
Et si le bonheur tenait en une équation ? Une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), épaulée par des collègues suisses, vient de dévoiler ce qui pourrait bien s’approcher d’une recette universelle de la journée parfaite. Doux fantasme ? Peut-être. Mais les conclusions sont tout ce qu’il y a de plus sérieuses.
Encore plus de contenu bien-être avec en vidéo notre interview de Clémentine Galey, la créatrice du podcast Bliss Stories qui nous parle de sororité :
Moins de boulot, plus de copains
Première leçon à retenir : nous travaillons beaucoup trop. Selon l’étude publiée en février 2025, le seuil critique se situe à six heures de labeur par jour. Jusqu’à cette limite, l’impact sur notre humeur reste neutre. Mais passé ce cap, la probabilité de vivre une « bonne journée » chute à vue d’œil. Et pas qu’un peu…
Pour tirer ces conclusions, les chercheurs se sont plongés dans les méandres de l’American Time Use Survey (ATUS), une base de données américaine qui détaille plus de 100 activités quotidiennes enregistrées par les participants, avec une précision quasi obsessionnelle. Objectif : repérer les « tipping points », ces bascules qui font qu’un jour est « meilleur que d’habitude » – ou non.
Ce qui rend les gens vraiment heureux ? Passer du temps avec les copains. Jusqu’à deux heures de socialisation classique, l’effet est réel, mais ce sont les moments passés spécifiquement avec de bons amis qui ont l’impact le plus positivement durable. En résumé : les potes, c’est la vie.
La journée idéale, minute par minute
Si on devait la résumer, la journée parfaite selon la science ressemblerait à ceci :
- 6 heures en famille
- 2 heures avec les amis
- 2 heures d’exercice physique (mais pas plus de 5h, sinon l’effet plafonne)
- 1 heure de repas et boissons (on imagine un brunch ou un bon dîner entre potes)
- 1,5 heure de socialisation « générale »
- 1 heure d’écran max (et idéalement, pas de binge-watching)
- 6 heures de travail maximum
- 15 minutes de trajet (le sweet spot selon les chercheurs)
Au total ? Un emploi du temps plutôt serré voire carrément irréaliste. Et on espère que vous vous entendez bien avec les membres de votre famille ! Fait intéressant en revanche, c’est que le temps passé à se « relaxer » est paradoxalement associé à une baisse du bonheur, en particulier en 2021. Et pourquoi ? Parce que dans cette catégorie, 70 % du temps était absorbé… par les écrans. Netflix, doomscrolling, ou autres scrolls sans fin.
Le secret ? Le bon dosage
L’un des points fascinants de l’étude, c’est sa robustesse. En effet, les conclusions sont restées stables quel que soit le profil des participants : âge, niveau d’étude, type d’emploi… Et même sans distinguer « brainstorming inspirant » et « réunion Excel déprimante », le modèle prédisait avec 65 % de précision si une journée allait être meilleure que d’habitude. Pas mal pour une discipline aussi fuyante que la psychologie du quotidien.
Les chercheurs résument ainsi : « Chaque minute dans une journée est un choix entre différentes opportunités. Les bons jours émergent du bon dosage entre les activités, à partir de seuils bien identifiés ». Bien sûr, cette « recette du bonheur » fonctionne davantage comme une grille de lecture que comme une to-do list à cocher dès le réveil. Nous ne vivons pas toutes et tous au même rythme, et certaines obligations (bonjour charge mentale, enfants, ou horaires atypiques) ne se laissent pas aussi facilement moduler.
Mais à l’heure où la productivité sature nos journées, où le travail déborde trop souvent sur la vie perso, et où nos soirées s’étiolent devant des écrans, cette étude vient rappeler une évidence parfois oubliée : le bonheur, ça se vit surtout en dehors du bureau, et de préférence à plusieurs.
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