
Lewis Hamilton a perdu son bouledog français, Roscoe. Le septuple champion du monde a annoncé son décès sur son compte Instagram ce lundi en début d’après-midi. La nouvelle a immédiatement touché internet. La publication a recensé pas moins de 182.000 likes et 175.000 partages au moment où nous écrivons ces lignes, tout cela en à peine deux heures. Des personnalités ont commenté le post de Lewis Hamilton à commencer par ses adversaires sur la piste Pierre Gasly et Charles Leclerc, qui sont aussi propriétaires d’un chien.
Le Britannique de 40 ans a rédigé un long message dans lequel il exprime toute sa tristesse et douleur : « Après quatre jours sous assistance respiratoire, où il s’est battu de toutes ses forces, j’ai dû prendre la décision la plus difficile de ma vie et dire au revoir à Roscoe. Il n’a jamais cessé de se battre, jusqu’à la toute fin. Je suis très reconnaissant et honoré d’avoir partagé ma vie avec une âme aussi belle, un ange et un véritable ami ». Lewis Hamilton indique que cette expérience est l’une des plus douloureuses de son existence et qu’il ne s’est jamais senti aussi proche des personnes ayant perdu leur animal. Roscoe a suivi Lewis Hamilton sur les circuits de Formule 1. On voyait souvent le binome arpenter le paddock en Belgique, Italie, en passant par la Grande Bretagne. Le sportif lui avait même créé un compte Instagram.
Un lien unique, souvent incompris
Le deuil animalier est sous-estimé, il touche pourtant autant que la perte d’un parent ou d’un ami. Notre chien ou notre chat était un membre de la famille, un confident silencieux et un repère affectif. Il faut à présent faire avec son absence. Les animaux partagent nos vies, nos routines, nos silences. Ils sont à nos côtés dans les coups durs comme dans les plus grands bonheurs de la vie. Nous avons parfois passé notre enfance et adolescence à leurs côtés, partager des étapes importantes comme un déménagement, l’arrivée d’un enfant, une promotion professionnelle… Les animaux nous accueillent sans jugement, ils perçoivent nos émotions, et nous offrent une forme d’amour inconditionnel rare. Leur présence apaise, structure, et sécurise.
Quand ils disparaissent, c’est tout un pan de notre quotidien qui s’effondre. Pourtant, face à ce chagrin, des membres de notre entourage peinent souvent à comprendre la détresse et la tristesse qui suivent la perte de notre animal : « Ce n’était qu’un chien », « Tu n’as qu’à en reprendre un » peut-on s’entendre dire. Cette incompréhension vient d’un décalage profond : la société hiérarchise les pertes. Le deuil animalier reste encore tabou, relégué loin derrière les pertes humaines. Il est rarement reconnu par les rites sociaux, il n’existe pas de cérémonie officielle, peu de congés et peu d’espace pour pleurer. Ceux qui traversent ce deuil se sentent souvent seuls, voire coupables de souffrir « autant pour un animal ».

D’un point de vue psychologique, le deuil animalier n’est pas moins intense qu’un autre. Il suit les mêmes étapes : le choc, la tristesse, la colère, la culpabilité et l’acceptation. Chez certaines personnes, surtout celles qui vivent seules ou qui ont construit un lien très fort avec leur animal, la perte peut provoquer un effondrement émotionnel. Ce décès peut même réveiller d’autres deuils passés ou non résolus. Le manque de reconnaissance sociale ajoute une couche de souffrance : sans validation extérieure, le chagrin est souvent intériorisé et étouffé. Un silence qui peut retarder, voire bloquer le processus de deuil.
Comment traverser un deuil animalier ?
Chacun gère son deuil à sa manière : certains souhaiteront en parler à leurs proches, d’autres auront plus de pudeur et de difficulté à le faire. Cependant, certains gestes peuvent aider à apaiser notre peine. La vétérinaire Bénédicte Flament avait livré quelques conseils à nos confrères de la RTBF. Elle suggère dans un premier temps de ne pas sous-estimer sa douleur : « Lors de la perte d’un animal, vous avez le droit d’éprouver du chagrin, d’être triste, d’en pleurer. Il n’y a pas de honte à ça, c’est tout à fait normal ».
La spécialiste préconise de se faire aider par son entourage : « Il a un rôle important à jouer en accompagnant le propriétaire endeuillé, en l’aidant par exemple à ranger les affaires de son compagnon : retire les gamelles, ôter le coussin ou le panier, ranger colliers, laisse… Tout ce qui d’une manière ou une autre rappelle la présence du petit compagnon disparu. Cela peut aider et soulager ». Autre recommandation : matérialiser le départ de l’animal. Cette étape permettra de garder une trace physique de la vie de votre chien, chat, lapin… Vous pouvez très bien lui consacrer un endroit chez vous comme un petit autel en sa mémoire avec des objets qui vous rappelleront sa présence. Mais encore une fois, chaque personne vit son deuil et le traversera selon ce qui lui fera du bien.
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