Journées plus courtes, temps gris… comment remédier au blues de l’automne ?

Journées plus courtes, temps gris… comment remédier au blues de l’automne ? - Photo d’illustration - Audrey Morard 

Avec une telle météo, il n’est pas facile pour tout le monde de garder le moral. Le blues de l’automne pointe alors son nez. Mais de quoi parle-t-on exactement et quelles habitudes mettre en place pour mieux l’appréhender ? Éléments de réponses aux côtés d’une psychologue clinicienne.

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D.R

Certaines personnes sont affectées par l’automne et touchées par ce que l’on appelle « le blues de l’automne ». Sarah de Jong, psychologue clinicienne à Bruxelles, nous livre quelques précisions : « Le blues de l’automne est une espèce d’expression modérée de la dépression hivernale. C’est un peu ce qu’on peut expérimenter tout au long de l’année sous la forme d’une petite déprime selon les individus. Mais il y a quelque chose d’un peu plus systématique avec l’automne de par le changement de saison et de lumière ».

Comme nous l’indique la spécialiste, les causes du blues de l’automne sont assez inconnues en raison d’un manque de consensus sur les différentes études sur le sujet. Cependant, l’hypothèse la plus probable est la baisse de luminosité. « Cela vient agir sur le rythme circadien et hormonal notamment sur la sérotonine, l’hormone du bonheur. L’association basse de sérotonine et de lumière impacte notre humeur. Nous sommes alors plus tristes ».

Découvrez en vidéo notre interview d’Adeline Blondieau qui revient sur son parcours de comédienne à Sous le soleil à sophrologue :

Les symptômes à surveiller

  • Un moment de tristesse ou de « down »
  • Une perte d’intérêt pour les activités qu’on apprécie d’ordinaire
  • Une baisse de motivation : « on se sent plus fatigué, et ce, même si nous avons dormi 10 heures »
  • Une baisse de concentration, qui vient au passage impacter la prise de décisions
  • Une perte d’enthousiasme : « on a moins d’élan avec dans certains cas un sentiment de désespoir, de culpabilité, voire d’inutilité »

Sarah de Jong précise qu’on peut parler de blues de l’automne lorsque les symptômes persistent plus de deux semaines. « On peut alors se poser des questions, mais si l’on a des changements d’humeur qui montent et qui descendent pendant deux ou trois jours, il n’est pas nécessaire d’immédiatement consulter son médecin ».

L’automne dure jusqu’au 20 décembre, date officielle du début de l’hiver. Le blues de l’automne peut-il alors durer encore trois mois ? « Oui, on peut même parler de cercle vicieux, déclare la psychologie clinicienne. Plus les symptômes apparaissent, plus on est fatigué. Le sommeil est de moins bonne qualité, on a donc tendance à réduire nos activités en raison de notre état de fatigue. On sort moins à l’extérieur pour faire du sport, pour manger avec ses amis… On s’isole de plus en plus ce qui joue sur notre humeur. On est au cœur d’une boucle qui peut faire persister les symptômes jusqu’à la fin de l’hiver ».

Déprime automnale, blues de l’automne, anxiété automnale, ces termes se ressemblent mais ne définissent pas la même chose rappelle Sarah de Jong. « On peut mettre le blues et la déprime sur la même ligne, même si le blues est une forme plus atténuée de la déprime, mais les symptômes sont globalement les mêmes. Blues et déprime vont comme nous « désactiver ». C’est l’inverse avec l’anxiété où l’on est davantage dans l’activation avec une tension plus forte ». La psychologue clinicienne précise d’ailleurs que le blues peut se transformer en déprime. « L’être humain est un animal d’habitude. Quand on prend une mauvaise habitude, il est difficile de s’en défaire. Les symptômes risquent alors de s’aggraver encore plus. Le blues peut devenir une véritable dépression qui persiste tout au long de l’année ».

Surmonter le blues de l’automne en plusieurs étapes

Il est tout d’abord essentiel d’entreprendre des activités, en extérieur comme en intérieur : « Il ne faut pas hésiter à un peu se forcer car on sait que cela va nous faire du bien. Il est d’ailleurs conseillé de mettre en place des choses qui vont nous faire du bien in fine comme cuisiner des recettes qui nous réconfortent mais restent saines, maintenir une activité physique. Cela ne veut pas forcément dire faire du sport, mais juste sortir de chez soi une demi-heure pour se balader et ainsi prendre la lumière même si elle n’est pas aussi belle qu’en été ».

De bonnes habitudes pour le corps et l’esprit sont à mettre en place comme se coucher à heures fixes, éviter les écrans avant d’aller dormir. « Eux aussi peuvent nous entraîner dans un cercle vicieux. Plus on est fatigué, plus on passe de temps devant les écrans car on ne mobilise pas de ressources et d’énergie. In fine, cela n’est pas bon pour le cerveau. On dort moins bien et notre sommeil perd en qualité ». N’hésitez pas à être dans la prévention en allant faire une prise de sang pour analyser si vous manquez de vitamine D et donc vous supplémenter par la suite.

Sarah de Jong mentionne également l’importance d’échanger avec son entourage si l’on se sent gagné par le blues de l’automne. « Mettre des mots sur les maux resserre les liens avec les autres. On sait qu’on a un espace où nos émotions peuvent être accueillies. Ce n’est pas magique bien sûr, mais cela permet de se sentir un peu mieux et d’avoir des conseils et des avis plus attentifs ».

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