
Depuis quelques années, les mocktails se sont imposés sur les cartes des bars et restaurants. Colorés, sophistiqués et souvent aussi travaillés qu’un cocktail classique, ils séduisent autant les personnes qui ne consomment pas d’alcool que celles qui veulent simplement lever le pied. Pourtant, selon une étude menée par la plateforme de caisse et de paiement Lightspeed Commerce Inc., près d’un Belge sur cinq (21 %) considère encore ces boissons comme une simple « limonade hors de prix ».
Un jugement contrasté par une autre donnée importante de l’étude : du côté de l’Horeca, la tendance est tout autre. Les mocktails, devenus de véritables créations mixologiques, gagnent du terrain. Et la demande explose. Presque huit restaurateurs sur dix (79 %) s’attendent même à ce que leur popularité continue de croître l’an prochain.
Une nouvelle façon de consommer
La montée en puissance du mocktail s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’une consommation plus consciente et moins alcoolisée. Depuis la pandémie, les boissons sans alcool ou faiblement alcoolisées séduisent un plus grand public. Certains influenceurs et personnalités participent à ce changement culturel. L’écrivaine, productrice et présentatrice radio Anna Toumazoff, suivie par plus de 75 000 personnes sur Instagram, partage régulièrement les bienfaits de sa vie sans alcool. Dans une publication du 28 octobre, elle liste les effets négatifs que lui provoquait un verre quotidien en terrasse : « la gueule de bois physique, l’anxiété, les embrouilles au lieu de se taire, la bière qui me fait mal au ventre, la peur de perdre mon fun et ma personnalité et mes amis si j’arrête… ».
Ces témoignages contribuent à normaliser la sobriété et à déconstruire l’idée selon laquelle une soirée réussie passe par l’alcool. L’étude le confirme : si certains clients choisissent les mocktails pour le goût (22 %), d’autres le font pour des raisons de santé (19 %) ou de convictions religieuses (9 %). Un client sur quatre estime d’ailleurs que les boissons sans alcool mériteraient une place plus visible sur la carte.
L’Horeca s’adapte et innove
Face à cette demande croissante, les restaurateurs repensent leurs cartes. Près de deux tiers (64 %) constatent que leurs clients commandent davantage de boissons sans alcool que de boissons alcoolisées. Et les mocktails s’y font désormais une place de choix : 68 % des établissements proposent des softs et 66 % des mocktails, soit presque autant.
La bière sans alcool (55 %) et le vin désalcoolisé (38 %) progressent également, tandis que de nouvelles catégories apparaissent : les boissons probiotiques comme le kombucha (20 %), les boissons fonctionnelles censées apporter des bienfaits pour la santé (16 %)… Une offre sans alcool qui devient de plus en plus diversifiée et créative.
Pour Emine Youssef, directeur régional principal chez Lightspeed, « l’essor des boissons sans alcool est indéniable. Le fait que certains clients considèrent encore les mocktails comme de la « limonade hors de prix » montre qu’il y a une réelle opportunité pour les restaurateurs. En misant sur la créativité, le goût et la présentation, le « sans alcool » ne se positionne pas comme un simple substitut, mais bien comme une catégorie à part entière qui répond aux tendances santé, bien-être et consommation plus consciente. »
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