
Sur son compte Instagram, Maud publie des vidéos où elle danse avec grâce et aisance sur des talons hauts perchés. La jeune femme pratique le heels, une discipline de pole dance où l’on réalise des acrobaties en portant des chaussures à talons hauts. “J’ai vu les premières vidéos de heels sur Youtube et d’autres sites internet. Je me souviens d’une femme juchée sur des plateformes. J’ai trouvé cela impressionnant car il y avait un mélange de danse et d’enchaînements qui avaient l’air difficiles sur le plan physique. J’ai adoré la combinaison des deux. Il y avait aussi un côté challengeant” nous déclare la gérante du studio Flow Factory à Schaerbeek.
Maud se lance d’abord avec les talons “les plus bas possible”. Les débuts en heels sont hésitants : la silhouette s’allonge, il faut apprendre à utiliser ses talons et à maîtriser le poids de son corps. “J’étais un peu stressée au début, mais ça me rendait encore plus femme. J’ai tout de suite aimé ce côté sensuel. Il m’a fallu six mois pour me sentir à l’aise, le temps de m’habituer. Mais le plus important est de choisir une paire qui nous correspond”. Les chaussures de heels se déclinent en différents modèles et différents styles, avec des lacets, des bottes ou des sandales, jusqu’aux genoux, avec des paillettes, transparentes, vernies, chromées, en velours ou mattes, mais toutes ont un point commun : leur plateforme et leurs vertigineux talons.

Aux origines du talon
Les talons sont apparus après la création de la chaussure comme nous le relate Denis Bruna, conservateur au département mode du musée des arts décoratifs (MAD) à Paris. “On a imaginé les chaussures pour se protéger du froid et du sol. Lors de l’Antiquité gréco-romaine ou de l’époque médiévale, il y avait des semelles plates ou hautes, ce n’était pas des talons mais davantage des plateformes. Le talon est une petite partie ajoutée à la semelle qui est en principe dans l’alignement du talon du pied”.
Le talon tel que nous le connaissons aujourd’hui est une pièce arrivée relativement tard, au cours du XVIème siècle. Les études les plus récentes précisent qu’il viendrait de Perse. Il est aujourd’hui destiné au vestiaire féminin, mais il était initialement réservé aux hommes, notamment aux cavaliers. “Ils avaient sur leurs chaussures un petit talon qui leur permettait de caler les souliers dans l’étrier et de mieux se tenir. Le talon a donc une origine orientale, masculine et militaire”.
Les aristocrates - hommes et femmes - installés en Europe occidentale s’en emparent plus tard pour paraître plus grands mais aussi pour asseoir leur statut social et “être plus haut que les autres” glisse Denis Bruna. Mais marcher avec des talons était loin d’être facile : “les souliers n’étaient pas aussi confortables. Ils étaient étroits - entre trois et cinq centimètres de largeur - et en plus, il n’y avait pas de différences entre le pied droit et le pied gauche. Il y avait deux chaussures droites. Autant dire que cela faisait très mal…”. À cette époque, le talon n’était pas stable puisqu’il était constitué de petits morceaux en cuir ronds collés les uns aux autres. “L’aristocratie aimait cette instabilité. Plus on sentait qu’on avait du mal à marcher avec des vêtements contraignants, plus on clamait aux yeux de tous qu’on faisait partie des hautes sphères de la société”.

Retrouvez ici l’article dans son intégralité (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet
Sur le même sujet














