
Du 16 au 20 janvier, Milan va à nouveau vibrer à l’occasion de sa Fashion Week masculine. Moins médiatisé que son pendant féminin, l’événement n’en demeure pas moins incontournable pour les férus de style. Milan fait partie du « Big Four » aux côtés de Londres, New York et Paris. Le surnom désigne les capitales de la mode, là où se produisent les plus grands défilés et où les futures tendances se dessinent. Mais Milan n’est pas une capitale au contraire des trois autres destinations. Comment a-t-elle réussi à s’imposer et a gagné ses lettres de noblesse dans le petit monde feutré de la mode ?

Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, la mode italienne n’existait qu’à un niveau local avec de fortes traditions tournées vers l’artisanat avec la production de certains tissus et styles vestimentaires. Après 1945, l’Italie prend une place de plus en plus importante sur la scène mode internationale. Plusieurs villes se disputent le titre de capitale du style du pays dont la capitale Rome, Venise, Florence et Milan. Cette dernière créé en 1958 la Camera Nazionale della Moda Italia (la chambre nationale de la mode italienne) pour protéger et mettre en lumière les créateurs.
À côté de cela, Milan a l’avantage de bénéficier d’équipements de production de qualité. Elle est surtout implantée dans le nord de l’Italie, région connue pour être à la pointe de l’industrialisation dans les années 1950 et 1960. Les designers s’y installent au fur et à mesure, mais pas seulement… En 1961, la rédaction du Vogue Italia prend ses quartiers dans la ville lombarde. Des créateurs installés à Milan commencent à se faire un nom sur la scène internationale dont un certain Giorgio Armani et un certain Gianni Versace.
Découvrez en vidéo notre décryptage du style Brigitte Bardot, icône de la mode malgré elle :
Le défilé Versace et ses super-models
En octobre 1990, Gianni Versace organise un défilé qui fera date et scellera définitivement la grandeur de Milan sur la scène mode planétaire. L’événement met à l’honneur les pièces de la collection printemps/été 1991 à la Fiera Milano, un centre d’expositions situé aux portes du quartier des boutiques de luxe de la ville.
La scénographie est avant-gardiste pour l’époque avec un podium en marbre blanc immaculé long de 15 mètres et de trois mètres de large. L’installation traversait la salle plongée dans l’obscurité. Le front row était installé en forme de U réunissant les journalistes, les clients fidèles, les people… Les pièces imaginées par le créateur italien sont saluées pour leur énergie sexy et rock’n’roll, leurs motifs imposants baroques – l’une des signatures de Versace –, leurs jupes de tennis plissées, sans oublier des couleurs attrayantes avec du vert, du bleu, de l’orange, mais aussi du noir. Gianni Versace dira de lui qu’il était « un noir très très joyeux ».
Le couturier avait très vite compris la puissance des images. Il s’entoure des mannequins les plus emblématiques des années 1990 pour ses campagnes publicitaires avec Cindy Crawford, Naomi Campbell, Linda Evangelista et Christy Turlington. Mais pour la première fois, Gianni Versace fait appel à ces grands noms pour défiler à la Fiera Milan avec Freedom ! de George Michael comme bande originale.
Il y aura un avant/après pour le créateur, ses tops models et Milan. En 2017, Versace rejoue la même scène avec le retour de ces mannequins cultes lors de la Fashion Week. Sans Gianni mais avec sa sœur Donatella, alors directrice artistique de l’époque.

Vers une mode plus provocante
Milan a vu par la suite émerger des talents plus rebelles et provocateurs avec Moschino et Dolce & Gabbana. La première s’est très vite démarquée grâce à une mode audacieuse mettant à l’honneur des imprimés à pois, des fruits, des cœurs dès ses débuts dans les années 1980. Moschino bouscule encore aujourd’hui la mode conventionnelle avec des défilés et des campagnes où la pop culture est reine avec des vêtements à l’effigie des Looney Tunes et des Super Nanas.

La ville lombarde a vu se rencontrer Domenico Dolce et Stefano Gabbana en 1980. Cinq ans plus tard, ils fondent leur marque. Dolce and Gabbana est née. Dès leurs premières créations, ils misent sur une mode sensuelle et provocante avec pour inspiration l’art de vivre méditerranéen et italien. En plus des vêtements, ils diversifient leurs activités avec la joaillerie.
Le dernier défilé milanais Dolce and Gabbana en octobre dernier avait créé l’événement puisque Meryl Streep et Stanley Tucci étaient apparus dans leurs personnages de Miranda Priesly et Nigel à l’occasion du Diable s’Habille en Prada 2 dont la sortie est prévue le 29 avril prochain. La preuve que Milan est définitivement l’une des place to be de la mode.

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