
Au-delà de leur passé industriel, les deux partagent plus qu’on ne croit : une vraie renaissance culturelle, un art de se réinventer sans trahir leurs racines, et une fierté de ville qu’on n’efface pas avec un coup de peinture.
Et pour ceux qui aiment le patrimoine culinaire de notre pays, voici comment déguster la frite autrement :
Comme Bilbao, La Louvière a troqué le charbon contre la culture. L’acier des ascenseurs hydrauliques – classés à l’UNESCO – remplace le titane du musée Guggenheim, avec un charme plus brut mais tout aussi puissant. L’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, ni plus ni moins, le plus grand ascenseur à bateaux d’Europe et constitue l’une des plus belles prouesses technologiques du Génie civil belge moderne. Ici, pas de Frank Gehry derrière (l’architecte canado-américain qui a dessiné le musée), mais des artistes, des collectifs et des rêveurs qui transforment les friches en espaces de vie.

Le Centre Daily-Bul & Co tient lieu de musée conceptuel à la belge : absurde, poétique, un poil surréaliste. Et quand Bilbao a son Nervión, La Louvière a son Canal du Centre, miroir d’eau industriel où se reflètent un passé fier et un avenir créatif.

Côté street culture, la Louvière n’a rien à envier à sa cousine ibérique. Des galeries d’art, comme la Galerie Nardone, des ateliers ouverts et des festivals s’installent dans les recoins de la ville, comme si chaque brique avait décidé de participer à la fête. Même les terrils prennent des airs de collines basques quand le soleil décide enfin de pointer le bout de son nez (rare, mais spectaculaire).
Laetare, la feria wallonne
Et puis, il y a le Laetare, ce carnaval un peu fou qui métamorphose la ville chaque année. Trois jours de musiques, de confettis, de gilles bariolés et de bières locales : un chaos joyeux digne d’une feria espagnole, version wallonne. Le tout à grand renfort de Gilles et de bonne humeur.

Les similitudes se glissent même dans les détails. Là où Bilbao aligne les bars à tapas, La Louvière aligne les tables italiennes et bistrots populaires – mention spéciale au P’tit Chez Soi, planque d’habitués où l’on sert des rognons au Calvados capables de faire douter les végétariens les plus convaincus. Dans les anciens entrepôts, on trouve des tiers-lieux, des espaces d’expo, des cafés associatifs où se mélangent art, politique et bière artisanale.
Et franchement, entre un spritz à Bilbao et une pils locale au Daily-Bul, la frontière devient floue. Bilbao a son effet Guggenheim ; La Louvière a son effet « tiens, c’est pas si moche ici finalement » – et c’est tout aussi puissant.
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