôt d’un état d’esprit. Mais ce qui plaît autant, c’est qu’il renvoie à une envie bien réelle de vouloir mettre un peu de poésie, de romantisme dans nos journées. En d’autres mots, c’est une tendance à vouloir vivre son quotidien comme si on était le personnage principal de notre vie.

Sur TikTok, une expression revient sans cesse : « main character energy ». Littéralement, « l’énergie du personnage principal ». Le concept est simple. Et si, on décidait de devenir le héros de notre propre histoire ?

La beauté se cache dans l’ordinaire

Alors oui, la vie de Carrie Bradshaw fait rêver, mais contrairement à elle, notre quotidien ne sort pas des magazines ou de Pinterest. Même si sa vie nous fait rêver, n’oublions pas qu’elle n’est pas parfaite non plus. Elle vivait dans un appartement trop petit pour contenir toutes ses chaussures, un compte bancaire souvent à sec et ne parvenait pas à payer son loyer à cause de sa frénésie pour les chaussures de luxe. Et on ne parle pas non plus de sa relation désastreuse avec Mr. Big, qui pousserait aujourd’hui tout internet à le traiter d’homme toxique.

Carrie avait cette capacité à transformer les moments les plus banals en petits instants qui comptent. C’est peut-être là que réside sa véritable leçon. Savourer son café loin des écrans, prendre le temps de flâner ou encore prendre le temps d’écrire ou de lire pour vider ses pensées. Même une journée de grisaille peut alors devenir un souvenir qu’on a envie de se rappeler. Ce sont donc des gestes simples du quotidien qui nous donnent l’impression de reprendre le contrôle sur notre vie qui file à toute vitesse.

Le « syndrome Carrie Bradshaw » apparaît donc à l’impératif de deux envies d’aujourd’hui : être le personnage principal de notre histoire et se dire : et si je ralentissais un peu ? Plus de vingt-cinq ans après ses débuts, Carrie continue pourtant de séduire. Et si son influence perdure, ce n’est peut-être pas pour son dressing de rêve (même si on en rêve toutes), mais pour sa façon de transformer les moments les plus simples en petits instants de poésie.

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