Du costume de Richard Gere au quiet luxury avant l’heure : ce que Giorgio Armani laisse au monde - Quand la classe s’appelait Armani. - Camille Vernin

Du costume de Richard Gere au quiet luxury avant l’heure : ce que Giorgio Armani laisse au monde

Giorgio Armani n’a jamais eu besoin de s’imposer pour régner. À 91 ans, l’Italien s’en est allé comme il a vécu : en toute discrétion. « Re Giorgio » laisse ainsi derrière lui un empire estimé à des milliards, mais surtout une idée claire : le style, c’est avant tout une question d’attitude.
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D.R.

1. La veste déconstruite, ou la révolution feutrée

En 1975, Armani ose ce que personne n’avait tenté : libérer la veste de ses carcans. Les épaulettes rigides s’effacent, les doublures disparaissent, le tissu épouse le corps au lieu de l’enfermer. La veste déconstruite devient son manifeste silencieux : l’élégance peut être confortable, et le pouvoir ne se mesure pas au poids d’une armature. Hollywood s’en empare, Richard Gere dans American Gigolo en fait un symbole sexuel et culturel.

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2. Du « quiet luxury » avant l’heure

Chez Armani, le luxe ne se hurle pas, il se chuchote. Les gris, beiges et bleus profonds remplacent les couleurs criardes. Ses silhouettes droites, fluides et monochromes ont imposé une autre idée de la beauté : discrète, intemporelle, indémodable. À une époque où beaucoup brandissaient leur logo comme un drapeau, Armani préférait le très chic silence chromatique. Après tout, l’élégance se mesure à l’économie de gestes, non ?

3. Porter, manger, dormir, vivre Armani

Plus qu’une maison de mode, Armani a bâti une galaxie. Hôtels cinq étoiles à Dubaï ou Milan, restaurants, cafés, chocolats, parfums : chaque pièce de ce puzzle formait une expérience complète. Porter Armani devenait habiter Armani, manger Armani, voyager Armani. Bien avant que « lifestyle » ne devienne un mot creux des powerpoints marketing, Armani en avait fait une vision concrète : celle d’un art de vivre cousu main.

4. Le luxe délicieux de l’indépendance

À l’heure où la plupart des grandes maisons italiennes et françaises tombaient dans l’escarcelle des groupes de luxe, Armani a résisté. Il a gardé les mains sur son empire jusqu’au dernier bouton. Cette indépendance, dans une industrie cannibale, est peut-être son geste le plus politique. Armani restera celui qui prouvait qu’on pouvait régner en solo, sans perdre ni son nom ni son âme.

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5. La succession couture

Même sa sortie de scène ressemble à une collection pensée avec soin. Dès 2016, Giorgio Armani avait fixé les règles : son empire resterait entre les mains de sa famille, de ses proches collaborateurs et de la fondation qu’il avait créée. Une succession cousue comme une doublure invisible : solide, discrète, élégante. Plutôt qu’un effondrement brutal, sa disparition devient une transition fluide, à l’image des vestes qu’il avait inventées.

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