Les youtubeurs belges Average Rob et Arno the Kid nous racontent leur expérience du Marathon des Sables - Les youtubeurs belges Average Rob et Arno the Kid lors du Marathon des Sables, dans le désert marocain. - Sigrid Descamps - Journaliste

Les youtubeurs belges Average Rob et Arno the Kid nous racontent leur expérience du Marathon des Sables

Habitué aux défis sportifs, le youtubeur belge Robert Van Impe, aka Average Rob, a embarqué son petit frère dans une épreuve de force : le légendaire Marathon des Sables. Soit 250 km de course à pied dans le désert marocain. Une aventure éprouvante, mais aussi humaine, qu’ils partagent dans un long métrage documentaire riche en rebondissements et émotions.
Sigrid Descamps Journaliste
Photo
Instagram Average Rob

À 33 ans, Robert Van Impe, aka Average Rob, est connu en tant que jeune entrepreneur (il a lancé, entre autres, la marque de bières Tout Bien), DJ (il se produira à Tomorrowland cet été), et surtout, un créateur de contenus qui réunit quelque 631K followers sur Youtube, près de 850K sur Instagram. Originaire d’Overijse, le jeune homme, qui préfère se définir comme un Belge moyen et un clown moderne plutôt qu’influenceur, propose principalement des vidéos (qui génèrent plusieurs millions de vues), où il s’essaye à des disciplines sportives et relève des défis fous… Comme embarquer son frère cadet, Arno, aka Arno The Kid, dans l’une des courses les plus difficiles du monde : le Marathon des Sables.

On reste dans le désert belge pour découvrir en video notre rencontre avec les participants belges du 4L Trophy :

Une course à pied de 250 km étalée sur une semaine à travers le désert marocain. Une aventure éprouvante, voire dangereuse, mais aussi terriblement humaine, que les frères ont vécue côte à côte et qu’ils partagent dans un long métrage documentaire, « The Toughest Footrace on Earth », présenté la semaine passée sur grand écran, dans les salles des complexes Kinepolis, en Belgique, mais aussi à Paris et à Londres, et disponible sur Youtube dès ce 7 juin.

