
Refuser un verre d’alcool lors d’un afterwork, d’un dîner entre amis, ou même d’une célébration, est désormais perçu comme un choix réfléchi, voire admirable. Ce basculement témoigne d’un changement de paradigme : boire moins – ou pas du tout – n’est plus stigmatisé, mais valorisé.
En vidéo, on vous a demandé ce que vous pensiez du Dry January :
Des flexibuveurs exigeants

Dans ce contexte, un nouveau terme a émergé, inspiré du flexitarisme alimentaire : celui de flexibuveurs. « De nouveaux termes comme “flexibuveurs” ou “sobriété ponctuelle” sont apparus pour désigner ceux qui ne suppriment pas définitivement l’alcool de leur vie, mais qui en limitent la consommation », nous détaille explique Arnaud Jacquemin, CEO de Night Orient, une marque belge pionnière dans les boissons sans alcool depuis 2009.

Ces consommateurs modèrent leur consommation d’alcool en adoptant une approche personnalisée. Certains limitent le nombre de verres consommés lors d’une soirée, d’autres restreignent les occasions où ils boivent dans le mois. L’idée ? Trouver un équilibre qui respecte leurs envies sans sacrifier leur bien-être.
« Les gens veulent mieux boire, mais pas forcément ne plus boire », explique à son tour Nouné Muradyan, fondateur de Rish, une marque bruxelloise qui a révolutionné le marché des boissons sans alcool depuis 2021. « Il y a une quête d’équilibre. La santé joue un rôle clé : on sait désormais que l’alcool peut avoir des effets négatifs à long terme, mais sans pour autant renoncer à tous les plaisirs. »
Vers une consommation plus raisonnée

Ce qui distingue les flexibuveurs d’hier à aujourd’hui, c’est leur exigence. Ils ne se contentent plus des options classiques comme les sodas, les jus de fruits ou l’eau. En 2025, ces consommateurs recherchent des alternatives sans alcool qui offrent la même sophistication et le même plaisir gustatif qu’un bon verre de vin ou une bière artisanale. La tendance des «flexibuveurs» illustre une évolution vers une consommation d’alcool plus consciente et modérée en Belgique, même si l’intérêt pour le sans alcool est grandissant, les chiffres indiquent que des défis subsistent. Selon une étude de Sciensano, 14% de la population belge consomme encore de l’alcool de manière excessive, dépassant les 10 unités d’alcool recommandées par semaine. Si les chiffres montrent que la population générale a tendance à diminuer sa consommation ordinaire d’alcool, les modes de consommation les plus préjudiciables comme l’hyper-alcoolisation et le binge drinking, qui touchent particulièrement les jeunes et les hommes, n’ont quant à eux pas baissés et restent encore trop présents dans notre société.
Heureusement, des mouvements comme le «Dry January» et la «Tournée Minérale», qui encouragent des périodes de sobriété volontaire, peuvent permettre par la suite de réguler sa consommation pour le reste de l’année.

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