
Rendez-vous incontournable des amoureux du design, de la décoration intérieure et des arts de la table, le salon Maison & Objet met chaque année en avant les nouveaux talents et courants qui vont façonner nos intérieurs dans les mois à venir. Nous nous sommes baladés dans ses allées et y avons repéré cinq tendances fortes…
Zoom en vidéo sur la règle 60/30/10 pour une décoration d’intérieur parfaite :
Le triomphe du néosurréalisme
Illustré dans les espaces tendances de l’experte Elisabeth Leriche, le thème de cette année, Sur/Reality, dessine un univers fantasque. Les formes se nourrissent de rêves, de mythes, de souvenirs d’enfance et de voyages dans l’inconscient et le surréel. On plonge alors dans un monde parallèle et merveilleux. Façon ready-made, tout est possible, selon le principe du détournement de fonction : Design organique et formes animalières, faisant référence à l’anatomie humaine, volumes informels en hommage aux montres molles de Dali, objets revisités et réinterprétés, matières en trompe-l’œil, les créations délivrent leurs sources d’inspiration, avec un sens de l’humour et du second degré.
Notre préférence est allée aux nouveautés éditées chez Serax, Les Objets Mouleversants de Wouters & Hendrix, reprenant les codes des années 1920, et le « chouette » vase, de la collection Midnight Creatures, en collaboration avec Marni, décliné en dix couleurs, faciles à intégrer dans un intérieur.
Le style brutaliste sophistiqué
Il met en scène des formes organiques mais aussi la rencontre de matériaux exceptionnels, avec des finitions peaufinées. Il se caractérise par des effets de surfaces et des textures travaillées comme des enduits, avec des pigments et des poudres minérales. Chef de file de cet univers, le créateur et matiériste-coloriste Pierre Bonnefille qui a dessiné la collection Metamorphosis, rendant hommage aux géométries créées spontanément par les phénomènes naturels, comme la cristallisation et la minéralisation.
Ses assemblages entre les matériaux s’apparentent aux combinaisons fondamentales des roches : cuivre, bronze et acier conversent avec des éléments de matières aux couleurs rares. Quant à l’architecte d’intérieur et designer Thierry Lemaire qui retravaille notamment des blocs de marbre et de teck massif de recyclage, il s’applique à mettre en valeur la rugosité des matières, la patine du bronze… le grain particulier du bois brossé et sablé. On aime leurs pièces fortes et sculpturales.
Le « miximalisme » ou l’art de mélanger les couleurs
2025 sera polychrome ou ne sera pas : fantaisie de motifs vibrants et joyeux, jeux d’optique, de rayures ondulatoires et déformantes, formes géométriques, abstraites voire psychédéliques, dans une nouvelle interprétation du cubisme et du futurisme, un lumineux langage se profile. En lutte contre la morosité, l’énergie des couleurs positives et le dynamisme de ses influences redessinent l’univers artistique d’une Sonia Delaunay du XXIe siècle.
On pense aussi à Iris Apfel, architecte d’intérieur et icône de mode, anticonformiste qui défiait le bon goût. Incarnant parfaitement cet esprit, les créations textiles et graphiques du label Mapoésie se déploient sur des plaids, coussins, boutis, couvertures, tapis… Ses harmonies et combinaisons de teintes proposent une élégance unique, avec de beaux assemblages intuitifs, inattendus, pleins d’énergie. Impression et sérigraphie des dessins au cadre, tissage ancestral bengali jamdani et broderie, cette marque défend aussi des traditions artisanales.
Le tapis devient fou
Nourrie par la liberté des tapisseries d’artistes, la créativité du tapis explose. Au sol comme au mur, il s’affiche comme une œuvre textile. Le modèle Plumaria (chez Illulian) est le fruit de la collaboration de Daniel Gennari avec la Maison Février. La douceur de laine de l’Himalaya s’unit à la délicatesse des plumes, modelées en fleurs et feuilles par le plumassier Maxime Leroy. Côté motifs, on craque sur les graphismes vibrants issus de la technologie numérique du tapis Ki de Karim Rashid. En laine et soie, il rend hommage à la culture égyptienne, avec des courbes concentriques et des halos aux teintes fluorescentes, donnant l’illusion de profondeur.
Tout aussi spectaculaire, mais dans une gamme de teintes naturelles, ton sur ton, la collection Tellus Mater de l’architecte et designer d’intérieur Sandra Benhamou, pour édition 1.6.9, aux télescopages de vues aériennes de Normandie, photos du sol désertique israélien et images de carrières de pierre, fusionnant matières et techniques.
Le plastique recyclé
Sorti de sa marginalité et définitivement entré dans les mœurs, il s’associe aux nouvelles technologies de réemploi des déchets. La société française Polimair a imaginé la chaise Beluga, en plastique recyclé massif, garantie à vie. Elle est composée de PA6, une mono-matière issue de filets de pêche de l’industrie textile. Démontable, commercialisée en kit, Beluga est composée de quatre pièces, déclinées en huit couleurs pour composer des sièges personnalisés.
Tandis que la société grecque BlueCycle a mis au point une collection de meubles, fabriqués en impression 3D, à partir des rebuts plastiques marins, générés par les activités de transport maritime et de pêche. À travers sa coopérative, elle réutilise notamment les « filets fantômes » rejetés à la mer – une grande menace pour l’écosystème marin – et participe au nettoyage des rivages. BlueCycle convertit différents types de nylon et polyéthylène pour les transformer en sièges, tables, systèmes de rangements, claustras, pots pour les plantes…
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