Pourquoi rien ne va plus chez Lululemon ? - Quand l’uniforme des « fit-girls » craque. - Camille Vernin

Pourquoi rien ne va plus chez Lululemon ?

Alors qu’elle vient de poser ses valises à Bruxelles avec une boutique flambant neuve, la marque qui a inventé l’uniforme de la « fit-girl » traverse un crash-test inédit : entre fiascos techniques et guerre de tranchées en interne, l’empire Lululemon est en train de craquer. Décryptage.
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C’est l’histoire d’un empire bâti sur un business model simple : galbe parfait et éthique irréprochable. Pourtant, depuis quelques mois, le rêve canadien de Lululemon s’effrite. Tout a dérapé avec la collection « Get Low ». Sur le papier, l’idée était parfaite : une technologie sans couture mixée à un séchage record et à un effet « seconde peau ». Raté : les premiers tests ont révélé un bug technique majeur. En plein effort, le tissu s’efface pour offrir une vue panoramique sur l’intimité des clientes…

Rapidement, Reddit et TikTok relaient le scandale : à plus de 100 euros le legging, personne n’a envie d’offrir un panorama complet sur ses sous-vêtements au cours de Pilates. Panique à bord : la marque coupe aussitôt le site web en urgence, prétextant un besoin de « renforcer la pédagogie ». Traduire : limiter la casse. Une sortie de route qui fait tache, surtout dix-huit mois après le retrait de la ligne Breezethrough, déjà jugée « peu flatteuse ».

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Chip Wilson sort les griffes

Il n’en fallait pas plus pour réveiller le volcan. Chip Wilson, le fondateur iconique (et controversé) de la marque, a sorti le lance-flammes sur LinkedIn. Pour celui qui possède encore une part colossale du capital, c’est « un échec opérationnel total ». Son diagnostic est sans appel : le conseil d’administration actuel, trop focalisé sur les profits à court terme, n’aurait aucune culture créative et mépriserait la qualité du produit.

Le divorce est consommé. Wilson ne reconnaît plus son bébé et mène une guerre ouverte pour purger la direction. Et il n’est pas seul : le fonds activiste Elliott Management vient d’injecter un milliard de dollars pour peser dans la balance et placer ses propres pions, notamment Jane Nielsen (ancienne cadre chez Ralph Lauren et Coach).

L’empire Lululemon se cherche un chef

Le timing ne pourrait être pire. Alors que la concurrence – Alo Yoga et Vuori en tête – grappille des parts de marché avec une image plus fraîche, Lululemon se retrouve sans patron. Le directeur général, Calvin McDonald quittera ses fonctions ce 31 janvier 2026, laissant derrière lui une action qui a fondu de près de 50 % en un an.

Entre les noms de candidats proposés par Wilson (des anciens de chez ESPN ou Activision) et ceux poussés par les investisseurs, la marque hésite entre retrouver son ADN de leader technique ou achever sa mutation en simple machine marketing.

Bref, à force de privilégier les chiffres au produit, Lululemon a fini par se prendre les pieds dans le tapis de yoga. Prochaine étape : trouver un CEO capable de reconstruire la crédibilité de la marque.

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