
Le switch s’est opéré progressivement. Depuis 2022, la part des leggings dans l’offre activewear recule, pendant que les « big workout pants » grignotent du terrain. Puis, l’été dernier, le Wall Street Journal a lâché la bombe : « You’re a Boomer if You Wear Leggings ». En clair, les jambes ultra gainées ne font plus rêver. Dans les cours de yoga de la Gen-Z, on se croirait désormais dans un clip R’n’B 90’s : mini-top, grand pantalon, et des silhouettes qui respirent enfin.
Décryptage : le phénomène des « dupes », pourquoi la Génération Z en raffole ?
Pourquoi ce revirement ? Parce que la mode du « corps toujours visible » fatigue. Sur TikTok, les témoignages s’enchaînent : « je me sens claustro en legging », « je ne veux plus voir chaque relief relief de mon corps », « ça déclenche ma dysmorphie ». Le message est simple : moins de compression, plus de flottement. Selon Edited, la part des leggings dans le marché athleisure est passée de 47 % en 2022 à environ 39 % en 2025. En clair : on arrête l’uniforme lycra, on passe en mode vrai confort.
Le règne du « loose-on-micro-top »
Côté silhouette, on dit adieu à l’ensemble coordonné ultra-fitté (ensemble moulant avec pantalon et brassière coordonnés) pour un duo plus joueur : bas oversize, haut micro. Les marques suivent : Lululemon multiplie les coupes « away-from-body », les enseignes généralistes étirent leurs rayons de pantalons amples. Chez les 18-24 ans, les recherches de « baggy gym outfits » explosent, selon Vogue Business. Team timide ? Layering malin : legging dessous pour l’entraînement, pantalon large par-dessus pour l’aller-retour.
Moins de male gaze, plus de mouvement
Et au fond, c’est peut-être ça la vraie révolution : on s’habille pour soi. Le pantalon large enlève une couche d’anxiété – ventre, fesses, vergetures, on s’en fout. Je montre si je veux, quand je veux. On passe de « look-moi » à « laisse-moi tranquille, je m’entraîne ». Et, surprise, on bouge mieux quand on ne passe pas la séance à remonter sa taille haute.
Si la compression continue de rester reine pour le running ou le cycling. Mais sur les pratiques plus douces (yoga, Pilates, échauffements…)la vibe loose s’impose. Les marques s’y adaptent : nylon léger, parachute à pinces, joggers respirants.
Le vrai luxe : respirer
Bref, le legging n’est pas mort et enterré, mais son monopole a largement fondu. La Gen-Z a réintroduit un peu d’air entre le corps et le tissu. L’idée ? Faire du sport sans complexer voire carrément s’excuser d’exister. Et si vous croisez une millennial en Align noir au Pilates, laissez-la tranquille. Les tendances passent, les corps restent. Le seul style qui gagne, c’est celui qui nous permet de respirer.
Génération Gourdes, comment un simple objet du quotidien s’est transformé en nouvel objet culte ?
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