Talent à suivre : une jeune marque belge engagée recycle les « tissus perdus » des grandes maisons de couture - La marque Piment propose des créations à partir de « tissus perdus ». - Sigrid Descamps - Journaliste

Talent à suivre : une jeune marque belge engagée recycle les « tissus perdus » des grandes maisons de couture

C’est le confinement qui a donné à la jeune entrepreneuse bruxelloise Chanelle Van Tuijn l’envie de créer Piment, une marque de vêtements pour femmes, homewear d’abord, festifs ensuite, réalisés à base de tissus perdus. Une démarche résolument slow fashion.
Sigrid Descamps Journaliste
Photo
Elodie Gérard

De quoi s’agit-il ?

D’une gamme de vêtements sexy et colorée, écoresponsable. Homewear à l’origine, la marque s’est vite ouverte vers l’extérieur, et s’est depuis spécialisée dans les tenues festives, à porter lors des petites et grandes occasions, ou tous les jours si on a envie de littéralement « pimenter » son quotidien. Les pièces, en édition limitée, sont réalisées semi sur mesure, à partir de chutes de tissus récupérés auprès de maisons de haute couture.

Qui est derrière le projet ?

Chanelle Van Tuijn, issue d’une famille bruxelloise d’entrepreneurs et d’artistes. Après des études en philosophie et lettres et en journalisme, elle effectue un stage dans une entreprise de marketing, qui lui permet d’avoir un premier contact avec l’univers de la lingerie. Elle décroche ensuite un emploi chez L’Oréal, où elle restera trois ans. Puis, le confinement est arrivé et j’ai saisi l’occasion pour lancer ma propre marque. J’en avais envie depuis longtemps. J’étais au départ attirée par la lingerie, mais ce sont des produits complexes. J’ai donc débuté avec des pièces plus accessibles, du homewear. Et fin 2021, la marque Piment – parce que le mot parle à l’imaginaire de chacun, il y a un côté sexy, piquant… – était lancée.

Développement

Quand j’ai commencé, j’ai sonné à un milliard de portes avant de trouver un atelier qui m’écoute, explique Chanelle. Beaucoup de gens m’ont dit non, et je peux le comprendre : je sortais de nulle part et je n’avais aucune formation en couture et en patronage. De plus, ces ateliers misent sur des collaborations à long terme. J’ai quand même fini par en trouver un qui, je pense, m’a trouvé sympathique (rires), motivée et a bien voulu me laisser ma chance. Je me suis alors associée avec une styliste, qui m’aide pour tout ce qui est patronage.

Si les deux femmes travaillent ensemble sur l’élaboration des modèles, c’est Chanelle elle-même qui opère le choix des tissus. Depuis le début, utiliser les tissus perdus était pour moi une évidence, en phase avec mes valeurs. Piment c’est de l’ultra-féminité sustainable. Je me rends donc à Paris pour sourcer les chutes de maisons de couture. Je ne passe pas en direct par les ateliers des maisons, mais par des revendeurs spécialisés. On peut ainsi tomber sur des exemplaires magnifiques, mais toujours en quantité limitée. Je ne sais jamais sur quoi je vais tomber et je ne nourris non plus aucune attente précise, les quantités comme les textures et couleurs, tout est aléatoire : ce sont les tissus qui dictent les modèles et non l’inverse. Je les vois, les touche, et j’imagine tout de suite ce que je vais en faire.

Imaginée comme une marque homewear à l’origine, Piment s’est cependant vite ouvert à l’extérieur. Le confinement terminé, cela avait moins de sens et puis, de plus en plus de clientes me demandaient des pièces plus spécifiques. Je travaillais pas mal la soie et énormément de filles venaient pour trouver une tenue de soirée. C’est comme cela que j’ai bifurqué vers des vêtements plus occasionnels, d’été, de soirée. J’ai beaucoup de femmes qui viennent aussi pour les réveillons et les mariages, voire des anniversaires clés. Du côté des best-sellers, la jeune entrepreneuse pointe les combinaisons Bettina, Niki et Brigitte. Elles faisaient partie de mon second drop et on m’en redemande tout le temps ! Quant aux derniers restes de tissus qui subsistent, Chanelle en fait des petites pièces ou en utilise plusieurs pour créer des prototypes.

Où la trouver ?

Exclusivement sur le site de Piment. Quatre fois par an, Chanelle y propose ses collections capsules en précommande. Le site et le showroom restent toutefois ouverts le reste de l’année sur demande. Les pièces sont réalisées sur demi-mesure et sans limite de taille (et, précise Chanelle, le prix reste le même quelles que soient les mensurations). Comptez une à deux semaines en moyenne pour la réalisation de la pièce désirée.

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