Vous avez laissé carte blanche aux réalisateurs et découvert le film en même temps que le public lors de la première projection. Résume-t-il bien tout ce que vous avez vécu ?
Rob : Oui, c’est un très beau récapitulatif, même si on a évidemment vécu bien plus de choses que ce qui y est montré ; mais on n’a pas tout filmé et on ne savait pas tout montrer. Ou alors, on aurait dû faire un film de 30 heures (rires). La course a duré, pour moi, 60 heures, pour Arno, 75. Sur ces sept jours, on était hyperoccupés, il n’y avait pas de moments de repos. Et même les pauses étaient horribles : il y a du sable partout, tout le temps ; qui te claque dans la figure constamment…
Quand on découvre cette course dans le désert, on se demande quand même pourquoi s’infliger ça…
Rob (il éclate de rire) : Pourquoi pas ? Le challenge était énorme mais c’est qui le rend plus beau au final. Tous les gens qui font le Marathon des Sables sont là pour souffrir un peu, pour se prendre le mur en pleine face et découvrir les limites de leur corps. Ils ne vont pas là en croyant que ça va être chouette tout le temps. Mais quand tu rentres à la maison, tu repenses à ce que tu as fait et tu te dis que tu as accompli un truc incroyable. Personnellement, j’aime repousser mes limites. Quand les gens me disent que c’est impossible, ça m’incite encore plus à montrer que c’est possible. On pense souvent trop vite que quelque chose n’est pas possible. Pourtant, quand tu es dans certaines situations, tu es surpris de voir ce dont ton corps et ta tête sont capables. Je n’aime pas chercher une excuse pour ne pas faire quelque chose, plutôt pour la faire. Donc quand on me demande pourquoi je fais un truc fou, je réponds toujours : « Pourquoi pas ? » (Rires).
Arno : Souffrir, ça fait partie du Marathon. Tu sais que tu vas morfler quand tu y participes. Mais ça rend le truc plus beau, plus profond encore… Ça a été une expérience incroyable, je n’avais jamais vécu quoi que ce soit de comparable. Mais la prochaine fois, on saura mieux à quoi s’attendre, comment se préparer, ce qu’il faut vraiment emporter ou pas, comment soigner ses pieds, quand se reposer…
Cela veut donc dire que vous êtes prêts à le refaire ? !
Rob : J’aimerais vraiment bien. Avec Arno et notre grand frère, peut-être aussi avec notre père. En famille donc… mais cette fois, sans les caméras. L’air de rien, participer à cette course en sachant qu’il y avait un documentaire à la clé, ça a ajouté du stress…
Vous avez suivi un entraînement strict durant six mois pour vous préparer à cette course. Quelles bonnes habitudes avez-vous conservées depuis votre retour… ou pas ?
Arno (il rit) : J’avoue, que quand on est revenu, j’ai fait la fête, mangé et bu, pendant une semaine. J’avais arrêté tout cela pendant la préparation ! Mais là, je me remets à courir, juste une heure, rien d’exceptionnel, mais dans ma tête, ça me fait déjà du bien. Un truc auquel je fais plus attention qu’avant, c’est l’hydratation. J’ai compris à quel point c’était important, surtout quand on sue beaucoup. Boire beaucoup d’eau te permet de te sentir mieux, d’être moins sujet aux crampes…
Rob : Oui et moins sujet aux maux de tête aussi. Pas mal de gens se plaignent de migraines ou de baisse d’énergie, alors qu’il leur suffirait de boire plus d’eau et de manger plus sainement. C’est la base ! La nutrition, c’est hyper important pour le corps et pour la tête ! Une chose que j’ai apprise aussi sur cette course, c’est que notre corps et notre tête sont bien plus forts qu’on le pense. On a tendance à baisser les bras trop vite dans la vite. Avec une épreuve comme le Marathon tu cours 30, 40, 50, puis 80 km… Parfois, tu n’en peux plus, ton corps est cassé, tu es fatigué, tu n’as plus envie, tu te sens mal partout, mais tu n’as pas de choix : tu dois continuer. Et c’est là que j’ai compris que parfois quand tu as mal, tu veux juste rester dans une zone de confort, alors que si tu repousses tes limites, tu vas souffrir un peu, oui, mais tu vas avancer et le sentiment de réussite sera encore plus fort.
Vous avez connu des passages difficiles, où vous avez cru abandonner la course. Où avez-vous puisé justement la force de repousser vos limites et continuer ?
Arno : J’avais besoin d’une bonne excuse pour retourner à la maison et justifier les six mois durant lesquels je n’ai vu personne, où je ne suis pas allé au restaurant avec ma copine et tous les trucs comme ça… J’avais besoin d’une justification à cette absence totale de vie sociale pendant six mois. Et ça se concrétisait par cette médaille, la preuve que je ne m’étais pas privé de tout cela pour rien. Je ne voulais pas revenir et que l’on dise à ma copine « Oh, il a bien essayé », je voulais avoir réussi, qu’elle soit fière de moi…
Rob : Ma fierté était en jeu (rires). Beaucoup de gens pensaient qu’on n’y arriverait pas. Parce qu’on n’était pas assez préparés, qu’on a été blessés, malades, etc. Donc j’ai voulu montrer qu’on en était capables. Et puis, il y avait le documentaire. Je le produis, j’ai impliqué des partenaires, toute mon équipe… Je devais leur fournir de quoi monter tout un film ! C’est aussi pour cela que dans le film, lorsque je suis très malade et que je ne suis pas certain que je vais pouvoir continuer, je suis si touché.
Le film évoque l’exploit accompli et votre relation, mais finalement peu le décor dans lequel vous évoluez. Quand on participe à une telle épreuve, prend-on le temps d’admirer les paysages que l’on traverse ?
Rob : C’est une bonne remarque. Je suis content que tout ait été filmé parce que ma mémoire visuelle n’est pas ma meilleure amie, surtout quand je fais des trucs qui sortent de l’ordinaire. J’oublie ce que j’ai vu, même si sur le moment même, j’ai profité de l’instant. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’aime faire des vidéos : cela me permet de revoir ce que j’ai fait. Sur cette course, je me souviens quand même de moments forts, comme lorsqu’on a croisé un troupeau de centaines de dromadaires. Il paraît que c’est très rare d’en voir autant. Un autre moment fort, ce furent les huit derniers kilomètres de la plus longue étape (82 km). On s’est retrouvé dans l’obscurité totale, avec un orage violent et des éclairs qui frappaient le sol sans arrêt, ça tombait vraiment près de nous. J’ai eu le sentiment de courir pour survivre. J’avais l’impression qu’on allait mourir à chaque instant. C’était si intense que je me suis demandé si j’hallucinais. On aurait dit un film ! J’étais avec deux camarades de courses, et on a vécu à la fois le pire et l’un des meilleurs moments de la course.
Arno : Je souffrais tellement et j’étais si concentré sur le fait d’atteindre le checkpoint suivant que j’oubliais de regarder ce qui m’entourait. Souvent, tu baisses la tête, tu regardes tes pieds et tu avances, comme ça pendant une heure ou deux, sans t’arrêter… Mais il y a quand même eu des moments où je me suis arrêté pour contempler la vue. Je me souviens notamment d’être arrivé au sommet d’une grande dune et avoir pris dix minutes pour souffler et admirer le désert.
Au-delà de l’exploit sportif, c’est une grande aventure humaine. On sent, du moins dans votre film, peu de compétition entre les coureurs. Par contre, on assiste à beaucoup d’entraide, d’encouragements, d’émotions fortes… Vous y attendiez-vous ?
Rob : Pas à ce point. Je trouve que si tu es dans un moment où tu ne te sens pas bien dans la vie, que tu fais un burn-out, une dépression, que tu traverses un deuil… Honnêtement participer à une course comme ça, à une randonnée de plusieurs jours, eh bien, tu reviens à la forme la plus basique de l’être humain. Ça peut vraiment te faire beaucoup de bien. Ça te pousse à réfléchir, ça peut aussi t’aider à pleurer un bon coup alors que tu n’y arrives pas dans la vie normale. On a rencontré des gens qui étaient là parce qu’ils ont perdu quelqu’un, dont un homme qui portait une photo de sa femme décédée, il y avait une coureuse, Veerle, qui se bat contre un cancer, un aveugle… Plein de gens qui sont là, mus par une raison forte. C’était tellement beau que parfois j’avais un peu l’impression d’être un imposteur parce que nous, à côté d’eux et leurs histoires incroyables, fortes, nous étions là pour faire une vidéo pour Youtube ! C’est aussi pour cela que l’on parle de ces gens dans la vidéo, on trouvait important aussi de mettre leur histoire en avant.
Arno : Il y avait aussi cette équipe qui portait une personne en chaise roulante. On porte encore aujourd’hui le bracelet de leur association. On voulait vraiment faire quelque chose pour les soutenir. À un moment, difficile, certains étaient cuits et on a pris le relais. C’est l’un des moments forts que je retiendrai de cette aventure. Ce qui est fou avec cette course, c’est que tu viens avec l’idée d’aller, toi, au bout du truc et puis tu rencontres tous ces gens incroyables et tu prends conscience que cela va bien plus loin que ton expérience individuelle : c’est une aventure de groupe. Tu y apprends à débloquer des choses en toi, à laisser couler tes larmes, à demander de l’aide, à exprimer tes émotions, tes peurs… c’est très puissant.
Qu’avez-vous appris sur vous-même ou l’un sur l’autre en participant à cette épreuve ?
Rob : J’ai découvert à quel point Arno peut dépasser ses limites et faire des trucs fous. À un moment, ça a été tendu entre nous, mais parce que, il n’allait pas bien et j’étais vraiment à fond dans mon rôle de grand frère : je me tracassais pour lui et lui, en fait, il voulait juste que je lui foute la paix (rires). Il a montré que rien ne pouvait l’arrêter, il a une puissance mentale incroyable. Il est très têtu mais ça le rend très fort !
Arno : Je pense que pas mal de frères se retrouveront dans ces séquences. Moi, ce qui m’a frappé chez Robert, c’est sa détermination. Je voyais qu’il avait mal, trop chaud, qu’il était très fatigué, mais il ne se plaignait jamais, il avançait, il restait positif. Même quand ça allait vraiment mal, il ne se laissait pas aller dans le négatif ! Ça a eu un effet magique sur moi aussi, ça m’a aidé à avancer !

« The Toughest Footrace on Earth », disponible sur Youtube à partir du 7 juin 2025.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre